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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 18:29

FrenchAlienEarth2

 

Inauguration de la frange science-fiction de ma bibliotheque, fêtons la comme il se doit avec Alien Earth, à ne pas manquer si vous aimez le genre.

 

Infos: Roman de 543 pages paru en 1992 et signé Megan Lindholm, à traduire Robin Hobb, mère bien connue des six-duchés, théatre en premier lieu du trop bon-trop long "Assassin Royal" puis des moins marquants "Aventuriers de la mer" (dont la lecture me fait plutôt penser à une longue traversée des océans du vide... elle aurait mieux fait de finir l'assassin royal au 6ème tome, puis de jeter l'ancre ici et d'arrêter d'écrire... elle a préféré jeter l'encre...). Mais aussi auteur, sous ce même pseudonyme  de Megan Lindholm du "Dernier magicien" court roman de fantasy urbaine très peu connu et dont je dois être le seul afficionado en France, mais qu'importe ici c'est chez moi, alors délaissez ce balourd de Fitz pour vous plonger dans ce concentré de poésie contemporaine qu'est "Le dernier magicien".... ou Alien Earth évidemment !

 

Résumé: Alors... Il y a plusieurs centaines d'années (ou milliers?) l'humanité a ravagé la Terre, semant pollution et chaos, et s'est condamnée elle-même à une disparition rapide et inévitable... Heureusement, quelques années avant la fin de ce monde, une race extra-terrestre, les arthroplanes viennent sauver cette bonne vieille éspèce humaine. Aucun homme ne les voit, mais ils ressemblent à des insectes à taille humaine, pourvus de tentacules bizarres. Et ils n'arrivent pas seuls: ils commandent à une autre race extra-terrestre, les anilvaisseaux, sortes de méduse de taille gigantesque flottant dans l'espace et auxquels sont accrochés de très grandes nacelles, permettant d'évacuer le plus d'humains possibles à travers l'espace, vers deux planètes préparées pour eux: Castor et Pollux. L'aventure démarre de nombreuses années plus tard, autour d'une éspèce humaine bien changée par sélection et modification génétique et par la dure loi imposée par le Conservatoire: les humains sont tous très petits (taille d'enfant), vivent 200 ans, sont pubères à 100 ans et ne pensent à peu près jamais aux loisirs en raison d'une éducation quasi-militaire pour tout le monde (vous comprenez, sans cela, la nature de l'Humanité conduirait à une nouvelle et inévitable catastrophe comme celle de la Terre). Et on suit donc l'équipage (réduit) d'un anilvaisseau, chargé par une fondation un peu rebelle, "Terra Affirma" qui suppose que contrairement à ce que dit le Conservatoire, la terre est redevenue habitable et qu'il est bien l'heure de rentrer à la maison, de retourner faire un tour vers la planète bleue pour voir ce qu'il en est...

 

Personnages:

Pas bien nombreux ca nous change... les 2 humains qui composent l'équipage officiel: John, le capitaine et Connie, son nouveau second. Ils sont tous les deux plutot décalés par rapport aux autres humains, puisqu'ils s'endorment durant tous leurs voyages dans l'espace de plusieurs centaines d'années... Donc quand ils reviennent sur Castor et Pollux ils peuvent voir comment la societé a évoluée sur plusieurs générations. Connie est timide et très tourmentée par un évenement de son enfance, et prendra du relief au fur et à mesure de l'ouvrage, apprenant à dire non, ce dont son total manque de personnalité l'empêche au début. John est plutôt un peu rebel de par la vision qu'il a depuis toutes ces années du recul du niveau culturel de sa civilisation, au profit de sa sécurité. Passionné par la lecture d'anciens ouvrages écrits du temps de la Terre, il n'a pas peur de se les procurer bien que leur possession soit interdite par le Conservatoire (dépénalisons le... la littérature !!). Attitude rebelle soulignée par les rapports d'antagonisme qu'il entretient avec l'arthroplane chargé de diriger son anilvaisseau, ancien ami avec qui il ne peut dorénavant plus se parler sans se traiter avec mépris.

Cet arthroplane justement, Tug. Dur à décrire. Extrèmement vieux, puisqu'il ne s'endort pas pendant les voyages stellaires et passionné lui aussi par la lecture des écrits humains, ce qui, il le sait, ne plairait pas a la caste dirigeante des arthroplanes: s'intéresser à la culture humaine, pourquoi pas, l'aimer, jamais de la vie. Sur le vaisseau il se considère comme le maître: bien qu'il soit dans une cavité aux tréfonds des entrailles de l'anilvaisseau et qu'il ne puisse interagir directement avec les humains, c'est lui qui dirige le vaisseau et qui controle également tout ce qui est éléctrique a l'intérieur. Il entend tout, voit tout, et c'est lui qui réveille les 2 membres d'équipage à sa guise, pour s'attirer la sympathie de Connie seul à seul, ou pour déstabiliser John avec une question futile sur la traversée. Une sorte de HAL insectoïde, l'intelligence artificielle de l'odyssée de l'espace.

Et il ne s'ennuie pas Tug, en plus de ses lectures, il "discute" avec l'anilvaisseau, Evangeline, joue avec elle pour la distraire, et condamne ses erreurs ou ses prises de position en lui injectant diverses substances désagréables. Après tout, les anilvaisseaux ne sont que de gros animaux domestiques dotés de l'intelligence d'un enfant de 4/5 ans... Et il a un petit secret aussi Tug: un véritable terrien qu'il a mis en sommeil durant le premier exode, et qu'il réveille régulierement quand l'équipage dort, pour se raconter des histoires sur cette bonne vieille Terre. Un trèès vieil ami si vous voulez.

Voila. Sont pas bien nombreux, mais tous réussis. On aime vraiment John, on est fasciné par Tug, intéressé par l'histoire de Raef, dernier terrien en vie depuis des milliers d'années et content de voir que Connie prend du relief au fur et à mesure. Sans compter Evangeline qui devient un personnage prépondérant à la fin du livre. Alors on mettra 4.5/5 pour les personnages (-0.5 car Connie prend du temps a se faire apprécier, et que même une fois ceci fait il y a des hauts et des bas... et puis 5/5 c'est réservé aux gnomes qui n'y connaissent rien en math non?)

 

Histoire:

Bah c'est.... pas mal. Pas trèès originale cette histoire de Terre calcinée et d'exode, mais les races des arthroplanes et des anilvaisseaux sont assez originales et longuement décrites pour rattraper cette fondation éculée. Dans le fond, on notera une vive critique de notre societé actuelle, que ce soit parce qu'elle entraîna l'humanité au bord de l'extinction (le capitalisme égoïste et anti-écolo des pays riches) ou de par la main-mise du Conservatoire sur la culture et l'éducation de la nouvelle humanité (qui nous rappelle les dangers du contrôle à outrance de bon nombre de peuples par des dirigeants pas tout à fait démocratiquement élus, ou de cette saloperie de culture de masse dont on devrait tous ressortir avec les même gouts et envies).

Donc c'est bien mais pas super original, et long à démarrer, le premier quart/tiers mettant l'accent sur le passé et sur la description de cette societé déshumanisée (intéressante, mais longuette)... donc 3.5/5...

 

Style:

J'ai lu quelque part que Robin jouait ici magistralement de sa maîtrise du huis clos qu'elle nous avait déja démontrée dans l'assassin royal... bon je n'ai pas souvenir de huis clos dans l'assassin royal (lu il y a bien longtemps) mais il est clair qu'ici elle le maîtrise bien. Dans la premiere partie elle gère aussi bien le coté récit historique et encore mieux la description de la nouvelle societé. Tout ceci est plein de descriptions qu'on lit de bout en bout sans voir le temps passer. Et par la suite le huis clos de l'anilvaisseau est donc vraiment des plus agréables. Le rapport conflictuel John/Tug est délectable, et les sentiments qu'éprouve Connie sont tangibles. Ajoutons à cela que le vrai personnage principal, Tug, est magistralement réussi, des moments de doutes mais surtout de confiance en soi à outrance... on passe vraiment par toutes les émotions, toujours avec brio. Et notons aussi une derniere chose assez jouissive, le suspense. Robin en écrit toujours trop ou pas assez et nous pousse a vouloir connaître la suite, que ce soit au sujet du problème qu'a eu Connie durant l'enfance, de l'origine de l'embrouille entre Tug et John ou de ce que sont vraiment les anilvaisseaux, l'auteur nous mène constamment par le bout de notre curiosité. Et résultat ca se lit super vite et avec beaucoup de plaisir... Mais surtout une fois la mission commencée, donc seulement 4/5, car quelques longueurs au début.

 

D'un point de vue subjectif:

J'ai beaucoup aimé. A vrai dire, ca m'a même donné envie de me remettre un peu à la SF, donc bravo (mais c'était il y a un an, donc ne vous attendez pas à des masses de critiques sur nos désastreux futurs hypothétiquement hypothétiques...) Alors bon c'est pas parfait, le début est parfois peu intéressant et, de manière général je trouve que 540 pages ca fait beaucoup (surtout quand on ne lit jamais de SF). Néanmoins malgré cela, je m'y suis vraiment plongé et avec plaisir. Les personnages sont peu nombreux mais couvrent tous les aspects de la personnalité (ou presque), et le parrallele avec notre vraie societé, s'il n'est pas omniprésent, est toujours juste... et  c'est plutôt agréable quand c'est réussi dans le domaine de la SF. Et puis au final le livre tourne surtout autour du personnage de Tug, et il est vraiment réussi... C'est une sorte de méchant, mais il ne s'en rend pas compte, donc on aime quand même le méchant de l'histoire, en espérant qu'il s'améliore... pas courant

Alors hop, la note subjective sera.... 4/5

 

Donc un total de....16/20. Moui, ca correspond bien. Pareil que Faërie, les deux sont aussi bien... D'ailleurs pour être plus précis, les deux sont aussi excellents, mais aussi trop longs... Alors un conseil si vous écrivez arrêtez vous à la page 450. Si c'est pas fini, terminez la phrase, et écrivez une suite.. Ca passe toujours mieux (c'est vrai quoi, les annales de la compagnie noire font dans les... 6000 pages, et ça ne paraît pas trop long... ) Bref, même si vous n'aimez pas spécialement la SF, si l'histoire a l'air de vous plaire et si vous avez un peu de temps pour lire (vacances, chômage, prison... la vie est pleine de chouettes occasions de bouquiner n'est-ce pas?), tentez le coup, vous n'serez probablement pas décus. 

 

Les +: deux races extra-terrestres bien travaillées et assez nouvelles; des personnages complets et évoluant logiquement; un huis clos bien mené avec beaucoup de face à face; réussite de Tug vraiment prépondérant bien que plein de défauts; belles critiques des défauts de notre societé contemporaine et de ce qu'elle pourrait devenir ou provoquer

 

Les -: c'est loong; ca commence tard; faut aimer les romans ou tout est dans la psychologie (ne vous attendez pas à y voir de l'action hein !!); ca aurait mérité un spin-off bien plus que l'assassin royal................

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