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  • : Amas de critiques et d'avis sur les oeuvres de littérature de l'imaginaire que j'ai aimées, principalement parce que j'aime écrire.
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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 18:14

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Rebonjour. Encore une fois, ça faisait quelques temps... Soyons brefs,  pour une fois je vous épargne les nombreuses raisons de cette pause. Avant d'entrer dans le vif du sujet, rions un peu en voyant comment certains ont atteri sur ce blog. Profitons-en, car je ne pense pas pouvoir faire beaucoup d'humour dans cette chronique...

 

Les nouveaux chemins de la conne essence (aka: sont arrivés sur ce blog, des gens ayant tapé dans leur moteur de recherche):

_ "il y a des sorciers de dieu comme mission de le destin": je voudrais m'en inspirer pour souligner qu'il y a "des fautes de français comme raison de le instinct"... Et franchement, même sur le fond, ça se vaut...

_ "j'aime cette transparence ce neant qui force a l'imagination": Heu... Si ça force à l'imagination je l'aime bien aussi héhé

_ "le magicien plagiat du seigneur des anneaux": ce n'est pas drôle, c'est juste pour m'inscrire en faux. "Le magicien" (premier tome des chroniques de Krondor) n'ont rien d'un plagiat du Seigneur des Anneaux. Je pourrais en écrire 3 pages, mais j'en ai déjà écrit 6 ou 7 dans le billet sur ce cycle.

 

Infos: L'âge de diamant est un roman de science-fiction ciselé par Neal Stephenson et publié pour la première fois en 1995. Il a remporté les prix Hugo et Locus en 1996 et s'étend sur 636 pages dans la version française dont vous avez eu à l'instant la chance d'observer l'intriguante couverture.

 

Résumé: Bon déjà, on est dans le futur. Autres planètes, nouvelles nanotechnologies, moyens de transport farfelus, tout y passe. Quant à l'histoire... Bigre, on suit énormément de personnages, donc difficile de faire un résumé convaincant. Pour faire simple (et biaiser beaucoup d'éléments), on dira qu'on suit Nell, une petite fille issue des quartiers pauvres. Son paternel n'est plus, sa mère n'est pas du tout aimante et ramène souvent au domicile familial quelque petit ami alcoolique et violent qui ne font pas de la jeunesse de Nell on océan de bonheur. Elle finit donc par fuguer accompagnée de son grand frère Harv (lui a une douzaine d'année, elle une dizaine), parcourt quelques temps les rues avant de se faire "adopter" par un ancien militaire plein de bons sentiments. Soulignons un élément primordial de ce roman: un livre très perfectionné et accompagnant Nell à chaque étape de sa vie. Dans ce monde, les livres et les journaux sont plutôt hors-du-commun, affichant des images ou jouant des sons, enfin bref, des sortes d'iPad jetables. Hors, celui que Harv vole et ramène à Nell au tout début du roman est un prototype de pointe: développé en secret par les meilleurs ingénieurs spécialisés, il est à l'origine destiné à la fille de la Reine.

 

Personnages:

Ils sont trop nombreux pour tous les citer. En premier lieu, nous avons évidemment Nell. Petite fille maligne qui très rapidement ne vit plus que pour son "livre magique". Elle est très appréciable, attendrissante et forte, bref pour une héroine c'est du tout bon. Son frère est moins présent après le premier quart du roman, mais il n'est pas désagréable non plus: c'est l'antithèse de sa soeur, plutôt genre petite frappe mais au grand coeur, car s'il n'agit au mépris des lois ce n'est que pour protéger et apporter à sa soeur ce dont elle a besoin.

À ceux-ci s'ajoutent... trop de personnages! Mais quand même, mention spéciale à Mr Hackworth, ingénieur en chef responsable de la création du Livre. Ce méchant garçon a voulu que sa fille, Fiona, profite également des bienfaits pédagogiques de ce petit bijou et en a donc fait une copie... que Harv lui a volé sans savoir ce que c'était. Personnellement je n'aimais pas ce personnage au début, il est faible, très soumis à l'autorité et quand il prend une décision en général j'aurais choisi l'exact inverse. Mais quand même... au fur et à mesure de la lecture, on se rend compte que subreptiscement "l'âge de diamant" souligne de nombreux travers de notre societé moderne ou du caractère de nos contemporains. Et au final, Hackworth devient une illustration intéressante desdéfauts sus-cités, et sans l'aimer, on finit par s'intéresser grandement à ses erreurs et errements.

Ce qui me fait penser à un autre personnag ecaptivant, à savoir le juge Fang. Homme âgé et adepte de la pensée confucéenne, dont il nous apprendra d'ailleurs certains rudiments, il est parfaitement cynique sur l'appareil judiciaire auquel il appartient. Fondamentalement, il veut rendre La Justice, Sa Justice, et pas celle relativement corrompue et inégalitaire dont se rend généralement coupable son institution. Encore une réflexion sur la Justice que l'on pourrait rapprocher de notre monde, mais nous y reviendrons.

Et pour finir, car ils méritent d'être cités ici, Miranda, la "voix" du Livre (on y revient aussi, et dans quelques lignes), mère de substitution de Nell, le grand-père de la princesse à qui était destiné le Livre (et donc les discussions, notamment avec Hackworth sont très profondes sur l'éducation), la princesse justement, ainsi que la fille de Hackworth, toutes deux détentrices d'un Manuel identique à celui de Nell et camarades de classe de Nell alors âgée d'environ 15 ans (oui, le monde est petit...) ou le Docteur X, hacker, spécialiste de technologie de pointe, leader d'une communauté assez proche d'une secte et qui travaillera en collaboration avec le juge Fang (quand je vous dis que le juge a une vision personnelle de la fonction de juge...)

Donc ils sont très nombreux, très différents, très travaillés, très... réussis! Bref, donnons 5/5 au roman pour ses personnages et tirons un très sur ce sujet d'étude pour passer à l'histoire et voir si elle est... très pidante !

 

Histoire:

Ici nous aurons deux aspects sur lesquels nous pencher. Commençons par ce Livre extrèmement important et expliquons son fonctionnement: il raconte à Nell une histoire qui se personnalise en fonction de sa vie et des questions qu'elle lui pose. Par exemple, quand elle est toute petite elle a 3 ou 4 peluches (Peter, Mr Canard, Dinosaure et Mauve, de mémoire), eh bien son livre lui racontera les aventures de la princesse Nell et de ses 4 amis aux mêmes noms. Et quand je dis que le Livre raconte... Disons plutôt que le Livre crée et que Miranda raconte. Miranda est ractrice, un acteur virtuel en quelque sorte. En général les racteurs vivent des aventures en 3D dans des salles de spectacle dédiées à ce passe-temps, souvent des aventures érotiques, mais Miranda un jour est au hasard assignée à faire la lecture à la petite Nell et toutes deux apprécient grandement cette collaboration (sans pouvoir connaître l'identité de l'autre), et Miranda se débrouillera donc pour travailler aux heures où Nell utilise généralement son livre. Elle sera émue par l'histoire de la petite fille (elle fera d'ailleurs tout son possible pour provoquer sa fugue) et deviendra pour elle une sorte de figure maternelle. Quant à ce que raconte le livre, en général il s'agit d'énigmes de plus en plus complexes, liées aux problèmes que connaît Nell dans le monde réel, et qui demanderont à Nell de s'y reprendre plusieurs fois pour les résoudre. Accessoirement, à chaque fois que Nell ne comprend pas un mot, elle demande au Livre qui lui explique ou lui fait comprendre seule la signification de tel mot ou de tel objet. Il est à noter que chaque passage du Livre vécu par Nell fait l'objet d'un chapitre à part entière, où l'on ne nous dit pas "le Livre commença en racontant comment la princesse Nell retrouva Mr Canard près du lac" mais "la princesse Nell approchait du lac en se demandant où se trouvait Mr Canard". En gros, on lit la même chose que Nell entend Miranda lui conter. Et ces chapitres sont excellents, on en reparle dans le style (que de teasings dans ce billet ! ). Bon et pour clore la partie "Livre", il est évident que c'est une réfléxion générale sur l'éducation des enfants, la façon de leur faire apprendre en s'amusant, en leur fournissant des "lectures plaisirs" comme on dit, etc etc... D'ailleurs, le grand-père de la princesse (Lord Alexander Chung-Sik Finkle-McGraw, j'avais envie de le citer...) l'a commandé car il n'a aucune confiance en l'éducation très disciplinaire et exempte d'amusement auquel il sait les hautes castes assujeties. Et sur la fin (attention, petit spoil), le juge et le Dr X mettront à profit ce mode d'apprentissage qui ne requiert aucun personnel en fournissant des copies du Manuel à des milliers de petites chinoises orphelines amassées sur un bateau et sans moyen d'apprendre... et ce avec un beau succès. Donc pour tout ceci, mettons 2.5/2.5 au Manuel d'Education en lui-même.

Reste le reste ! (cette phrase fait ma fierté par son inutilité et sa cohérence à ce moment...) C'est à dire l'univers en lui-même, chose très importante dans un livre de science-fiction, et l'intrigue . En ce qui concerne l'univers, il est des plus réussis. Le monde est très centré sur la civilisation chinoise (d'où le confucianisme, à la base d'une très importante communauté), ce qui est cohérent pour notre futur, et est divisé en "tribus" appelées ici phyles. Chaque phyle est cantonnée à un territoire plus ou moins grand et bien placé, selon son importance, et suit ses propres principes (les lois sont différentes dans chaque phyle par exemple). Très important dans la societé, ce communautarisme n'est pas énormément mis en jeu dans le récit, ou du moins son importance n'est pas très prononcé... Il n'y a pas de faux pas réel, mais disons que ce n'est pas un atout de cet lecture. À côté de ça nous avons évidemment l'aspect technologique de cet univers. Eh bien là c'est à moitié réussi. Les éléments importants pour l'histoire, comme les "chevalines" (sorte de moto-cheval dépliable que l'on peut transporter à une main et que l'on voit sur la couverture un peu plus haut) ou la nanotechnologie, permettant de tout fabriquer, des vêtements à de la nourriture, dans des synthétiseurs, ou porteurs d'informations sont parfaitement décrites et utilisées. À côté de ça, on a tous les petits détails, expliqués en 3 ou 4 lignes et qui n'ont pas d'importance dans la suite du récit... Et c'est là que le bât blesse puisque bien souvent on ne comprend pas ces courtes descriptions, mettant en jeu plusieurs notions scientifiques non-abordées etc etc... Ce n'est pas très préjudiciable, puisque l'on ne revoit pas ces innovations dans la suite, mais quand même, ce n'est pas agréable.Et quid de l'intrigue donc? Hum autre impression mitigée, puisque pendant 90% du roman on ne voit aucune intrigue. On suit la petite Nell, qui a des soucis, apprend des choses, s'en sort, grandit, trouvé un métier... On suit quelques malversations, quelques complots, quelques arrangements, les malheurs de l'ingénieur Hackworth... Mais on ne voit aucun lien entre tous les évènements et on n'en voit pas une finalité précise (en général quand on lit un bouquin de littérature de l'imaginaire, il y a toujours un truc à sauver à la fin, non? Le monde, la planète, le héros ou ses amis etc etc...) Là on a juste l'impression de suivre les aléas de la vie de nombreux personnages, qui parfois se recoupent, mais pas pour longtemps etc etc... Et ces anecdotes, si elles ne sont pas désintéressantes du tout, ne sont tout de même pas... très pidantes. On s'y intéresse plus parce qu'on en apprécie beaucoup les acteurs que parce qu'on veut en connaître l'aboutissement.

Donc seulement 1/2.5 pour le reste, et donc 3.5/5 pour l'histoire, ce qui reste bien... pour un roman sans intrigue. (je plaisante...)

 

Style:

Un bon point de ce roman. Les dialogues paraissent très naturels, alternant solennel et respectueux et language des rues avec brio.

Des descriptions visuelles d'une grande qualité, vraiment fluides et parlantes.

Un point vraiment à souligner: le changement de style dans les chapitres décrivant la vie de Nell lorsqu'elle est enfant (donc les "contes de la princesse Nell mais aussi le quotidien de la petite Nell): l'auteur change de ton et emploie un language beaucoup plus enfantin, dans les longueurs de phrase, dans les notions abordées ou dans les mots choisis. Je ne vois pas forcément la signification de cette variation (si ce n'est souligner que ces évenements sont vécus et compris par une enfant) mais j'apprécie de manière générale quand le style varie dans un roman.)

Ca c'étaient les très bons points. Il en reste deux moyens:

le côté technologique, parfois parfaitement maitrisé, parfois totalement incompréhensible (comme expliqué plus tôt)

l'humour extrèmement rare et pourtant si drôle chaque fois qu'il apparaît... Un peu d'humour n'est pas un pré-requis pour qu'un roman soit bon, mais quand les touches d'humour sont si délectables, on regrette qu'elles se fassent extrèmement rares...

Enfin, l'un dans l'autre on a quand même un très bon 4/5 qui se dégage de cette oeuvre au niveau stylistique.

 

D'un point de vue subjectif:

Cette lecture est-elle plaisante? Oui. Pour les personnages foisonnants et très réussis, et pour le style qui rend leurs aventures intéressantes.

Mais ces aventures sont-elles vraiment captivantes? Non, comme dit, il n'y a pas de fil conducteur, pas de but ultime vers lequel on sait s'acheminer jusqu'à la fin.

Mais peut-être que cette fin apporte une conclusion inattendue mais néanmoins réussie? Tout à fait. Tout s'accélère dans les... 50 ou 100 dernières pages, et oui, il se passe des trucs, oui il y a de l'action, avec Nell au beau milieu, et oui il y a quelque part une vraie fin, un évènement qui aura des répercussions sur ce monde (c'est simplement dommage que l'auteur n'ait pas fait monter le suspense pendant tout le roman)

Autre chose? Clairement ! C'est un livre très très riche. Qui aborde quantité d'aspects de la societé, de l'éducation des enfants aux justices à deux vitesses, mais en passant aussi par le communautarsime, la différence de conditions de vie entre les élites et la population, la suppléance de l'agriculture par la nanotechnologie, les risques de dérives terroristes que peuvent entraîner toutes ces modifications de la societé et j'en passe... Je pense vraiment que chaque lecteur peut y trouver une énorme quantité de messages, ou au moins de descriptions de ce que pourrait être notre futur et en tirer lui même ses conclusions sur ce qui serait profitable ou non à ntore societé... En fait on réfléchit beaucoup, et sur beaucoup de choses, à la fin de ce récit.

Donc pour résumer... Personnages géniaux, récit trainant en longueur sur le milieu mais repartant de plus belle sur les 100 dernières pages, et surtout apportant énormément de réflexions diverses et variées.

Donc subjectivement 4/5 parce que même si on s'ennuie au milieu, on en ressort en ne regrettant pas le temps passé à engloutir les 636 pages.

 

Ce qui au final nous donne 16.5/20, note qui me paraît encore une fois retranscrire tout à fait mon appréciation de cet ouvrage. Et ce qui est intéressant c'est de voir comme une fin réussie peut faire toute la différence... Je sais que je le relirai un jour, peut-être avec encore plus de plaisir car je chercherai dans les passages peu intéressants quelque référence à l'action et à la conclusion à venir dans les 100 dernières pages qui sont vraiment exceptionnelles et justifient à elles seules de lire ce livre. Dommage que tout ne soit pas aussi trépidant que cette conclusion, j'aurais fait monter ce livre en pendentif pour me l'arborer fièrement dans le métro et répandre la bonne parole (moui, je trouvais que cette critique manquait d'humour absurde...)

 

Les +: TOUS les personnages sont excellents; le style est bon, tant dans les descriptions que dans les dialogues; l'univers tient la route et donne envie de rester plongé dans cette lecture même si il ne s'y passe pas forcément grand chose; le métier de racteur (les réalités virtuelles assez délirantes); le Manuel et les aventures de la "princesse Nell", dont j'ai l'impression de n'avoir pas assez souligné la qualité, mais ces chapitres sont sans conteste mes préférés et sont vraiment géniaux; les extrèmement rares touches d'humour absurde, parfois vraiment hillarantes; tous le smessages sociétaux portés par cet univers et ces personnages; une fin captivante

 

Les -: les chapitres hors-Manuel du milieu du livre sont parfois peu intéressants; même quand ils sont intéressants, ils ne sont pas reliés entre eux (chacun vit sa petite vie de son côté) et n'ont presque jamais d'importance longue durée (les intrigues se résolvent rapidement et ne reviennent plus); quelques descrptions technologiques sans importance et surtout très complexes; une fois fini, on se dit que le milieu aurait pu être allégé d'une centaine de pages inutiles et ennuyeuses.... et que la fin aurait DU être prolongée de 200 pages, primordiales et passionnantes.

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