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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 22:54

Ange-Blond-Mnemos

 

Quelle chance, le meilleur critique de litérature de l'imaginaire de l'Internet mondial renaît de ses cendres, tel la fée Nix, personnage profond et tout aussi imaginaire que la litérature dont je traite... et disciple de la non-moins profonde fée Lassion... Je vous manquais hein? Moins que votre envie de commenter en tout cas.... Pourtant vous êtes quelques-uns à me lire, et ce même si j'exclue mes préférés qui viennent sur ce blog en recherchant sur google "comment parler aux gnomes" ou "image de guerrier mutant".... (véridique hein! Et encore j'en ai oublié un ou deux au moins aussi bons, mais over-blog ne les garde qu'un mois...)

Aujourd'hui la leçon portera sur "L'ange blond", donc je salue d'avance les visiteurs qui auront recherché "les anges mangent-ils des nuages?" ou quelque chose du genre, sur un moteur de recherche.

 

Infos: Sortez vos cahiers de lecture... "L'ange blond", thriller d'espionnage dans un univers de science-fiction paru en février 2010 et signé Laurent Poujois,dont c'est le premier roman non-destiné à le jeunesse. Nous n'évoquerons donc pas ces autres oeuvres, qui sont certainement très bonnes aussi, mais que je ne pense pas lire de si tôt. Ce roman fait 299 pages et est ce qu'on appelle une uchronie, c'est à dire une histoire se déroulant peu ou prou à notre époque, mais sur une Terre différente où Napoléon serait mort de sa belle mort à la fin de son règne et où son empire aurait donc perduré jusqu'à l'histoire qui vous sera contée, 200 ans plus tard. A noter que ce roman a recu le prix du meilleur roman de l'imaginaire de le première édition des Futuriales, salon où je me trouvais et où je n'ai acheté QUE ce roman, parmi les 5 finalistes, après une bonne heure de réflexion, et ce quelques 2/3H avant qu'il ne l'emporte... Donc si vous cherchez un juré pour un autre prix hein, faites moi signe, j'ai du temps là...

 

Résumé: Oyez oyez, citoyens de l'Empire, réjouissez-vous car dans quelque jours nous fêterons le bicentenaire du débarquement de Napoléon en Angleterre, souvenir mémorable qui permit à ce dernier de gagner la guerre et d'assurer le maintien de ce fabuleux empire sur une grande partie de l'Europe jusqu'à aujourd'hui.... Oui, sauf que l'on sait qu'un attentat est en préparation contre l'impératrice lors de cette cérémonie. La seule information dont on dispose c'est qu'un certain Otto Hitler, descendant d'un peintre autrichien n'ayant pas marqué son époque outre-mesure, est impliqué. Mais cette conspiration remonte très certainement plus haut que cela, dans les maillons même de l'Empire. On décide donc de faire appel au maître-orchestreur (DJ de ce monde) mondialement connu "der Blonde Engel", nom de scène d'Aurore Lefèvre, diplômée de stratégie spatiale, six ans de service dans le Légion Impériale, commandant démissionnaire suite à une mission ayant mal tournée. Une sorte de James Bond de cette Terre alternative... Bah, une James Bond femme pourquoi pas, surtout dans un roman, où l'on se fiche donc pas mal de la disparition des James-Bond-girls....

 

Personnages:

Aurore Lefèvre, héroïne du roman. Adepte de sports extrèmes interdits, orchestreuse géniale et espionne talentueuse, mais surtout femme dotée d'un caractère appréciable. Elle n'en fait qu'à sa tête, envers et contre sa hiérarchie, avec qui elle n'a accepté de travailler que parce qu'ils l'avaient attrapée suite à une séance d'aile volante motorisée (en gros) entre les gratte-ciels de Londres, parfaitement interdite il va sans dire. Mais elle sait qu'elle est la seule à pouvoir mener à bien la mission, donc elle la mène comme elle l'entend, faisant fi des remontrances qu'elle reçoit ultérieurement à chaque fois. Et en plus elle est drôle.... et belle, même si ca complique la lecture, puisque c'est assez dur de lire tout en regardant la couverture (qui d'ailleurs ne rend pas totalement hommage à la beauté dont on nous fait l'éloge... putain de visière...). A postériori je conseille de le lire face à un miroir pour en profiter, vous n'aurez pas tordu votre bouquin dans tous les sens, contrairement à moi (je plaisante hein, je viens de vérifier, même en tordant, pliant, maltraitant l'objet, c'est impossible...). Et aussi incroyablement humaine, face à des situations pas toujours supportables, face à des malades ou des esclaves (non-assimilés comme tel, mais quand même). Bref qu'est ce qu'on l'aime !

Sinon, il y'a aussi Emilien. Meilleur ami de notre espionne préférée, il est très attachant bien qu'un peu.. hétéroclyte. Lors de la mission qui amena Aurore à quitter la Légion Impériale, le corps d'Emilien fût litéralement déchiré de toutes parts. Il aurait pu décider de faire transférer son cerveau dans un corps artificiel, mais en accord avec ses convictions religieuses, il préféra garder son bon vieux corps dans un cylindre contenant foultitude de nanobiônes médicaux. Il vit donc, immobile dans sa chambre, relié au réseau NetZ, sorte d'Internet hyperdéveloppé, qui lui sert comme qui dirait de nouveau lieu de vie. Emilien est plein de bon sens, et Aurore ira le voir chaque fois qu'elle le pourra pour lui demander conseil. Par la suite il fera office, de par se maîtrise totale du flux d'informations de la NetZ, de centre névralgique lors d'opérations militaires, d'espionnage ou d'affrontement, demandant une logistique parfaite. Franchement sympa aussi.

Ensuite on a Marco. Maori d'origine, on le voit dans le premier chapitre où il effectue le survol de Londres avec Aurore puis surtout vers la fin lorsque l'affrontement final s'engage. C'est un géant surdimensionné (à vue de nez 2 mètres pour 140 kgs) qui, quant à lui, fait toujours partie de la Légion. Il paraît moins casse-cou qu'Aurore mais en fait non, il l'estime simplement trop pour la laisser risquer sa vie sans émettre un bémol (dont il connait l'inutilité, mais qu'importe, c'est le geste qui compte). Par contre, quand il s'agit de sa propre vie, rien ne lui fait peur.... Il fait plaisir à voir à la fin, premier partenaire de notre Ange Blond sur lequel elle compte aveuglément, contrairement à ceux qui lui sont assignés par l'Empire.

Puis justement, Severenko et Franz-Olivier, les deux agents impériaux auxquels elle devrait logiquement obéir. Severenko est le plus gradé, celui qui devrait tout diriger et il ne supporte pas l'attitude d'Aurore. Ils se voient rarement mais toujours pour une bonne engueulade, petit rituel bien agréable. Franz-Olivier quant à lui est son contact de terrain. Comprenez celui qui se balade autour du lieu de l'action, relié à elle par un système de communication invisible. Il est plutôt du genre prudent, donc il a du mal à se faire à la façon de faire d'Aurore. Mais une fois qu'il aura compris comment elle fonctionne il adaptera sa façon d'agir pour lui être le plus utile possible, sans se mettre dans des situations de danger trop extrème, tant que faire ce peut. Aurore le trouvera parfaitement inutile au début de leur collaboration, puis apprendra à connaitre la personne et à l'apprécier.

Et pour finir Otto Hitler, cible de toute cette opération d'espionnage. Richissime fils du premier producteur de pornbiônes, il est organisateur de soirées et de grands évènements, et a remporté l'appel d'offre pour l'organisation des festivités du bicentenaire du débarquement (pas d'bol...). Un homme incroyablement antipathique, imbu de lui même, obsédé sexuel, sadique et surtout ayant pour ambition de renverser l'Empire (plutôt pacifique et bien-pensant pour le moment) pour instaurer une dictature dans laquelle il ne serait probablement pas mal placé.

Donc une héroïne formidable, deux sidekicks très bons, deux collaborateurs forcés différents et bien travaillés, tous gravitant autour de l'une des pires pourritures que l'on puisse imaginer (c'est ptet ce nom aussi, Hitler.... J'ai l'impression de l'avoir déjà entendu et ça me hérisse le poil....). Donc bon... 4.5/5 pour le casting, simplement parce que honêtement faut avouer que tous ces personnages doivent être le cliché de leur rôle dans ce type de roman... Mais comme ils sont des clichés bien réussis et que je ne lis pas tant que ça de SF et que c'est un de mes premiers roman d'espionnage, ca ne m'a pas gêné... J'enlève un demi-point par principe.

 

Histoire:

Vous connaissez déjà le pitch dans les grandes lignes. Je préciserais tout de même que la couverture d'Aurore sera d'être le maître-orchestreur de la cérémonie (celui prévu avant la découverte du complot ayant malheureusement subi un léger accident l'empêchant de faire son travail pendant quelques semaines), et que la mission responsable de la démission d'Aurore de la Légion aura une part non-négligeable dans l'histoire (mais pas dans l'intrigue), à la fois pour les séquelles psychologiques qu'elle aura laissées sur notre espionne, mais aussi parce qu'elle profitera de son retour dans le mlieu pour tirer certaines choses au clair.

Non, ici, l'histoire, la vraie, est dans le monde qui nous est offert. Pourquoi? Parce qu'on est dans la science-fiction et, de surcroît, dans une uchronie. La partie uchronie déjà... Je ne suis pas grand connaisseur d'Histoire, mais tout est parfaitement cohérent. L'empire napoléonien ne s'est pas effondré, a continué à s'étendre, transformant l'Europe actuel en Empire comparable aux Etats-Unis. C'est frais, et ça tient debout. Par exemple cela a modifié le rapport de force entre l'anglais et le français, ce dernier étant la langue officielle de l'Empire. Et comme je l'ai dit, on a bien l'impression d'être dans une Europe formant un bloc et pas une somme d'états.

Il faut dire que ce sentiment est renforcé par un certain aspect apporté par la science-fiction de l'ouvrage: les moyens de transport. On passera rapidement sur cette "combinaison volante" que l'on voit dans le premier chapitre et sur les dirigeables foisonnants, pour souligner l'Unter-G, le métro.... effectuant, par exemple, Paris-Londres en 19 minutes... Pile le temps pour que chaque passager descende sa visière pour se regarder un épisode de sa série préférée, pratique. Et donc on alterne Paris, Londres, Amsterdam etc... en un battement de cils (d'une blondeur ma foi fort agréable). Et sinon il y a aussi prépondérance des biônes. Ce sont des micro-organismes nanoscopiques, servant absolument à tout: soins d'urgence, enregistrement vidéos, intéraction avec tout matériel électronique... En general on communique avec eux par des machines, par exemple dans le cas d'Aurore grâce à son casque, qui contient les biônes (et pas son corps). Et je dis bien communiquer avec eux, car c'est ce qu'il se passe: plus ils sont utiles et plus il sont forts, il faut souvent les convaincre de faire ce que l'on veut, en argumentant, en se battant à l'aide d'autres biônes etc... C'est assez compliqué, à expliquer, comme à faire, mais c'est encore là un atout de notre Ange Blond, puisque le travail de Maître Orchestreur passe uniquement par les communications avec de nombreux biônes, elle est donc un adversaire de taille pour les biônes chargés de protéger les informations sur le complot ou d'empêcher l'accès à tel ou tel endroit.

Donc une histoire d'attentat assez banale, mais dans un monde plaisant et bien cohérent, adjoint de trouvailles technologiques fort bien exploitées... 4/5 pour l'histoire, grâce au monde qui nous est offert et parce que l'argument, bien que des plus ordinaires, est ponctué d'énormément de rebondissements qui gardent tout l'intérêt du lecteur pour cette mission.

 

Style:

A première vue rien d'exceptionnel. Ce n'est pas de la grande litérature, l'auteur n'en est qu'à ses débuts, et donc les phrases ne sont pasdes bijoux ciselés avec brio. Mais quand même... quand même il se débrouille le bougre. Aucune phrase n'est véritablement un échec, elles sont toutes "bien". Il dit ce qu'il y a à dire. Ni plus, ni moins.

Arrangeons donc cette première impression pour le moins mitigée en précisant qu'il y a quand même deux très bonnes qualités: les séquences de connection avec les biônes sont parfaitement compréhensibles et pas enuyeuses du tout, au contraire on frémit du danger auquel s'expose bien souvent Aurore en bataillant contre ces êtres nanoscopiques (car oui cela peut être extrèmement dangereux). Donc bravo. Et ensuite précisons que les dialogues, encore une fois sans être des joyaux d'orfèvrerie, sont vraiment savoureux: l'humour et la rebellion de l'espionne passent admiralement et les petites phrases tantôt cyniques tantôt impertinentes s'enchaînent avec délice.

Tiens ca me fait penser à une autre belle qualité quant au style de l'oeuvre en général: tout s'enchaine à 100 à l'heure si ce n'est plus. L'histoire commence une semaine avant la cérémonie, donc chaque journée verra son lot de révélations, d'action, de nouveaux personnages, bref de rebondissements. Particulièrement agréable pour ne pas s'ennuyer pendant la lecture.

A noter aussi que l'Europe parle français mais que l'anglais et l'allemand ne sont pas oubliés, principalement à travers les jurons ou quelques mots par-ci par-là.... Encore une fois c'est loin d'être ultime mais c'est bien trouvé.

Donc pour style banal mais frôlant la perfection dans la banalité, une note qui sur ce blog devient banale mais qui, rappelons le, frôle la perfection mathématiquement parlant, 4/5

 

D'un point de vue subjectif:

Hmm mon passage préféré, on lâche la bride et on recommence à dire des conneries parfaitement personelles, comme en introduction, mais cette fois en lien direct avec le sujet de la leçon.

Tout se passe très vite, dans l'histoire comme dans la lecture. Une sorte de mise en abyme de la vitese. Plein de trouvailles sur le fond de cette histoire, qui élève ce scénario à la forme banale mais parfaitement maîtrisée au stade du très agréable à lire. On n'en ressort pas forcément meilleur. On ne se souvient pas forcément de tout ce qu'il s'est passé car il se passe beaucoup beaucoup de choses (Polgara, si tu m'entends.... Aurore a peut-être vécu en une semaine plus de choses que toi en 5000 ans... heureusement que Garion a finit par naître, tu serais morte d'ennui). Mais on ne s'ennuie pas un instant. On ne pense à rien d'autre pendant qu'on le lit. Et à la fin on a l'impression qu'on venait juste de le commencer. Je ne suis pas grand adepte de cinéma (à vrai dire j'en serais plutôt un fervent opposant mais ceci est une autre histoire), mais à mes yeux tout cela est ce que l'on attend d'un excellent block-buster. Un scénario dont tout le monde se fout, mais rattrapé par des effets spéciaux à couper le souffle et une héroïne à souffler la coupe (ca ne veut rien dire mais c'est très parlant n'est-ce pas?)... avec en plus un peu de cul, yahooo...

Redevenons sérieux une seconde, le temps d'attribuer subjectivement 4/5 au livre, et je n'argumenterais pas plus sur cette note, puisque c'est subjectif !

 

Sortez vos ardoises, calcul mental.... 4.5+4+4+4... On arrête d'écrire et on lève les ardoises... Bravo, 16.5/20. Laurent, jolie rédaction, tu gagnes une image, tu viendras la chercher à la parution de ton prochain roman... Enzo c'est quoi ce mot, fais voir...."Le maître-critique regrette de pas être instit'! " Totalement faux, toutes ces conneries sont venues par hasard, pour donner une petite ambience drôle... et comme punition tu me liras les 6 premiers tomes de l'assassin royal pour lundi prochain (comme c'est bon d'avoir une tête de turc... je jubile rien qu'a imaginer certaines personnes s'énerver a chaque fois que je critique l'assassin royal gratuitement...) Et ca te fait 2 croix rouges, la prochaine fois tu me recopieras le 1er tome des aventuriers de la mer, sans faute...

Bref à lire car ça va très vite, ca prend le meilleur de la science fiction et de l'espionnage et c'est une uchronie agréable. A ne pas lire si les "croix rouges" vous rebutent

 

Les "bons points": ca se lit vite; ca prend le meilleur de la SF et de l'espionnage; c'est une uchronie agréable; c'est drôle et moins lourdingue que la répétition dont je viens de me rendre coupable; héroïne réussie (ca change... des héros réussis); ca s'enchaîne à 100 à l'heure; les biônes (oui les mecs, on voit du pornbiône yihaaa !.... désolé); premier roman adulte de ce jeune auteur français alors sponsorisez-le; beaucoup d'action superbement maîtrisée; une note au-dessus de celle d'Alien Earth je suis choqué!; grosse envie de le relire

 

Les "croix rouges": un coté superficiel de block-buster c'est a dire très agréable mais n'apportant rien; des personnage stéréotypés; une intrigue qui n'est pas à la hauteur du monde qui est décrit; le coup du petit fils d'Adolf le peintre qui veut conquérir l'Europe.... ca frôle le mauvais-goût non?

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