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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 15:37

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Vurt, un bouquin de SF pas comme les autres. Si j'osais, je dirais que son contenu est aussi atypique que son titre.

 

Infos: Vurt est un roman écrit par Jeff Noon, auteur britannique de son état, et publié pour la première fois en 1993. Si vous aimez les "cycles" de roman, sachez que Vurt se déroule dans un monde réutilisé par Jeff Noon dans ses quatre romans suivants, allez donc demander à Maître Wikipedia, il en sait plus que moi à ce sujet. Cet ouvrage est assez court: il s'étend sur 349 pages dans l'édition de la Volte dont vous pouvez voir l'éclatante couverture ci-dessus. Une dernière chose avant de passer aux choses sérieuses: Vurt n'est pas un roman à mettre entre toutes les mains, surtout pas entre celles des plus jeunes d'entre nous. Comme dirait Maiître Chat: soyez prudents. Soyez très, très prudents.

 

Résumé: Dans un Manchester futuriste où les robochiens côtoient les ombrefilles (entre autres), les "plumes" sont une drogue dure, mais parfaitement légales pour le plupart d'entre elles, qui transportent ses utilisateurs dans divers "mondes de vurt" psychédéliques. Toute la vie de nos héros tourne autour de ces plumes, ce n'est pas pour rien qu'ils s'appellent "Les chevaliers du speed". Ils en ont essayé une grande quantité et comptent bien continuer comme ça. Sauf que le narrateur, Scribble, a une quête qui lui tient à coeur: retrouver l'amour de sa vie, qui n'est autre que sa soeur, Desdémone, "coincée" dans un de ces mondes de vurt après avoir ingéré une plume jaune, les plus dangereuses, celles dont on ne peut pas sortir simplement par la volonté: soit on "gagne" et on sort, soit on y meurt. En l'occurence, elle n'a ni gagné, ni perdu la vie: elle est restée coincée tandis que Scribble est retourné sur Terre avec une chose de même valeur que la chose perdue (ce qui arrive parfois avec le vurt). Ainsi, Scribble compte bien écumer tous les dealers de plume de Manchester jusqu'à retrouver cette plume dorée précise et ainsi procéder à l'échange inverse, sa soeur contre la Chose (oui, le truc qu'il a récupéré en échange est sobrement appelée la Chose, c'est un genre de gros extra-terrestre fait de vurt pur et ressemblant à une énorme guimauve... enfin je crois.)

 

Personnages

Nos chevaliers du speed s'appellent donc Scribble, le Beetle, Mandy et Bridget. 

Scribble est un excellent narrateur, précis dans tout ce qu'il nous raconte, y mettant la touche de subjectivité parfaite et, au-delà de ça, il tient bien son rôle de héros: souvent en proie au doute, la quête qui l'anime le pousse à se dépasser et donc on ne s'enlise pas dans des pages et des pages d'atermoiements stériles.

Le Beetle est son meilleur pote taré, parfaitement toxicomane, kamikaze, et parfois méchant avec ses camarades. Il en est néanmoins le leader, même si le fait qu'ils cherchent tous à ramener Desdémone, soeur de Scribble mais également ancienne membre de leur groupe, fait que Scribble lui subtilise parfois ce rôle. Il est plutôt réussi également.

Mandy est la petite nouvelle, qui a remplacé Desdémone. Elle est agréable aussi, notamment pour sa grande témérité (elle leur sauvera la mise plus d'une fois).

Bridget par contre est la moins réussie. C'est une ombrefille (mi-ombre, mi-fille, heureusement que je suis là pour tout expliquer), qui passe son temps à dormir et à entrer dans la tête des gens. Elle n'est pas désagréable, seulement moins colorée que ses camarades.

Bon, il y a moult autres personnages, plus ou moins importants, Murdoch la fliquesse qui les poursuit à travers tout Manchester, Maître Chat qui rédige une sorte d'hebdomadaire sur le vurt et que nos personnages rencontreront, Twinkle, la jeune voisine des chevaliers du speed, qui gagnera en importance et apportera une touche de fraîcheur très bienvenue... Tous réussis. Arrêtons-nous néanmoins sur ce joli couple que forment Tristan et Suze, d'anciens utilisateurs de plumes ayant arrêté. Non, ce qui est à citer, et cela illustrera bien le côté atypique de ce roman, c'est leur chevelure. Tristan et Suze sont un couple de rastas aux interminables dreadlocks, interminables et emmêlées. Je veux dire, celles de Tristan son emmêlées avec celles de Suze, depuis des années et des années, si bien qu'ils sont littéralement inséparables et ne peuvent s'éloigner l'un de l'autre de plus de quelques mètres. Coup de chance, ils sont follement amoureux l'un de l'autre. Je trouve ça assez joli, et surprenant, pour être mentionné. 

Que du bon, à part Bridget qui est mi-bonne, alors 4.5/5

 

Histoire

C'est vraiment de la SF pure et dure. On croise beaucoup de choses qu'on ne comprend pas, on en comprendra certaines plus tard, on affinera nos suppositions pour d'autres, on restera dans le vague pour une partie. En fait, il y a 5 races pures dans ce monde, comme on l'apprend vers le milieu (après les avoir toutes croisées donc): les humains, les robo, les ombres, les chiens et les vurt. Chaque race pouvant se croiser avec les autres, on a donc les robochiens, les ombrevurts etc etc. C'est compliqué. Et on ne sait pas précisément quelles sont les caractéristiques de telle race ou de tel métissage. C'est un exemple. Il en va de même pour les prises de plume: parfois Scribble sera "sorti" de son rêve (c'est par ce mot que sont qualifiés les "trips") par un camarade secouant son corps dans le monde réel, mais alors, si le corps reste dans le monde réel, comment Desdémone a pu "ne pas revenir" (son corps est aussi dans le vurt) ou comment se fait-il qu'on puisse échanger des objets dans un rêve? C'est assez obscur, mais on s'en fiche un peu car ce n'est pas le plus important. Et après tout, nos personnage sne comprennent pas toujours ce qu'il leur arrive, alors ce n'est pas bien grave que le lecteur soit dans le flou sur certaines choses aussi.

Ceci étant dit, l'histoire file à toute vitesse et avec délice, on ne s'ennuit pas un chapitre. On alterne les allers et venues dans des lieux glauques de ce Manchester futuriste avec les rêves psychédéliques, mais surtout, Scribble avance toujours dans sa quête, sans temps mort. Et cette avancée s'accompagne, pour le lecteur, d'incessantes découvertes, de ce monde bizarre, des différents types de plumes, des différentes races, de nouveaux lieux... Le tout parsemé de quelques drames qui, s'ils touchent les héros (et leurs lecteurs), ne les ralentissent jamais  dans leur progression.

Plutôt bon, 4/5 sanctionné par les quelques flous laissés, volontairement ou non, par l'auteur quant à certains aspects de ce monde, et le fait que, oui, les drames c'est agréable à lire quand c'est bien écrit et qu'on s'est attaché aux personnages, mais il eût été agréable qu'ils soient contrebalancés par certains moments de pure joie qui manquent à ce roman.

 

Style

Le style est à l'avenant de ce monde, à la fois cru et psychédélique.

Cru parce que violence et sexe font partie intégrante de la vie des chevaliers du speed: un héros pourra être recouvert du sang d'un malheureux, un salopard d'hommechien pourra enfoncer lentement ses griffes dans la gorge du toutou de nos héros en guise de menace, et le sexe... Pour faire court, rappelons que l'histoire d'amour motivant nos héros s'écrit entre un frère et sa soeur, les moments d'intimité pourront donc paraître dérangeants à certains, mais sûrement moins dérangeant que la scène de pornvurt où le héros, dans la peau d'un chien, sera tenté par la croupe de son actrice X préférée... Heureusement, je vous rassure, si l'auteur se permet ce genre de folies, c'est clairement plus par provocation que par perversité: ces scènes sont extrèmement courtes et peu descriptives. D'ailleurs, grâce à cela, je ne les considère pas comme un défaut de ce roman, seulement comme une spécificité motivant le fait de ne pas le mettre entre toutes les mains.

Et un style psychédélique, donc, à défaut de trouver un mot plus adéquat, puisque du point de vue de la prose c'est parfois le grand chaos. Déjà, on est face à un style "courant de conscience, c'est à dire que la narration est faite au fil de la pensée du narrateur. Une phrase peut s'arrêter en plein milieu, reprendre plus tard, se répéter deux ou trois fois... C'est très courant. Tout aussi courant que les phrases en italique sensées exprimer la pensée du narrateur... ce qui est improbable si le reste est déjà en mode "courant de conscience"... Disons que ce sont des pensées appuyées, volontaires... Enfin je crois... Bref, c'est psychédélique !

On pourrait croire à lire ces deux paragraphes que je n'aime pas le style de cette oeuvre. C'est faux. Je ne l'aimais pas au début. Et puis en fait, c'est comme tout, on s'y fait, et on finit même par l'apprécier. Il faut simplement être prêt à être déstabilisé par la syntaxe de temps en temps, souvent même, mais à poursuivre la lecture sans revenir quelques mots en arrière pour s'assurer qu'on n'a rien mélangé. Il en va de même pour les mots en eux-même, qui surprennent dans une oeuvre littéraire mais sont utilisés sciemment pour représenter ce monde et le rendre plus concret: quand nos héros visitent l'appartement d'un gang d'hommechiens, on est surpris au début quand on nous explique qu'il y a de la "merde" partout par terre, et puis finalement, au bout de deux pages, on a incorporé ce mot comme une des caractéristiques de l'environnement, et la force de ce simple mot tient dans le fait qu'il est probablement aussi désagréable à lire que ces merdes sont désagréables à voir et à sentir par nos héros. Rien de tel que d'affronter des difficultés similaires que les héros pour partager leurs aventures, non?

Et sinon, nuançons cette partie ma foi plutôt glauque et à l'allure repoussante en mentionnant le fait que la violence, le sexe border-line et tout le reste de l'oeuvre, sont décrits avec force couleurs et une bonne dose de poésie. Les gerbes de sang sont éclatantes et s'impriment parfaitement sur la toile de fond grisâtre de ce Manchester où il pleut constamment. Le profond amour que ressent Scribble en embrassant sa soeur nous amène vite à oublier ce lien de parenté, sur le moment, et à apprécier la suite de la scène que l'on finit par trouver trop courte. Et je ne parle pas de la pendule dont les pétales tombent à chaque heure... On croirait parfois lire du Boris Vian. 4/5 pour le style, dur à apprehender dans le fond comme dans la forme, mais une fois dompté, s'inscrivant parfaitement dans cet univers sombre et empli de drogues conduisant dans des mondes aussi chaotiques que cette syntaxe peut parfois l'être.

 

D'un point de vue personnel

Une bonne lecture. Une très, très bonne lecture. De bons personnages, une histoire qui progresse sans jamais ralentir, au contraire, des scènes d'action et de tension, des rêves psychédéliques dans lequels se débattent les héros, de bons personnages, principaux ou secondaires, un univers fascinant, des sentiments décrits avec assez de talent pour nous faire oublier parfois leur aspect dérangeant... Même la fin est réussie ! Simpement, encore une fois, ne pas le lire si vous êtes facilement choqués par certaines choses. Au risque de me répéter, je vois ces spécificités comme simples provocations dénuées de perversion, mais je conçois tout à fait qu'elles puissent nuire au plaisir de lecture. M'enfin, 4.5/5 pour cette note subjective, car pour moi ce livre est un pari risqué, cru et ammoral du point de vue de notre société, mais réussi car justement il s'inscrit dans une autre société. Et je trouve justement intéressant de profiter de la science-fiction non pas seulement pour raconter une histoire avec des machins technologiques etc. mais aussi pour décaler le curseur de ce qu'on peut écrire, de ce qui est normal, ou non, dans une société. J'enlève quand même un demi-point pour le style peut-être un peu trop lourdement chargé en néosyntaxie.

 

Donc au final, 17/20 pour Vurt. Très bonne note, à présent que je viens ici parler de mes lectures quotidiennes plutôt que de celles qui m'ont marqué par leur excellence. Choquant et poétique, voilà une combinaison d'adjectifs pour décrire ce roman et que je trouve être un mélange savoureux pour une lecture hors des sentiers battus. Je finirai par une petite réflexion personnelle: je me suis demandé si cet univers était utopique ou contre-utopique. Ces plumes qui font voyager dans d'autres mondes sont addictives, c'est un fait, et apportent plus d'ennuis que de bonheur aux héros dans ces quelques pages. Mais c'est l'histoire qui veut ça. Si ces plumes existaient vraiment, qu'on connaissait le danger de chacune, ne serions nous pas heureux de nous envoler avec elles, en prenant bien soin d'éviter les satanées plumes jaunes? Moi ça me tente pas mal, cette réalité alternative éphèmère...

Et puis, à la toute fin du roman, après une page laissée blanche, juste une ligne nous accueille au milieu de la page de droite: "... un jeune garçon ôte une plume de sa bouche."

Je ne vois pas le moindre lien entre cette phrase et l'histoire du roman. Alors je l'ai prise pour moi. J'ai terminé Vurt et je me réveille. Les plumes sont une métaphore de nos livres? De nos films, de nos séries, de nos jeux-vidéos et que sais-je encore? Ca se tient. Il ne nous reste plus qu'à chercher attentivement les plumes jaunes et à les éviter comme la peste.

 

Les "plus": univers riche; style plein de couleurs qui contrebalancent les évènements sombres ou tragiques; une floppée de personnagees très réussis; une lecture vraiment dépaysante, au risque de parfois choquer; bon mélange d'action, de "trips" et de sentiments; une fin réussie

 

Les "moins": le style parfois très (trop) déroutant; pas mal d'aspects de l'univers que l'on ne comprend pas tout de suite voire jamais (du moins pas entièrement); une histoire d'amour frère-soeur et une société où les chiens et les humains peuvent se reproduire entre eux qui pourront choquer certains lecteurs

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 01:40

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Retour à la science-fiction avec ce qu'on appelle un classique. On notera avant toute chose que l'on traite ici des deux premiers tomes du cycle "Les Cantos d'Hypérion", qui compte 8 volumes en tout, séparés en 4 paires de livres, ce qui explique la critique de ces deux premiers volumes: ils forment un ensemble à eux deux, "Hypérion", qui sera suivi de "La Chute d'Hypérion", les tomes 3 et 4 de la même saga donc. Je parle ici du découpage de la version française dont je dispose, celle dont la couverture est juste au-dessus.

 

Infos: Hypérion était à l'origine un roman de space opera en un seul volume, publié pour la première fois en 1989 et écrit par l'Américain Dan Simmons. Il devait être assez épais à l'époque, puisqu'ici, séparé en deux volumes pour la version française publiée chez Pocket, ces deux livres s'achèvent respectivement aux pages 296 et 282. À part ça, cet écrit a remporté les prix Hugo et Locus en 1990, et il les mérite bien.

 

Résumé: Cette histoire nous entraîne plusieurs centaines d'années dans le futur de l'humanité. La Terre n'est plus qu'une planète en ruine et inhabitée, ravagée par les guerres et les activités humaines. Fort heureusement, notre espèce a émigré aux quatre coins de l'espace. Un gouvernement mondial appelé l'Hégémonie s'occupe de planifier la colonisation des nouveaux mondes ainsi que la répartition et l'organisation des centaines de milliards d'individus que compte à présent la race humaine. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, ou presque, quand la planète Hypérion, la plus énigmatique des planètes de l'Hégémonie est le théatre d'évènements depuis longtemps redoutés: le gritche, invincible créature de légende dont beaucoup doutent de l'existence, commence à s'en prendre à la population, alors même que les capteurs semblent indiquer que les Tombeaux du Temps, autour desquels il rôde depuis toujours, semblent sur le point d'enfin s'ouvrir. Personne ne sait ce que contiennent ces Tombeaux. La seule certitude, c'est qu'à l'intérieur le temps s'écoule à l'envers et que "quelqu'un" y a enfermé "quelque chose" dans le futur, dans un but inconnu... Et tous ces mystères seront bientôt éclaircis, pour le meilleur ou pour le pire. Ah, et toutes les légendes disent aussi que leur ouverture provoquera, peu ou prou, la fin du monde... Toutefois, les légendes disent aussi qu'un groupe dé pèlerins pourrait bien éviter ce cataclysme. Ces sept pèlerins sont les héros de ce roman.

Information importante: ces deux volumes n'étant qu'une sorte d'introduction à ce cycle, l'histoire ne va en gros pas plus loin que ça. En effet, Hypérion se concentre sur les histoires personnelles de chacun de ces pèlerins, des histoires qui expliquent pourquoi ils ont été choisi pour mener ce pèlerinage (ils sont tous liés au gritch ou aux Tombeaux, d'une façon ou d'une autre).

 

Personnages

Ils sont donc sept à jouer un rôle prépondérant dans cette histoire: un consul, un prêtre, un poète, une détective, un commandant, un templier et un vieil homme accompagné d'un bébé.

Mon système de notation est mis à mal par la forme de ce livre, car chacun de ces personnages est à 80% défini par l'histoire qu'il raconte à ses camarades. Des histoires qui, évidemment, seront notées dans la partie suivante de cette critique... 

On va donc faire dans le succinct: ils sont très réussis. Un peu d'archétypes par-ci par-là (le commandant, à l'esprit militaire très carré, le poète alcoolique et irrévérencieux...) et d'autres ayant simplement tel ou tel caractère pas forcément lié à leur place dans la societé mais s'opposant délicieusement à ceux des autres, souvent pour contrebalancer les membres les plus agités du groupe, en calmant les situations ou, au contraire, en ménaçant ouvertement de leur coller une beigne.

En effet, les moments où les personnages racontent leur histoire aux autres (et au lecteur par la même occasion) alternent avec la progression du pèlerinage, en général sans évènement majeur, mais permettant à tous ces personnages d'intéragir. Il est d'ailleurs bien agréable, pour le lecteur, d'appréhender différemment ces intéractions au cours de l'oeuvre à mesure qu'il en apprend plus sur les personnages: si au début leurs échanges sont ceux de sept parfaits inconnus, petit à petit certains ne le seront plus alors que d'autres le resteront assez longtemps. C'est plutôt une qualité à mentionner pour l'aspect stylistique de l'oeuvre, mais ça rentrait bien dans cette partie. Donc, pour les personnages, 4/5 car un ou deux d'entre eux sont peut-être un peu trop discrets dans le groupe, bien que leurs histoires soient tout aussi passionnantes que celles des autres.

 

Histoire(s)

Voilà une grande réussite. Mini-spoil: seulement six des sept pèlerins racontent leur histoire. Mais toutes les six sont réellement captivantes, l'une d'elles atteignant même le statut de "bouleversante" (et certaines autres s'en approchant), et croyez-moi, je ne suis pas du genre à offrir ce genre d'adjectif à un drame ou une amourette lambda. L'histoire dont je parle pourrait à elle seule occuper un roman entier (celle de Sol Weintraub, pour les curieux). Donc, que du bon.

Ajoutons à cela la trame générale, avec ces Tombeaux envoyant la fin du monde depuis le futur, et cet archange de la mort qu'est le gritche.

Ajoutons à cela une excellente représentation de cette societé humaine du futur: tout y est assez parfaitement pensé, que ce soit la technologie, les religions, l'organisation de cette gigantesque Hégémonie...

Ajoutons à cela la lente apparition de deux antagonistes plus ou moins officiels s'opposant à la race humaine et qui sont, eux aussi, proche de la perfection pour ce genre de space opera: le TechnoCentre composé d'IA créées par les humains, ayant fait sécession mais ayant des rapports cordiaux avec l'humanité (du moins en surface) et les Extros, une race de mutants découlant de l'évolution d'humains ayant quitté l'Hégémonie et, quant à eux, en guerre ouverte avc l'Hégémonie (bien que, ne disposant pas de leur technologie, ils ne la menacent pas vraiment). 

Voilà, tout est très très réussi. Et avec plein de références à la culture de l'Ancienne Terre, c'est à dire aux poètes ou aux penseurs auxquels nous même faisons référence dans la vie de tous les jours. Donc assez logiquement, 5/5 pour l'histoire.

 

Style

Le roman se lit avec beaucoup de plaisir et sans la moindre difficulté, c'est déjà un bon point. Tout coule très naturellement et la lecture n'est jamais ralentie par une hésitation sur un terme ou une question de syntaxe. Et en fait, c'est un exploit compte tenu de la quantité astronomique de néologismes et de vrais termes scientifiques (mais dont le lecteur n'a pas la moindre idée de la signification réelle) dont est parsemée l'oeuvre. Je vous promets, le roman est truffé de listes de termes incompréhensibles qui peuvent faire plus d'une dizaine de lignes et dont on n'a pas la moindre idée de ce à quoi ils renvoient précisément. Néanmoins, on sait plus ou moins de quoi il est question (systèmes de propulsion, de production d'énergie ou que sais-je encore) et au fond on a l'impression que ces termes nous sont parfaitement connus et, en fait, on apprécie vraiment ces listes, qui sont un trait caractéristique du style de l'auteur, car on les lit avec une sorte d'émerveillement: on admire tous ces mots et ces expressions bizarres, mais qui paraissent naturelles, comme si on voyait un feu d'artifice ou un coucher de soleil pour la première fois. C'est vrai quoi, on ne les a jamais lu(e)s avant, et on ne les relira sans doute jamais plus... et comme tout est bien trouvé, eh bien ça émerveille un peu.

J'ajouterais aussi l'agréable alternance entre les histoires de nos personnages, se déroulant bien souvent sur de nombreuses planètes très peuplées et aux décors époustouflants, avec les scènes de huis clos entre nos pèlerins, en général dans des espaces très réduits ou dans des environnements pour le moins hostiles. Les décors et les situations varient grandement et, forcément, le style s'adapte à ces variations, avec beaucoup de maîtrise.

À part ça, les dialogues sont très naturels, comme bien souvent avec les romans que je prends la peine de venir critiquer ici, et il en va de même pour les descriptions. À ceci près que l'univers de ce roman permet aux descriptions, je pense notamment à celles des paysages, d'avoir une diversité presque infinie: les trois-cent planètes colonisées par l'Hégémonie et reliées entre elles par le réseau distrans (en gros, la téléportation de planète à planète, au diable le vitesse de la lumière...) fournissent des cadres allant des plaines arides de Mars aux îles naviguantes d'Alliance Maui (vraiment naviguantes hein, elles sont équipées de voiles et migrent au gré des saisons), en passant par les mégalopoles auxquels on ne peut couper en science-fiction (sans oublier les gigantesques vaisseaux-arbres sillonant l'espace ou le réseau de données du TechnoCentre, façon Matrix.)

Encore une fois, que du bon, saupoudré de très bon, avec un petit arrière-goût d'excellent. 5/5 pour le style. (On notera d'ailleurs que l'auteur s'amuse à faire varier son style, passant par exemple en focalisations interne lorsque Lamia Brawne raconte son histoire alors que ce n'était pas le cas pour les autres personnages. Et ce n'est que l'exemple le plus évident de ce type d'exercice stylistique.)

 

D'un point de vue personnel

J'étais fâché avec les classiques de science-fiction avant cette lecture: j'avais beaucoup aimé le cycle d'Ender, lu il y a une quinzaine d'années, mais dont la relecture ne m'avait vraiment pas absorbé (je ne l'avais pas finie d'ailleurs), puis j'avais entamé Fondation que je n'avais pas aimé, ainsi que Dune, même déception. Autant dire que j'ai parcouru les premières lignes d'Hypérion avec la (stupide) quasi-certitude que je n'aimerais pas. Et puis finalement non, je dois me ranger à l'avis général, c'est un chef d'oeuvre. 

Magnifiquement écrit et magnifiquement pensé (l'Hégémonie est un modèle de societé science-fictionnesque), l'ouvrage touche à tout: l'amour, la poésie, la guerre, la maladie, la trahison, la fin du monde, le voyage dans le temps... Vraiment tout, et servi par une des plumes qui, si elle n'est pas la plus frissonnante qu'il m'ait été donné de lire (clin d'oeil furtif à Alain Damasio) parvient à rendre incroyablement fluide un texte foisonnant de termes complexes, ainsi qu'à s'adapter magnifiquement à cette histoire aux mille et une saveurs, allant de la bataille médiévale à coups d'arcs et de flèches aux pistolets lasers, en passant par la discussion avec des dauphins nostalgiques de l'Ancienne Terre ou par des scènes de désespoir immense. Et n'oublions pas Martin Silenus, notre poète, qui se plaît à clamer quelques vers dès que la situation lui en laisse l'opportunité. Un vrai tour de force. Bref, Hypérion est une oeuvre dont l'essence science-fictionnesque permet surtout une richesse inouie dans les décors, les scènes et les émotions (aidée en cela par le fait que l'oeuvre raconte principalement six histoires différentes, chacune avec ses propres lieux et ses propres personnages, principaux comme secondaires). Un pari ambitieux mais que Dan Simmons mène à bien grâce à une excellente plume qui lui a permis de remporter deux prix pour le moins prestigieux et mérités. Mon plaisir à cette lecture a été de 5/5.

 

Ce qui nous amène à 19/20, une note qu'Hypérion mérite amplement. J'aurais pu baisser un peu la note subjective car j'ai été un peu déçu quand même: je m'attendais à ce que ce premier diptyque ait une sorte de conclusion, et ce n'est pas le cas. Vraiment, ces deux romans se concentrent sur les histoires personnelles des pèlerins, et si vous voulez savoir ce qu'il adviendra du gritche ou des Tombeaux du Temps, il faudra lire la suite. Mais après tout, cette lecture a quand même été un très grand plaisir et on ne peut pas tout avoir: si la trame principale avait avancé, ces six histoires auraient été plus courtes et, franchement, elles sont tellement bien que c'eût été bien dommage.

 

Les "plus": l'univers; les personnages et leurs histoires; le style incroyablement fluide malgré une complexité élevée; l'histoire de Sol Weintraub qui ferait à elle seule un excellent roman; la multitude de scènes et de décors extrèmement variés.

 

Les "moins": un ou deux personnages un peu en deça; on reste sur sa fin niveau trame principale et il est impossible de faire une pause pour lire autre chose avant de reprendre le cycle: on a besoin de savoir ce qu'il se passe après cette fantastique introduction.

 

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 21:13

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Bienvenue dans ce nouveau billet aux inombrables fans de ce blog trucculent ainsi qu'aux autres, visiteurs au goût moins appréciable mais dont il faut saluer la chance de tomber par hasard sur cette merveille... Trêve de flagornerie se voulant amusante, signalons simplement qu'une fois n'est pas coutume, deux critiques sur une même franchise vont se succéder sous vos yeux ébahis. C'est là que je me dis que j'ai bien fait de ne pas créer ce blog avant d'avoir lu les nombreux cycles de fantasy qui ont forgé mon intérêt pour la lecture...

 

Infos: Ascension est le 2ème volume tiré de la trilogie vidéoludique Mass Effect. Il est également l'oeuvre de mon vieil ami Drew MachinChiant, également à l'origine du scénario des jeux vidéos et de quelques autres oeuvres sur Star Wars. Si vous voulez en savoir plus, lisez les infos attenantes à la critique précédente. C'est donc une oeuvre de science-fiction, dont la conclusion est apportée à la 345ème page. Il se déroule un peu moins de 30 ans après son prédécesseur, soit juste après la 1er épisode du jeu-vidéo.

 

Avant-propos: "Tiens, encore une avant-propos" vous dîtes-vous. Eh bien oui, mais beaucoup plus succint que précédemment. La dernière fois je vous avais un peu retranscrit l'Histoire antérieure au roman, amenant les Humains à voyager dans l'espace, ainsi que les espèces extraterrestres rencontrées dans le 1er roman. Allez-y jeter un coup d'oeil si vous l'avez raté, ici je me contenterai de vous décrire une espèce n'apparaissant pas dans "Révélation" mais étant (malheureusement) la seule présente dans cet opus. Prêts? Allons-y Alonzo...

Les quariens: Ils appartiennent à une espèce humanoïde, sont un peu plus petits que les hommes et ont une durée de Noflash tali 200x400vie sensiblement semblable. Quelques 300 ans avant le roman, les Quariens ont créé une super intelligence artificielle, la race synthétique des geths (le masque bizarre que l'on voit en fond de la couverture de ce volume est un geth). Un peu trop super d'ailleurs, puisque celle-ci se rebella et les chassa de leur planète à coups de lasers. Si bien que les quariens vivent à peu près tous dans "la flotte nomade", plus grosse flotte au monde puisqu'elle contient tout un peuple, et vivent de récupération de matériaux qui ne servent plus aux autres, de vaisseaux, de nourriture etc... De vrais nomades de l"Espace (l'idée est assez jolie je trouve). Et il faut noter que les quariens, s'étant exilés de leur planète et vivant dans des vaisseaux asseptisés, ont acquis une sérieuse défaillance en système immunitaire. Si bien que lorsqu'ils sortent d'un de leurs vaisseaux, ils doivent revêtir une combinaison pour s'isoler de toute bactérie, sous peine d'être à peu près sûr de mourir en quelques jours. Et petit à petit, ils prirent l'habitude de n'enlever leurs combinaisons que dans l'initimité (comprenez en couple...), donc on ne sait jamais vraiment à quoi ils ressemblent. Dernière chose, vers 20 ans ils partent de la flotte pour le pélerinage, sorte de rite de passage à l'âge adulte. Ainsi ils voyagent d'un monde à l'autre, découvrent les autres cultures etc... et ne peuvent revenir à la flotte qu'une fois avoir trouvé un cadeau de grande valeur à offrir au capitaine du vaisseau de leur choix qui, s'il l'accepte, prend le petit jeune à son bord et met fin à son pélerinage.

 

Résumé: Nous retrouvons dans cet ouvrage la belle Kahlee Sanders, déjà 1er rôle féminin du tome précédent.  Elle appartient ici à un projet de l'Alliance (humaine) visant à apprendre aux rares enfants humains à posséder des capacités biotiques (en gros de la télékinésie) à se servir de celles-ci. L'histoire s'attachera plus particulièrement à la jeune Gillian, au potentiel biotique démesuré mais souffrant de symptomes rappelant l'autisme. Cette petite fille est placée dans ce projet par le dirigeant d'une secte terroriste pro-humaine, et cela amènera quantités de rebondissements pour le bien de cette petite fille.

 

Personnages

Kahlee évidemment. Elle est cette fois réellement l'héroïne du roman et endosse ce rôle à merveille. Je me souviens avoir critiqué le fait que son caractère ne soit pas assez fouillé dans le premier volume, ici c'est chose faite. Au centre de l'action et n'ayant pas peur de risquer maintes fois sa vie, elle est très réussie, et l'on connait ici les tréfonds de ses pensées, très bien travaillées. Donc du tout bon.

Plein d'autres personnages sont là, ses deux collègues Hendel, chef de la sécurité doté de pouvoirs biotiques, et Jiro, professeur et également petit-ami de Kahlee. Les deux sont très bons.

Le père de Gillian, ancien tueur (non je ne spoil pas, on l'apprend dès le prologue) et accroc au sable rouge (cocaïne du futur). Une personne très perturbée, hésitant entre l'amour qu'il éprouve pour sa fille et son dévouement à la cause de l'organisation terroriste... Un nouveau grand bravo.

Un quarien et un humain sans scrupules, cruels et violents. Hum on pourrait croire qu'ils se ressemblent, mais leurs motivations respectives suffisent à les différencier largement... Et en tant que salopards, ils se posent là.

Plusieurs quariens que croiseront nos héros et qui font plaisir à lire.

L'Homme-Trouble, méchant bien connu de la série de jeux-vidéos Mass Effect. Égal à lui même, c'est à dire rarement présent mais fanatique de la cause qu'il veut mener à bien (c'est lui le dirigeant de l'oganisation terroriste pro-humaine et donc xénophobe), se croyant invincible et ayant des contacts partout... On ne le voit pas beaucoup, mais il reste fidèle à son personnage, et ça fait plaisir de le voir quelques années avant sa rencontre avec Shepard.

Bref... Allez, juste 4.5/5 car, comme vous l'avez sans doute remarqué, aucun personnage n'est turien, krogan ou galarien (et j'aurais pu ajouter butarien, volus, elcor, hanari, vorcha, drell etc....) C'est quand même dommage de se limiter autant...

 

Histoire

Voyons voyons... Première bonne chose, on en apprend pas mal sur la vie dans la flotte nomade, ce qui n'était pas forcément le cas dans les 3 jeux-vidéos. Donc ça, ça fait plaisir.

L'histoire en elle-même de ce livre est intéressante: double-jeu, trahison, fuite, geth-apens (haha), emprisonnement... Et même chez les méchants, on suit parfois une quête parallèle pas inintéressante... Le théâtre des évenements varie aussi, allant de la station spatiale du projet ascension à la flotte nomade, en passant par Omega, astéroïde-planète sans forces de l'ordre... On a droit à beaucoup de choses.

Les personnages évoluent, dans leur relation ou dans leur caractère, puisque la petite Gillian apprendra petit à petit à communiquer avec le monde extérieur.

Quoi d'autre... Ah d'assez nombreuses surprises dans le scénario pour être mentionnées, ce n'est pas toujours le cas. Et puis forcément, encore une fois, on sent que Drew connaît parfaitement cet univers (en même temps il lui a un peu donné vie quand même) et tout est parfaitement cohérent et à sa place.

Malheureusement, on retirera 0.5 pour une histoire encore une fois pas assez épique (dans Mass Effect on sauve toute vie dans l'univers, pas juste une petite fille, mince alors ! ) et 0.5 pour avoir absolument passé sous silence toutes les autres magnifiques races extraterrestres de cette franchise.

Mais 4/5 reste excellent n'est-il pas?

 

Style

M'énerve cette catégorie pour les livres de Drew... Franchement c'est super agréable à lire... et ça fait bizarre de donner une note parfaite à un parfait inconnu, alors que d'habitude je trouve toujours à pinailler sur "telle ou telle phase du récit aurait pu être meilleure etc etc..." Mais là non, c'est fluide, imagé, on vit chaque scène sans avoir à relire la moindre phrase, les dialogues sont naturels, les descriptions pas envahissantes mais permettant de se représenter les lieux et l'action, action elle même parfaitement décrite...  Franchement, soit je suis très bon public, soit ce mec écrit vraiment très bien... 5/5 mais ça me fait mal Drew...

 

D'un point de vue subjectif

Eh bien eh bien.... Une lecture ma foi très agréable... On s'attache aux personnages et à l'intrigue, et le temps passe très vite pendant qu'on lit... Que demander de plus? Qu'on se serve d'autres races que les humains et les quariens ! Non mais c'est vrai quoi, c'est la plus grande richesse de cet univers... Pourtant tout le reste est très bien, vraiment... Alors juste pour ça, (et pour le souffle épique pas vraiment présent), on mettra 4/5... Allez encore une note abusée qui se profile...

 

Conclusion (tiens oui, j'invente une nouvelle rubrique aujourd'hui)

Nous obtenons donc une note de 17.5/20... Mazet, on dirait que j'ai noté un chef d'oeuvre d'Isaac Asimov.... Mais bon, ça reflète la facilité que j'ai eu à lire ce livre et le plaisir que j'y ai pris donc... Après, cette note est peut-être influencée par le culte que je vous quotidiennement à l'univers Mass Effect, mais après tout, le public visé est comme moi donc...

Et puis je comparais à l'instant à la note de premier volume... La grosse différence de notation est sur les personnages, et il faut avouer qu'ici, sans être forcément meilleurs (quoi que...) ils sont bien plus travaillés. Et plus nombreux... Et Kahlee est vraiment une excellente héroïne... Sans parler de Gillian, souvent touchante dans ses réactions... Bref c'est mérité, puisque la différence de note pour les personnages est cohérente.

 

Les +: Super bien écrit; beaucoup de personnages et tous très savoureux (notamment Kahlee); beaucoup de surprises; illustration de la vie des quariens sur la flotte nomade; on retrouve ce bon vieil Homme-Trouble

 

Les -: Que des humains et des quariens; on ne sauve pas le monde

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 21:42

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Salut à toi, camarade lecteur. Aujourd'hui, pas de "nouveaux chemins de la conne essence" (jeu de mot au sujet duquel je me demande chaque fois si quelqu'un d'autre que moi le comprend...) car la dernière critique est trop récente pour avoir laissé le temps à vos collègues de tomber sur ce site par d'improbables recherches googlesques... Mais! Rassurez-vous car de toute façon, aujourd'hui nous aurons droit à une nouveauté, un avant-propos, que j'imagine déjà conséquent... Vous verrez...

 

Infos: Révélation est le premier tome des romans issus de la franchise Mass Effect, jeu de rôle vidéoludique se jouant tout seul dans son coin (par opposition aux jeux comme World Of Warcraft). Ce premier tome est écrit par Drew Karpyshyn (que nous appelerons Drew, plus par commodité que par profonde amitié entre lui et moi) en 2007 et se clôt, dans la présente édition française, à la 379ème page. Pour la petite histoire, Drew a dirigé la scénarisation des jeux vidéos Mass Effect, ainsi que celle de Star Wars: Knights of the Old Republic, franchise sur laquelle il a également exercé sa plume (laser) en écrivant plusieurs romans ayant tous figurés dans la liste des meilleurs ventes du New York Times... Y a pas à dire, Drew je suis fier qu'on soit amis (par commodité).

 

Avant-propos: Nous y voilà. Oui un avant-propos car, soyons clairs, bien que ce roman soit parfaitement accessible à tout être lisant (une haute caste parmi les êtres vivants), il s'adresse en priorité à ceux qui connaissent les jeux vidéos Mass Effect. En effet, j'ai découvert cette trilogie à la sortie du dernier opus (il y a donc 3 mois environ) et ai rapidement engouffré cette merveille... en 100 à 200 heures (je ne peux pas vérifier). Et il me paraît donc important, avant de parler de ce roman, d'aborder l'univers extrèmement riche dans lequel il se déroule, et que j'ai parcouru durant des dizaines d'heures... Comme ça si l'un d'entre vous, chers visiteurs, lit cette critique sans avoir joué au jeu, il prendra peut-être la décision ma foi fort avisée de s'y mettre... après avoir lu ce livre qui se déroule 20 ans avant le premier jeu...

 

Donc Mass Effect... Tout se déroule dans notre futur: en 2156, l'espèce humaine découvre un étrange artefact extraterrestre qui s'avérera être un relais cosmodésique. Après quelques mois d'étude, les Humains apprendront à s'en servir: de très nombreux relais identiques sont placés dans tout l'univers et reliés entre eux par une force mystérieuse. Ainsi, le relais peut-être manipulé pour virtuellement se téléporter (ou plutôt atteindre une vitesse incommensurable)  vers un autre relais situé à des années-lumières du premier. Pratique ! Personnellement, le jour où on ne découvre ne serait-ce qu'un relais urbano-désique permettant de téléporter les métros, je propose une fête nationale mondiale (une fête mondiale quoi...). Bref. Mais un jour, une flotille d'exploration envoyée à un relais quelconque se retrouve attaquée par une véritable flotte extraterrestre. S'ensuivra ce que l'on nommera "la guerre du premier contact", qui ne dura que quelques mois. En effet, les opposants à l'alliance humaine (sombrement appelée l'Alliance, et désignant l'Humanité dans sa globalité) appartenaient à une race appelée les Turiens. Et les Turiens sont une race concillaire, c'est à dire qu'elle obéit aux lois et aux injonctions du "conseil de la Citadelle", centre hiérarchique de toutes les espèces voyageant par les relais cosmodésiques. En effet, comme l'apprendra l'Humanité, de nombreuses races ont découvert ces relais et s'en servent depuis plus ou moins longtemps. Et totues ces races sont relativement en paix, administrées par un Conseil siégeant dans le seul autre artefact prothéen (race disparue il y a 50.000 ans et dont les relais sont l'oeuvre), la Citadelle, sorte d'énorme vaisseau géostationnaire pouvant accueillir une population... supérieure à celle de la France (pour vous donner une idée)

Et toutes ces races, ainsi que leurs histoires respectives et entre-mêlées, sont ce qui fait la richesse de cet univers. je m'en vais donc vous en décrire les plus importantes (en laissant de côté les Humains que, suite à un récent sondage quant aux visiteurs de ce blog, vous êtes nombreux à déjà connaître)Asari

Les Asari: première race à avoir découvert les relais cosmodésiques et la citadelle, environ 2500 ans avant les Humains. Les Asari sont humanoîdes, bleues, et toutes d'apparence féminine (leur reproduction se fait par "fusion spirituelle", entre asari ou avec n'importe quelle autre race, et elles peuvent être considérées comme père ou mère, selon le partenaire). C'est une race profondément pacifiste, et ce sont d'ailleurs elles qui ont fondé le Conseil de la Citadelle, soit un représendant des Asari, des Turiens et des Galariens, formant le triumvirat décisionnel de tout l'univers. On pourrait en dire énormément sur leur longévité (de 1000 ans) alternant trois modes de vie bien définis, sur leur prédisposition aux pouvoirs biotiques (que l'on pourrait rapprocher de la Force dans Star Wars) ou sur leurs castes de combattantes (justicars ou commandos), mais ça serait bien long... Galariens

Les Galariens: seconde espèce à avoir découvert les relais et la Citadelle, et membre du fameux conseil de la Citadelle. Leur espérance de vie est bien moins longue que celle des asaris, puisqu'ils ne vivent qu'une quarantaine d'années. Cela explique peut-être leur verbiage très rapide. Toujours est-il que les Galariens sont sympas. Déjà ils ont une tête sympa, c'est pas tous les jours qu'on croise des extraterrestres dont on a enlevé la tête pour y mettre un gros tétard. Et puis ensuite ils sont passionnés par ce qu'ils font, en général de la recherche scientifique ou de l'espionnage, et en parlent avec euphorisme et éloquence. Et j'aime ce contraste de longévité avec les asaris personnellement, ça me laisse pensif. On ne voit que le membre du Conseil dans ce roman, mais ils restent une race très importante pour l'univers dans son ensemble.Turiens

Les Turiens:  3ème race du Conseil blablabla. Ils ne sont pas la 3ème race à s'être installée sur la Citadelle, mais ils ont été admis comme membres du conseil 200 ans après avoir découvert l'endroit, comme marque de confiance suite à leur résolution d'une crise impliquant les Krogans, dont nous reparlerons ensuite. Les Turiens ne sont pas fondamentalement mauvais. Il ne faut pas leur marcher sur les pieds. Et ils ont la plus grosse flotte spatiale de tout l'espace concilien... Donc il ne faut VRAIMENT pas leur marcher sur les pieds. Physiquement ils sont humanoîdes, un peu un genre de Galarien sur lequel, à la place de l'habituel tétard géant, on aurait fichu une tête mi-faucon mi-gargouille... Un peu impressionnant mais au final c'est pratique, on comprend assez vite qu'il ne vaut mieux pas leur marcher sur les pieds...Krogan

Les Krogans: Voilà une race passionnante. En gros ce sont de gros rhinocéros bipèdes obsédés par la guerre et les combats. Ils furent découverts par les Galariens quelques centaines d'années après que ces derniers aient rejoint la citadelle. A cette époque, une terrible race insectoïde, les Rachnis, avait suivi un vaisseau d'exploration et ravageait de nombreuses planètes. Donc, les tétards trouvent les rhinocéros sur leur planète ravagée par un hiver nucléaire et décident de leur donner quelques rudiments culturels et scientifiques pour les ramener avec eux à travers l'espace, histoire que les rhinocéros écrabouillent les araignées de l'espace pour les tétards espions (c'est d'une clarté limpide non? On dirait un conte des origines...) Et ça marche ! Parfait ! Sauf que les Krogans sont bien content d'avoir quitté leur planète d'origine... qu'ils ont toujours envie de faire la guerre... et que leur vitesse de reproduction est assez folle. Ils se mettent donc à conquérir les planètes alentours, tout en se multipliant à toute vitesse... 100 ans après le début de la "Rébellion Krogane", les Galariens mettent au point un virus génétique, le "génophage" que les Turiens se feront un plaisir de disseminer dans toute la population Krogane, s'octroyant à cette occasion une place au Conseil de la Citadelle. Ce virus limite les naissances Kroganes à 1 pour 1000, ce qui fait que pendant le jeu vidéo Mass Effect (et probablement déjà durant ce roman se déroulant 20 ans auparavant) les Krogans sont en voie d'extinction... Ils sont tolérés comme espèce concilienne car leur force est sans commune mesure, mais ils n'en détestent pas moins toutes les autres races, et principalement les Turiens pour avoir répandu le Génophage. Et sinon, évidemment, ceux qu'on croise sont toujours soldats ou mercenaires (il y a un mercenaire Krogan très important dans ce roman)Butarien

Les Butariens: On ne voit pas beaucoup cette race dans les jeux vidéos (comprenez: le héros ne se fait pas d'allié Butarien), mais ils sont très présents dans ce livre. C'est une race ayant pour origine une planète située à la limite de l'espace contrôlé par le Conseil de la Citadelle. Ils vivent donc leur vie tranquille, colonisant progressivement les planètes alentours qui n'intéressent personne, jusqu'à ce que les Humains arrivent et leur prennent la place (car nous sommes beaucoup plus nombreux). Les Butariens exigent du Conseil que la zone autour de leur planète leur soit réservée, requête rejetée, ce qui entraînera la fermeture de l'ambassade butarienne sur la Citadelle. Ils sont donc un peu reclus, pas vraiment en guerre contre les forces au pouvoir, mais empreints de ressentiment contre le Conseil et encore plus contre les Humains, contre qui ils se battent diplomatiquement et parfois plus militairement, en permettant certains raids de mercenaires sur les colonies humaines. Physiquement heu...on dirait des gars qui ont la nausée et qui doivent se ruiner chez l'opticien s'ils ont besoin de lunettes...

 

Voilà, on a fait le tour des races importantes pour cet univers ou pour ce livre. Donc pour ceux qui n'auraient pas suivi: toutes ces races ont, un jour ou l'autre, découvert le voyage supraluminique grâce à des engins laissés par la race des Prothéens, et vivent sous le contrôle d'un Conseil qui se tient sur un autre artefact Prothéen: la Citadelle, Conseil qui réunit une Asari, un Galarien et un Turien. Avec des ambassades de toutes les autres races tout autour. Il est à noter que les Humains sont les derniers arrivés au moment où ce roman prend place, ce qui explique que les autres espèces se méfient généralement d'eux. Et sinon, mazet, ce que j'aime cet univers...

 

Résumé: Bien bien bien, revenons en territoire connu. Kahlee Sanders est une scientifique de l'Alliance (donc une humaine, suivez un peu!). Elle travaille sur un sujet formellement interdit par le Conseil de la Citadelle (et pourtant sur ordre de l'Alliance, comme quoi les autres espèces ont un peu raison de se méfier des Humains), à savoir les Intelligences Artificielles (sujet interdit car par le passé, une race que je n'ai pas mentionné, les Qariens, ont créé une IA dont ils ont perdu le controle et qui les a chassé de leur planète par la force... Oui oui, cet univers est riche comme Crésus). Seulement quelques jours avant le début du roman, Kahlee s'aperçoit qu'en plus d'avoir l'air de plus en plus bizarre, son supérieur oriente discrètement leurs recherches, passant outre les précautions que l'Alliance leur avaient imposées, y incluant une découverte extraterrestre jamais révélée aux dirigeants de l'Alliance, bref, le projet lui parait vraiment dangereux. Donc elle s'enfuit du laboratoire et de la planète pour dénoncer son supérieur. Seul bémol, quelques heures plus tard, la base est rasée et tous les occupants sont tués dans l'explosion... Elle risque donc fort d'être soupçonnée. Parallèlement, le contre-amiral Anderson, de l'Alliance, reçoit un appel de détresse provenant de la station quelques heures avant son explosion. A son arrivée il trouvera quelques mercenaires Butariens, les cadavres de tous les scientifiques, et une minuterie amenant à la désintégration totale de la base... Comme vous vous en doutez, le roman narrera donc l'enquête pour savoir qui a fait sauter la base et pourquoi, et tournera autour du binôme Kahlee / Anderson.

 

Personnages:

Commençons avec David Anderson, contre-amiral de l'Alliance et l'un des deux héros du récit. Je le cite avant la jeune Kahlee, non par manque de galanterie mais pour signaler une chose importante: c'est LE Anderson du jeu vidéo Mass Effect, et ça fait plaisir. Dans le jeu, il est le supérieur direct et l'ami du personnage incarné par le joueur. On découvre ici son passé, et notamment l'histoire dont il nous parlera souvent dans le jeu, mettant en scène lui et Saren. Donc, Anderson... Il est bien. Vous en voulez encore? Il est le héros dans sa plus simple définition: courage sans faille, volonté de sauver les innocents, assez intelligent pour ne pas se faire berner par les mensonges qui lui sont servis... Et en même temps, l'histoire prend place pendant sa procédure de divorce, et on peut donc aussi voir un aspect plus "humain" du fier soldat dont il prend le rôle auprès des autres. Et ses doutes, rares et vite oubliés, sont bien retranscrits, tout comme l'évolution de la faàon dont il considère sa compagne d'infortune durant cette aventure.

Cette compagne d'infortune alias Kahlee Sanders. Elle, on la croise dans Mass Effect 3, où elle nous dit un truc comme "Et passez mes amitiés à Anderson, ça fait longtemps..." Rhoo c'est mignon. Et sinon... Elle est plutôt agréable à suivre aussi, pas de vrai défaut ennuyeux pendant la lecture. Elle est relativement courageuse (elle craquera un moment mais Anderson la ramènera à elle), elle a un fort caractère, cachera des informations à tout le monde pendant très longtemps, se révelera bien utile dans l'action...Oh allez, disons qu'elle aurait pu avoir un carcatère encore un peu plus trempé, mais vraiment, c'est pour être pointilleux.

Hum hum... Maintenant, Saren ! LE méchant de Mass Effect 1 héhé... Qui ici n'est pas LE méchant... C'est UN méchant, qui bosse avec les gentils, surprenant non? En fait c'est un Spectre, la milice archi secrète prenant ses ordres directement du Conseil de la Citadelle (c'est à dire des trois politiciens dont je parlais plus tôt) et qui officiellement a le droit de faire ce qui lui chante pour accomplir sa mission à bien... Et ce qui chante à Saren, en gros, c'est torturer et tuer les autres, tant que ça peut l'amener plus près de son but... qui ici est le même que celui d'Anderson, à savoir trouver les responsables du massacre du laboratoire... Donc il oeuvre dans le même sens que nos héros mais seul (les Spectres travailles toujours seuls) et en usant de moyens bien différents... En plus il hait viscéralement tous les Humains (officiellement car son frère est mort pendant la Guerre du 1er Contact). Mais bref, il est vraiment vraiment bien retranscrit, fidèle à son personnage du jeu vidéo, violent, cruel, mais dévoué à sa cause.... Pouce en l'air pour Saren !

Dernier que nous décrirons ici, Skarr, mercenaire Krogan engagé par le commanditaire pour faire taire Kahlee. Souvenez-vous, les Krogans ce sont les rhinocéros sanguinaires dont je vous parlais plus tôt... Plus de 2 mètres, plus de 200 kilos, une peau façon granit breton... Eh bien lui, c'est carrément une "foudre de guerre", l'élite de ces guerriers, l'un des très rares Krogans à disposer de pouvoirs biotiques: en gros, vous lui avez laché 3 obus et 25 chargeurs de mitrailleuse dans la tête pour fendiller son armure et lui faire lâcher ses 14 armes à feu, il tend le bras vers vous, et vous volez en arrière et apportez une touche de déco personnelle au mur situé derrière vous... Bref, l'un des meilleurs mercenaires de cet univers (engagé par l'un des hommes les plus riches). Et donc... il est sympa aussi, on sent bien son expérience et son expertise du mercenariat: ses plans n'ont pas de faille et, si les héros n'étaient pas des héros, ce mercenaire aurait réussi bien vite sa mission.

Voilà, à ceux-ci s'ajoutent notamment le commanditaire ou l'ambassadrice Humaine à la Citadelle, bien aussi mais moins présents... Toujours est-il... 3.5/5 pour les personnages, car ils sont tous très bien mais sans plus (pas de réel super personnage) et Anderson aurait mérité un sidekick (un jeune militaire qui l'aide à résoudre tout ça). Oui je suis sévère....

 

Histoire:

Ca va aller vite.... La ligne directrice n'est pas énorme: on cherche le commanditaire de l'assaut du labo, on essaye d'échapper à un chasseur de primes, on protège la petite scientifique contre ceux qui veulent sa peau... C'est cohérent et pas parfaitement chiant, on a hâte de connaître la suite, mais ça manque de surprises scénaristiques.

Par contre, là où on est servis, c'est sur les situations qui nous sont offertes: Anderson qui s'introduit dans le labo au début avec 3 autres militaires, irruption d'une foudre de guerre krogane là ou s'est réfugiée Kahlee, course-poursuite en blindé dans le désert, intrusion furtive dans le repère du commenditaire, le tout avec quelques savoureuses scènes de diplomatie entre l'ambassadrice humaine et le Conseil de la Citadelle...

Sachant que cet univers est aussi l'oeuvre de Drew, je pense que sa richesse, ajoutée à ce que je viens de dire sur le roman en lui-même, valent à Révélation la note de 4/5 pour l'aspect scénaristique.

 

Style:

Eh bien pour le coup je n'ai pas été déçu. Je ne lis presque jamais d'adaptation (de séries, jeux vidéos, films...), car je pense que pour vraiment rendre une belle oeuvre, travailler son style au mieux, il faut quelque part que l'univers naisse en nous. Et si on engage un écrivain pour adapter d'un média quelconque vers le livre, cette personne va raconter une histoire qui peut être excellente, mais j'ai toujours peur qu'il ne conçoive pas ce qui est important dans un uivers (ça c'est pour l'histoire) ou qu'il ne cherche pas à s'approcher d'une certaine perfection dans chaque mot, pour "rendre hommage" à l'oeuvre originale, en l'occurence "écrire un roman aussi bien qu'un des trois épisodes de Mass Effect". Et là, pas de problème puisque Drew est écrivain mais aussi scénariste de l'univers d'origine... Donc pour l'histoire il est resté cohérent à l'univers, et pour le style, il a vraiment montré qu'il était écrivain... et à l'origine du jeu: j'en veux pour preuve chaque magnifique description de chaque nouvelle espèce rencontrée, chacune d'elle m'a subjugué par la justesse des mots ou l'ordre d'apparition de chaque détail... La "beauté éthérée" des Asaris ou la bestialité des Krogans... Je les avais en tête, je les voyais, mais je ne pensais pas pareil d'en faire des descriptions si fidèles et si belles d'un point de vue littéraire. A coté de ça, l'écriture est fluide, les dialogues justes... Mini-bémol à certaines phases de dialogue rapide qui auraient pu contenir des phrases plus brèves mais c'est pour pinailler car... ça reste moins bien que Neil Gaiman il me semble... 4.5/5 quand même.

 

D'un point de vue personnel:

Je me répète mais j'ai été agréablement surpris. J'ai tenté le coup avec un peu de réticence pour le coté adaptation, et je me suis laissé emporter par le plaisir de retrouver cet univers que j'adore et de découvrir le passé d'Anderson que l'on rencontre souvent dans le jeu. Ce livre est un ajout dont la franchise Mass Effect peut s'enorgueillir et dans ma bouche ce n'est pas un petit complément puisque la saga Mass Effect est sans doute celle que j'ai préféré dans ma vie de joueur. Je me dois quand même un bémol encore une fois: bien que l'âme de Mass Effect (sa richesse et la beauté de ses races principalement) soient respectées comme il faut, il manque un coté épique... un coté "Anderson sauve le monde". Là il est plutot chargé de sauver une jeune scientifique et d'enquêter sur un attentat... ca reste une noble cause et on apprécie de suivre son déroulement, mais tout de même, Mass Effect tourne tellement autour de quelque chose de plus grand... Espérons que cette dimension épique viendra avec les prochains volumes et, si le reste est toujours aussi agréable à lire, j'accorderai un point de plus. Pour l'instant, 4/5

 

Et voilà, faisons les comptes, nous avons 16/20. Vraiment mon barême est trop bien, je ne juge jamais en fonction de la note finale et pourtant cette dernière me convient toujours. Ici, nous avons une note moyenne dans le sens où, selon votre appréciation du jeu vidéo d'origine allant de "je ne connais pas" à "je suis archi fan", la note doit s'étaler de 14 à 18. Donc voilà à vous de voir où vous vous situez... moi c'était plutôt 17, mais ça aurait été porté par mon adoration pour cet univers.

 

Les +: l'univers, en plus d'être bien, est bien retrasnscrit, et nous offre des descriptions exceptionelles de ces races que j'aime tant; le passé commun d'Anderson et Saren enfin révélé; une excellente écriture, que ce soit dans les scènes de combat ou de diplomatie; Saren, un salopard qui cherche la même chose que les héros

 

Les -: l'histoire aux proportions moins épiques qu'on aurait pu s'y attendre; manque d'un coéquipier fidèle aux cotés de Anderson; Kahlee est parfois un peu trop discrète

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 18:14

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Rebonjour. Encore une fois, ça faisait quelques temps... Soyons brefs,  pour une fois je vous épargne les nombreuses raisons de cette pause. Avant d'entrer dans le vif du sujet, rions un peu en voyant comment certains ont atteri sur ce blog. Profitons-en, car je ne pense pas pouvoir faire beaucoup d'humour dans cette chronique...

 

Les nouveaux chemins de la conne essence (aka: sont arrivés sur ce blog, des gens ayant tapé dans leur moteur de recherche):

_ "il y a des sorciers de dieu comme mission de le destin": je voudrais m'en inspirer pour souligner qu'il y a "des fautes de français comme raison de le instinct"... Et franchement, même sur le fond, ça se vaut...

_ "j'aime cette transparence ce neant qui force a l'imagination": Heu... Si ça force à l'imagination je l'aime bien aussi héhé

_ "le magicien plagiat du seigneur des anneaux": ce n'est pas drôle, c'est juste pour m'inscrire en faux. "Le magicien" (premier tome des chroniques de Krondor) n'ont rien d'un plagiat du Seigneur des Anneaux. Je pourrais en écrire 3 pages, mais j'en ai déjà écrit 6 ou 7 dans le billet sur ce cycle.

 

Infos: L'âge de diamant est un roman de science-fiction ciselé par Neal Stephenson et publié pour la première fois en 1995. Il a remporté les prix Hugo et Locus en 1996 et s'étend sur 636 pages dans la version française dont vous avez eu à l'instant la chance d'observer l'intriguante couverture.

 

Résumé: Bon déjà, on est dans le futur. Autres planètes, nouvelles nanotechnologies, moyens de transport farfelus, tout y passe. Quant à l'histoire... Bigre, on suit énormément de personnages, donc difficile de faire un résumé convaincant. Pour faire simple (et biaiser beaucoup d'éléments), on dira qu'on suit Nell, une petite fille issue des quartiers pauvres. Son paternel n'est plus, sa mère n'est pas du tout aimante et ramène souvent au domicile familial quelque petit ami alcoolique et violent qui ne font pas de la jeunesse de Nell on océan de bonheur. Elle finit donc par fuguer accompagnée de son grand frère Harv (lui a une douzaine d'année, elle une dizaine), parcourt quelques temps les rues avant de se faire "adopter" par un ancien militaire plein de bons sentiments. Soulignons un élément primordial de ce roman: un livre très perfectionné et accompagnant Nell à chaque étape de sa vie. Dans ce monde, les livres et les journaux sont plutôt hors-du-commun, affichant des images ou jouant des sons, enfin bref, des sortes d'iPad jetables. Hors, celui que Harv vole et ramène à Nell au tout début du roman est un prototype de pointe: développé en secret par les meilleurs ingénieurs spécialisés, il est à l'origine destiné à la fille de la Reine.

 

Personnages:

Ils sont trop nombreux pour tous les citer. En premier lieu, nous avons évidemment Nell. Petite fille maligne qui très rapidement ne vit plus que pour son "livre magique". Elle est très appréciable, attendrissante et forte, bref pour une héroine c'est du tout bon. Son frère est moins présent après le premier quart du roman, mais il n'est pas désagréable non plus: c'est l'antithèse de sa soeur, plutôt genre petite frappe mais au grand coeur, car s'il n'agit au mépris des lois ce n'est que pour protéger et apporter à sa soeur ce dont elle a besoin.

À ceux-ci s'ajoutent... trop de personnages! Mais quand même, mention spéciale à Mr Hackworth, ingénieur en chef responsable de la création du Livre. Ce méchant garçon a voulu que sa fille, Fiona, profite également des bienfaits pédagogiques de ce petit bijou et en a donc fait une copie... que Harv lui a volé sans savoir ce que c'était. Personnellement je n'aimais pas ce personnage au début, il est faible, très soumis à l'autorité et quand il prend une décision en général j'aurais choisi l'exact inverse. Mais quand même... au fur et à mesure de la lecture, on se rend compte que subreptiscement "l'âge de diamant" souligne de nombreux travers de notre societé moderne ou du caractère de nos contemporains. Et au final, Hackworth devient une illustration intéressante desdéfauts sus-cités, et sans l'aimer, on finit par s'intéresser grandement à ses erreurs et errements.

Ce qui me fait penser à un autre personnag ecaptivant, à savoir le juge Fang. Homme âgé et adepte de la pensée confucéenne, dont il nous apprendra d'ailleurs certains rudiments, il est parfaitement cynique sur l'appareil judiciaire auquel il appartient. Fondamentalement, il veut rendre La Justice, Sa Justice, et pas celle relativement corrompue et inégalitaire dont se rend généralement coupable son institution. Encore une réflexion sur la Justice que l'on pourrait rapprocher de notre monde, mais nous y reviendrons.

Et pour finir, car ils méritent d'être cités ici, Miranda, la "voix" du Livre (on y revient aussi, et dans quelques lignes), mère de substitution de Nell, le grand-père de la princesse à qui était destiné le Livre (et donc les discussions, notamment avec Hackworth sont très profondes sur l'éducation), la princesse justement, ainsi que la fille de Hackworth, toutes deux détentrices d'un Manuel identique à celui de Nell et camarades de classe de Nell alors âgée d'environ 15 ans (oui, le monde est petit...) ou le Docteur X, hacker, spécialiste de technologie de pointe, leader d'une communauté assez proche d'une secte et qui travaillera en collaboration avec le juge Fang (quand je vous dis que le juge a une vision personnelle de la fonction de juge...)

Donc ils sont très nombreux, très différents, très travaillés, très... réussis! Bref, donnons 5/5 au roman pour ses personnages et tirons un très sur ce sujet d'étude pour passer à l'histoire et voir si elle est... très pidante !

 

Histoire:

Ici nous aurons deux aspects sur lesquels nous pencher. Commençons par ce Livre extrèmement important et expliquons son fonctionnement: il raconte à Nell une histoire qui se personnalise en fonction de sa vie et des questions qu'elle lui pose. Par exemple, quand elle est toute petite elle a 3 ou 4 peluches (Peter, Mr Canard, Dinosaure et Mauve, de mémoire), eh bien son livre lui racontera les aventures de la princesse Nell et de ses 4 amis aux mêmes noms. Et quand je dis que le Livre raconte... Disons plutôt que le Livre crée et que Miranda raconte. Miranda est ractrice, un acteur virtuel en quelque sorte. En général les racteurs vivent des aventures en 3D dans des salles de spectacle dédiées à ce passe-temps, souvent des aventures érotiques, mais Miranda un jour est au hasard assignée à faire la lecture à la petite Nell et toutes deux apprécient grandement cette collaboration (sans pouvoir connaître l'identité de l'autre), et Miranda se débrouillera donc pour travailler aux heures où Nell utilise généralement son livre. Elle sera émue par l'histoire de la petite fille (elle fera d'ailleurs tout son possible pour provoquer sa fugue) et deviendra pour elle une sorte de figure maternelle. Quant à ce que raconte le livre, en général il s'agit d'énigmes de plus en plus complexes, liées aux problèmes que connaît Nell dans le monde réel, et qui demanderont à Nell de s'y reprendre plusieurs fois pour les résoudre. Accessoirement, à chaque fois que Nell ne comprend pas un mot, elle demande au Livre qui lui explique ou lui fait comprendre seule la signification de tel mot ou de tel objet. Il est à noter que chaque passage du Livre vécu par Nell fait l'objet d'un chapitre à part entière, où l'on ne nous dit pas "le Livre commença en racontant comment la princesse Nell retrouva Mr Canard près du lac" mais "la princesse Nell approchait du lac en se demandant où se trouvait Mr Canard". En gros, on lit la même chose que Nell entend Miranda lui conter. Et ces chapitres sont excellents, on en reparle dans le style (que de teasings dans ce billet ! ). Bon et pour clore la partie "Livre", il est évident que c'est une réfléxion générale sur l'éducation des enfants, la façon de leur faire apprendre en s'amusant, en leur fournissant des "lectures plaisirs" comme on dit, etc etc... D'ailleurs, le grand-père de la princesse (Lord Alexander Chung-Sik Finkle-McGraw, j'avais envie de le citer...) l'a commandé car il n'a aucune confiance en l'éducation très disciplinaire et exempte d'amusement auquel il sait les hautes castes assujeties. Et sur la fin (attention, petit spoil), le juge et le Dr X mettront à profit ce mode d'apprentissage qui ne requiert aucun personnel en fournissant des copies du Manuel à des milliers de petites chinoises orphelines amassées sur un bateau et sans moyen d'apprendre... et ce avec un beau succès. Donc pour tout ceci, mettons 2.5/2.5 au Manuel d'Education en lui-même.

Reste le reste ! (cette phrase fait ma fierté par son inutilité et sa cohérence à ce moment...) C'est à dire l'univers en lui-même, chose très importante dans un livre de science-fiction, et l'intrigue . En ce qui concerne l'univers, il est des plus réussis. Le monde est très centré sur la civilisation chinoise (d'où le confucianisme, à la base d'une très importante communauté), ce qui est cohérent pour notre futur, et est divisé en "tribus" appelées ici phyles. Chaque phyle est cantonnée à un territoire plus ou moins grand et bien placé, selon son importance, et suit ses propres principes (les lois sont différentes dans chaque phyle par exemple). Très important dans la societé, ce communautarisme n'est pas énormément mis en jeu dans le récit, ou du moins son importance n'est pas très prononcé... Il n'y a pas de faux pas réel, mais disons que ce n'est pas un atout de cet lecture. À côté de ça nous avons évidemment l'aspect technologique de cet univers. Eh bien là c'est à moitié réussi. Les éléments importants pour l'histoire, comme les "chevalines" (sorte de moto-cheval dépliable que l'on peut transporter à une main et que l'on voit sur la couverture un peu plus haut) ou la nanotechnologie, permettant de tout fabriquer, des vêtements à de la nourriture, dans des synthétiseurs, ou porteurs d'informations sont parfaitement décrites et utilisées. À côté de ça, on a tous les petits détails, expliqués en 3 ou 4 lignes et qui n'ont pas d'importance dans la suite du récit... Et c'est là que le bât blesse puisque bien souvent on ne comprend pas ces courtes descriptions, mettant en jeu plusieurs notions scientifiques non-abordées etc etc... Ce n'est pas très préjudiciable, puisque l'on ne revoit pas ces innovations dans la suite, mais quand même, ce n'est pas agréable.Et quid de l'intrigue donc? Hum autre impression mitigée, puisque pendant 90% du roman on ne voit aucune intrigue. On suit la petite Nell, qui a des soucis, apprend des choses, s'en sort, grandit, trouvé un métier... On suit quelques malversations, quelques complots, quelques arrangements, les malheurs de l'ingénieur Hackworth... Mais on ne voit aucun lien entre tous les évènements et on n'en voit pas une finalité précise (en général quand on lit un bouquin de littérature de l'imaginaire, il y a toujours un truc à sauver à la fin, non? Le monde, la planète, le héros ou ses amis etc etc...) Là on a juste l'impression de suivre les aléas de la vie de nombreux personnages, qui parfois se recoupent, mais pas pour longtemps etc etc... Et ces anecdotes, si elles ne sont pas désintéressantes du tout, ne sont tout de même pas... très pidantes. On s'y intéresse plus parce qu'on en apprécie beaucoup les acteurs que parce qu'on veut en connaître l'aboutissement.

Donc seulement 1/2.5 pour le reste, et donc 3.5/5 pour l'histoire, ce qui reste bien... pour un roman sans intrigue. (je plaisante...)

 

Style:

Un bon point de ce roman. Les dialogues paraissent très naturels, alternant solennel et respectueux et language des rues avec brio.

Des descriptions visuelles d'une grande qualité, vraiment fluides et parlantes.

Un point vraiment à souligner: le changement de style dans les chapitres décrivant la vie de Nell lorsqu'elle est enfant (donc les "contes de la princesse Nell mais aussi le quotidien de la petite Nell): l'auteur change de ton et emploie un language beaucoup plus enfantin, dans les longueurs de phrase, dans les notions abordées ou dans les mots choisis. Je ne vois pas forcément la signification de cette variation (si ce n'est souligner que ces évenements sont vécus et compris par une enfant) mais j'apprécie de manière générale quand le style varie dans un roman.)

Ca c'étaient les très bons points. Il en reste deux moyens:

le côté technologique, parfois parfaitement maitrisé, parfois totalement incompréhensible (comme expliqué plus tôt)

l'humour extrèmement rare et pourtant si drôle chaque fois qu'il apparaît... Un peu d'humour n'est pas un pré-requis pour qu'un roman soit bon, mais quand les touches d'humour sont si délectables, on regrette qu'elles se fassent extrèmement rares...

Enfin, l'un dans l'autre on a quand même un très bon 4/5 qui se dégage de cette oeuvre au niveau stylistique.

 

D'un point de vue subjectif:

Cette lecture est-elle plaisante? Oui. Pour les personnages foisonnants et très réussis, et pour le style qui rend leurs aventures intéressantes.

Mais ces aventures sont-elles vraiment captivantes? Non, comme dit, il n'y a pas de fil conducteur, pas de but ultime vers lequel on sait s'acheminer jusqu'à la fin.

Mais peut-être que cette fin apporte une conclusion inattendue mais néanmoins réussie? Tout à fait. Tout s'accélère dans les... 50 ou 100 dernières pages, et oui, il se passe des trucs, oui il y a de l'action, avec Nell au beau milieu, et oui il y a quelque part une vraie fin, un évènement qui aura des répercussions sur ce monde (c'est simplement dommage que l'auteur n'ait pas fait monter le suspense pendant tout le roman)

Autre chose? Clairement ! C'est un livre très très riche. Qui aborde quantité d'aspects de la societé, de l'éducation des enfants aux justices à deux vitesses, mais en passant aussi par le communautarsime, la différence de conditions de vie entre les élites et la population, la suppléance de l'agriculture par la nanotechnologie, les risques de dérives terroristes que peuvent entraîner toutes ces modifications de la societé et j'en passe... Je pense vraiment que chaque lecteur peut y trouver une énorme quantité de messages, ou au moins de descriptions de ce que pourrait être notre futur et en tirer lui même ses conclusions sur ce qui serait profitable ou non à ntore societé... En fait on réfléchit beaucoup, et sur beaucoup de choses, à la fin de ce récit.

Donc pour résumer... Personnages géniaux, récit trainant en longueur sur le milieu mais repartant de plus belle sur les 100 dernières pages, et surtout apportant énormément de réflexions diverses et variées.

Donc subjectivement 4/5 parce que même si on s'ennuie au milieu, on en ressort en ne regrettant pas le temps passé à engloutir les 636 pages.

 

Ce qui au final nous donne 16.5/20, note qui me paraît encore une fois retranscrire tout à fait mon appréciation de cet ouvrage. Et ce qui est intéressant c'est de voir comme une fin réussie peut faire toute la différence... Je sais que je le relirai un jour, peut-être avec encore plus de plaisir car je chercherai dans les passages peu intéressants quelque référence à l'action et à la conclusion à venir dans les 100 dernières pages qui sont vraiment exceptionnelles et justifient à elles seules de lire ce livre. Dommage que tout ne soit pas aussi trépidant que cette conclusion, j'aurais fait monter ce livre en pendentif pour me l'arborer fièrement dans le métro et répandre la bonne parole (moui, je trouvais que cette critique manquait d'humour absurde...)

 

Les +: TOUS les personnages sont excellents; le style est bon, tant dans les descriptions que dans les dialogues; l'univers tient la route et donne envie de rester plongé dans cette lecture même si il ne s'y passe pas forcément grand chose; le métier de racteur (les réalités virtuelles assez délirantes); le Manuel et les aventures de la "princesse Nell", dont j'ai l'impression de n'avoir pas assez souligné la qualité, mais ces chapitres sont sans conteste mes préférés et sont vraiment géniaux; les extrèmement rares touches d'humour absurde, parfois vraiment hillarantes; tous le smessages sociétaux portés par cet univers et ces personnages; une fin captivante

 

Les -: les chapitres hors-Manuel du milieu du livre sont parfois peu intéressants; même quand ils sont intéressants, ils ne sont pas reliés entre eux (chacun vit sa petite vie de son côté) et n'ont presque jamais d'importance longue durée (les intrigues se résolvent rapidement et ne reviennent plus); quelques descrptions technologiques sans importance et surtout très complexes; une fois fini, on se dit que le milieu aurait pu être allégé d'une centaine de pages inutiles et ennuyeuses.... et que la fin aurait DU être prolongée de 200 pages, primordiales et passionnantes.

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 22:13

la-horde-du-contrevent.jpg

 

Les membres du jury rédigent-ils une critique pour expliquer pourquoi telle oeuvre a reçu le prix Goncourt? J'en sais rien, mais de toute façon, même s'ils le font, aucune chance que leurs critiques ne valent la mienne pour justifier ce 20/20 ! Si un coin de ma mémoire, ou de mon vif, n'avait pas gardé le souvenir des sensations éprouvées en lisant la Horde du Contrevent, les chroniques de Krondor auraient peut-être eu 20/20... mais ayant lu cette merveille, je ne pouvais permettre à un autre ouvrage de décrocher pareille note avant lui. C'est ce petit résidu de souvenir aussi qui m'a poussé à attendre de relire la Horde pour la critiquer, pour lui offrir la meilleure critique possible, alors même que j'en ai envie depuis le 1er janvier 2011, date de création de ce blog. J'ai lu quelque part qu'une critique de ce livre était ardue... force est de constater qu'elle l'est, la quantité d'aspects à exprimer, souligner, ou rapidement citer, si l'on ne veut pas en écrire autant que l'oeuvre d'origine est un combat.

Je sais déjà que je n'en serais pas pleinement satisfait, de cette critique, la Horde méritera toujours plus... d'heures de rédaction, de relectures, peut-être 10 pages de plus? Manuscrites et sans réécriture, pour que vous discerniez chaque sentier emprunté? Bref je ne pourrais jamais assez rendre hommage à ce chef-d'oeuvre, je dois être amoureux... mais vous avez de la chance, la Horde et moi on est plutôt libérés, donc si vous voulez aboder ses pages, goûter à ses mots ou simplement effleurer sa couverture après avoir lu ma critique, je serais heureux de vous avoir présentés... Mais attention la Horde n'est pas une oeuvre facile, elle ne se termine pas le premier soir, on y reviendra... Mais si la séduction est réciproque, elle vous sera fidèle jusqu'à ce que la 9ème forme du vent vous sépare...

Ca va être l'heure de commencer... j'ai fini cette relecture vers 14H, je n'ai pas osé en commencer la rédaction de tout l'après-midi... trop de choses à dire... trop envie de ne pas me rater.... mais attendre plus serait passer à côté de la critique à chaud que je recherchais... Il est 2h02 du matin, je viens de terminer mon bol de café, et je me sens prêt. à entrer... dans le vif du sujet. Et ne vous en faites pas, après relecture, je ne spoil pas cette oeuvre, du moins rien de ce qui importe vraiment.

 

 

Résumé: Imaginez un sentier de 5000 kilomètres de largeur. A droite et à gauche, des étendues de glace infranchissables. Et sur ce large sentier, un vent furieux, de 6 formes connues, classées selon leur puissance. Ce vent rend la vie très difficile, les tornades les tempêtes, les cyclones ravagent régulièrement chaque ville qui peut y être construite. Ce vent souffle toujours dans le même sens. A son arrivée, la ville d'Aberlaas, l'extrème-aval du vent. En extrème-amont? On ne sait pas, le vent gagne en puissance et en dangerosité à mesure qu'on tente de s'en approcher, si bien qu'on n'y est jamais arrivé. Que ferions-nous sur cette planète? Sans doute la même chose que dans le roman: essayer par tous les moyens d'atteindre cet extrème-amont en s'accrochant à l'espoir d'y trouver quelque chose d'utile.... un moyen de l'arrêter, une origine concrète, un autre monde.... Oui mais comment? En formant à chaque génération un groupe d'élite chargé de remonter l'écoulement de ce vent à travers plaines, mers et montagnes, s'endurcissant depuis Aberlaas et jusqu'où leurs os pourront les porter, consignant leur périple pour aider les hordes suivantes s'ils échouent comme leurs prédécesseurs. Et voilà, nous suivons la 34ème Horde, qui porte les espoirs de toute une planète... les espoirs accumulés de 8 siècles de contre inabouti... Entraînés dans différents domaines depuis l'âge de 4 ans, sélectionnés chacun parmi une dizaine de candidats... et de l'espoir il y'en a sur les épaules de ces hordiers: ils ont maintenant une 40aine d'années, approchent du point le plus en amont jamais foulé, et ont 3 ans d'avance sur la Horde la plus rapide avant leur épopée. Ils sont 23, menés par le plus puissant leader qu'une Horde n'ait jamais eu. Traceur, c'est comme ça qu'on appelle son rôle de meneur, de tireur, de tracteur. Une brute appelée Golgoth, le 9ème et dernier de la plus grande lignée de Traceur que ce monde ait connu. Et si il y'en a un qui peut ramener une carte postale de cet extrème-amont, c'est bien lui.

 

Infos: Epopée de science-fiction de 521 pages, écrite par Alain Damasio, parue en 2004 et ayant reçu le Grand Prix de l'Imaginaire 2006. 3 caractéristiques à noter, et sur lesquelles nous reviendrons: chaque membre de la Horde devient narrateur, se passant le flambeau de paragraphe en paragraphe, chacun de ces paragraphes étant précédé d'un signe indiquant quel personnage devient conteur. Ensuite, la version grand format est accompagnée d'un CD de bande originale de 20 titres composés par Arno Alyvan, que vous pouvez d'ailleurs retrouver en partie sur son site link Pour finir, ce n'est pas primordial, mais sachez que les pages sont numérotées de 521 à 0. Celà est expliqué par le contenu, mais surtout c'est surprenant et représente bien (ainsi que les 2 précédentes caractéristiques citées) l'essence parfaitement hors du commun de cet ouvrage qui repousse les limites de la littérature, dans la forme même. Et dans le fond aussi pendant que j'y suis. J'ai lu cet après-midi que quelqu'un qualifiait ce livre de "conte philosophique". Je suis parfaitement d'accord et même très heureux d'avoir enfin trouvé un terme qui me plaise pour décrire son aspect métaphysique.

 

Personnages:

Hé bien... l'un des axes de ce livre est le lien. Liens entre les êtres, les concepts, le vent, la vitesse et tout ce qui compose ce monde.... Et force est de constater que le lien qui unit chaque hordier avec ses compagnons, fait de la Horde en elle même le plus important personnage du livre. Sûrement pour cela qu'avant même de penser en ces termes, je trouvais inconcevable de ne pas parler de chaque hordier, méritant tout autant sa place ici qu'un autre (en 30 ans de contre, chacun a bien dû être primordial un jour ou l'aure, si ce n'est tous les jours pour beaucoup d'entre eux), et puis si vous n'avez pas lu le livre, vous entr-apercevrez le quotidien et le fonctionnement de cette Horde, et pour les autres, ça vous rappelera des bons souvenirs. En plus le vrai bon point, c'est qu'on apprend à les connaître jusqu'à la fin, si bien qu'une fois le livre terminé, on aimerait le recommencer, pour revoir leus dires (ils sont tous,au moins une fois, narrateur, je vous le rappelle), hé bien si je fais bien mon boulot, il me suffira de relire ma critique avant ma prochaine relecture pour relire le début d'un oeil neuf.. Allez, en route pour 23 personnages (avec leur symbole, et dans l'ordre dans lequel l'auteur nous les présente, sur le rabat, permettant d'apprendre rapidement le symbole de chacun lors de la première lecture)... et puis tiens, je vais essayer après la description de de catégoriser chacun en un seul mot... ca vient de me passer par la tête, c'est sûrment stupide car je risque bien de réfléchir 5/10 minutes sur certains, mais ça m'amuse, j'aime les challenges... D'ailleurs vous pouvez commenter si vous trouvez un de ces mots très mal choisis.

Ω Golgoth, traceur: le meneur, celui sans qui la Horde ne serait jamais parvenue aussi loin qu'elle ira. C'est une brute sans émotion, pour qui la seule et unique chose qui compte c'est d'avancer, de contrer. C'est lui qui a le style le plus repérable, à base de néologisme, d'argot (d'ici comme de là-bas), d'insultes, de vulgarté crûe... Il n'a d'état d'âme pour rien: il a un rôle, c'est celui le plus important de cette planète, et il entend bien le remplir, de bout en bout, de la façon qu'il veut et qu'il ordonne, et malheur à qui lui cherche des poux dans la crête. En un mot... argne.

π Pietro Della Rocca, prince: une tradition de toutes ces hordes, accueillir un noble, représentant les hautes castes et chargé officiellement de la diplomatie et des relations avec les abrités (aka "villageois") ou les fréoles (aka "nomades aéroportés") que la Horde peut rencontrer. En ce qui concerne celui-ci c'est un homme d'une grande bonté d'âme, peut-être celui le plus attaché à aider les autres, hordiers ou non. C'est aussi celui qui aidera le plus la Horde en elle même, en résolvant les conflits internes par son charisme, son bon sens, et la confiance qu'il accorde aux autres et que les autres lui accordent. Ce sens de la diplomatie interne, ainsi que sa volonté inébranlable à contrer aux ordres de Golgoth, lui vaudra le plus grand respect que le Golgoth accordera à un hordier, même si leurs caractères sont totalement opposés et qu'ils soient loin d'être amis... plutôt l'une des représentations les plus exactes de "frères ennemis" matîné d'un côté "frères d'armes".. "Frères d'armes ennemis"? Peut-être. En un mot... confiance.

) Sov Strochnis, scribe: le premier à adresser la parole aux lecteurs. C'est lui qui consige les années de contre de la Horde, leurs faits et gestes et les manifestations du vent qu'ils croisent. En plus pour contrer les vents, il est souvent en 2eme ligne, juste derrière Golgoth. Si la Horde n'était pas l'unique héros de ce livre, ce serait sans doute lui.. enfin non, Golgoth est plus héroïque, mais il serait le personnage principal. C'est lui qui s'exprime le plus souvent, et est le plus lié à chacun des hordiers, jusqu'à la fin, dont, pour le coup, il est le véritable héros (comprendra qui pourra... nooooon je spoil pas ! Sérieux jfais gaffe). Par lui passe une compréhension parcellaire du vent, la description justifiée des agissements de tout un chacun, mais aussi, et surtout, les sentiments, allant de la peur (comme beaucoup) à la révolte et au courage, mais surtout l'amitié (c'est l'un des seuls à se reconnaître un meilleur ami et à y revenir de nombreuses fois) et l'amour (du coup de foudre magnifique pour une fréole rencontrée dans un "bateau volant", à un amour enfoui, qui prendra 30 ans et 500 pages à se révéler pleinement pour une hordière. En un mot... le tout.

¿´ Caracole, troubadour: Ce n'est pas un hordier formé à Aberlaas. Il a rejoint la Horde, croisée sur un navire fréole, au bout de 25 ans de contre. Que dire de Caracole... il n'est pas humain. Il n'a peur de rien, n'en fait souvent qu'à sa tête, tourne tout en dérision... et quand il est sérieux, attendez vous à entendre une grande Vérité. Il est devenu nécessaire à cette Horde, il est le seul à la faire rire chaque jour, à la distraire en narrant de nouveaux contes autour du feu... à connaître un futur probable de la Horde apercu dans un des flashs dont il dit aux autres qu'il ne s'explique pas lui même. C'est le fameux meilleur ami de Sov, parce qu'il est drôle et léger, et aussi parce que Sov est avide de savoirs et que Caracole semble en savoir beaucoup, par on ne sait quel miracle. Sûrement le personnage préféré de beaucoup, moi en premier... au final pour nous qui ne vivons pas dans ce monde et dans cette lutte incessante et mortelle contre le vent, sa légereté, par rapport à la morgue de beaucoup, nous le fait paraître comme le plus humain... le plus proche des abrités que nous sommes, entendez-moi bien. Son style est le seul avec celui de Golgoth à etre identifié tout de suite: il parle par énigmes, par questions, truffées de néologismes aussi, mais contrairement à Golgoth le troubadour fait dans la poésie, et dans le jeu de mots... voire dans la philosophie... Bref il touche à tout, et particulièreent bien. En un mot... fluide.

Δ Erg Machaon, combattant-protecteur: Un autre cas à part... Il a été formé pour protéger la Horde contre tout ce qui pourrait la menacer, et en premier lieu la Poursuite, organisée par de sombres instances politiques désirant stopper la course de la Horde. C'est un surhomme. Il est invincible. Plusieurs styles de combattants existent, certains attaquent plus par l'esprit, par le vif, dont je n'ai pas encore parlé, mais celui-ci s'est focalisé sur le combat physique: il a toujours un sac contenant un parapente dans son dos, et quand la situation le requiert il prend les airs, enclenche les hélices qu'il a aux pieds ou aux coudes et peut vous rétamer une troupe de 50 Chuck Norris armés en... 20 secondes (vraiment), à coup d'arbaméca, de boos, de boomerangs ou simplement de ses poings. Dans le combat aérien, forme ultime du combat physique par son exploitation des 3 dimensions que l'on connaît, il est le plus puissant de cette planète, mais ne possédant aucune vraie capacité plus "psychique", ou si peu d'après lui, il complexe trop et doute de lui même. Il est à part dans la Horde car il est toujours aux aguets d'une attaque et parle très rarement quand il ne s'agit pas de sauver la vie de ses compagnons, tâche à laquelle il s'emploira plusieurs fois au cours du roman, enchaînant des ordres simples, courts et directs, pas de place pour la paraphrase dans son rôle. Ce côté direct et franc, aucun blabla, le rapproche de Golgoth, avec qui il est assez proche (si tant est que ces deux là puissent être proches de qui que ce soit). En un mot... la foudre.

¬ Talweg Arcippé, géomaître: un expert de la terre, des roches, du sable que le vent leur envoie au visage, bref du monde minéral en général. Son rôle a peu d'importance dans la tranche de vie qui nous est racontée, donc il n'y a pas grand chose à en dire, mais il est probable que son importance fût bien plus grande au début du contre. Il ne joue pas non plus de rôle important dans la vie quotidienne de la Horde, ne s'opposant pas d'un avis tranché contre une décision et n'y découvrant pas l'amour (bien que comme tous les autres, il lui arrive de... relâcher la tension de la journée avec l'une ou l'autre des hordières, l'espace de quelques heures). En un mot... le suiveur.

> Firost de Toroge, pilier: Firost, un pilier... un réel athlète dont la fonction est de se placer à l'avant des formations de contre, pour remonter le vent avec les rafales au corps, protégeant ses camarades derrière lui (il est en 2ème ligne, la premiere comportant Golgoth seul). Un peu comme Talweg, il ne ressort pas dans les actes de ce livre. Mais il est là. Il est toujours là. Chaque fois qu'on a besoin de muscles, il est là. Il n'a jamais failli à sa mission, et son indifférence (relative) au danger fait qu'il est en général d'accord avec Golgoth sans avoir besoin de se forcer, ce qui fait de lui l'un des meilleurs amis de Golgoth... Il est carré. En un mot.... pilier. Ok c'est aussi son rôle mais ça lui va bien, on lui demanderait "hey le pilier, un mot pour te décrire?" il répondrait sûrement sérieusement "Heu...  pilier ! " et il aurait raison. Il est toujours là dans la Horde, depuis sa formation, et il la soutient, sans la décorer ou l'enjoliver. C'est son rôle et il s'y astreint.

^ Tourse, l'autoursier, oiselier-chasseur: il apprivoise les autours, une sorte d'oiseaux, pour chasser de la nourriture. Contrairement à son collègue le fauconnier, il travaille plus sur l'entente, presque la communion avec son animal, que sur le dressage à proprement parler. C'est un homme bon, à l'avis éclairé. Il est un peu transparant au début, mais prendra de l'importance par la suite et deviendra bien agréable, par ses prises de positions sensées. En un mot... apprivoiser.

´, Steppe Phorehys, fleuron: spécialiste du monde végétal, tant pour la nourriture que pour la médication, mais aussi pour déduire des plantes présentes le type de vent ayant soufflé dans une région donnée. En plus d'être un spécialiste des plantes, il en est presque une. Ayant approché d'un peu trop près un chrone, entité de vent chaotiques aux pouvoirs très variés, il se végétalise (en effet il a frôlé un chrone ayant ce pouvoir). Rien de bien grave, mais tout de même... Et il est l'homme ayant la plus longue relation amoureuse au seins de la Horde, avec la cueilleuse (comme par hasard....). Leur histoire est vraiment émouvante par moment, éphémères instants de bonheur dans un livre qui en aurait manqué sans cela. Et il est très respecté par chacun aussi puisque, comme Pietro mais à une moindre mesure, il s'attarde sur les malheurs de tous (et il est bon dans son domaine). En un mot.... bourgeon (et là je me tape un bel éclat de rire...)

)- Arval Redhamaj, éclaireur: on le surnomme la Lueur. C'est lui qui part devant, seul, pour trouver le chemin général le plus propice au contre, voir si il y a un abri en bord de route, ou si le terrain cache quelque chose de dangereux ou bon à prendre (même si c'est Golgoth qui décide du chemin exact, la Trace, en suivant la trame générale d'Arval). Il est donc très rarement avec le groupe mais tout le monde l'adore, même Golgoth: parce qu'il fait du bon boulot déjà (comme tous remarquez, ils n'ont pas été choisis pour rien) et aussi parce que quand il revient de son raid en éclaireur, il raconte ce qu'il a vu avec d'autres mots... des animaux, des couleurs, pour décrire le relief et les escarpements... On nous le dit sans nous y faire gooûter plus d'une fois ou deux, mais les hordiers apprécient beaucoup cela, c'est la seule source régulière d'amusement, avec les folies du troubadour. En un mot... décalage.

ˇּ Darbon, le fauconnier, oiselier-chasseur: l'autre dresseur de la Horde. Lui il dresse vraiment ses faucons, ce sont des animaux, il lui obéissent au doigt et à l'oeil, habitués au système de récompenses et punitions. Il est assez discret et se fera même sombre de jalousie par la suite lorsque les autours, au vol très différent (a ras de terre) de celui des faucons se montreront bien plus utile que ses oiseaux. Il se sentira inutile... En un mot... limites.

Horst et Karst Dubka, ailiers: 2 jumeaux. 2 mastodontes. Les ailiers sont de chaque coté de la formation de contre et veillent, par leur puissance, à protéger l'intérieur. Ils sont... simples. Ils parlent, comprennent, savent lire... mais n'ont aucun avis, sont toujours très heureux, seulement d'être ensemble et de participer au contre de la légendaire Horde du Contrevent. Et quand je dis qu'ils parlent... presque uniquement entre eux, et pas plus de deux phrases de suite. Ils sont attachants car ils ont le coeur sur le main, veulent faire le bien et aident autant qu'ils peuvent... Un peu comme Firost, ils ont les muscles, et la volonté nécessaire pour faire le boulot. En un mot... copains

χ Oroshi Melicerte, aéromaîtresse: premier personnage féminin, et sûrement dans le trio des plus irremplaçables de la Horde, avec Golgoth et Erg. C'est la spécialiste du vent, mais pas au sens ou nous l'entendons: sur ce monde le vent est à l'origine de tout, est lié à tout et peut tout expliquer: les chrones sont faits de vent, les vifs sont une boucle de vent que chacun porte en soi et qui peut être visualisée (par très peu), sentie, ou perdurer après la mort, les éléments eux mêmes sont tous dérivés du vent (et j'en passe). Oroshi est celle qui en sait le plus sur le vent, et donc sur tout. C'est elle qui comprend le mieux ce qu'ils rencontrent et l'explique aux autres. Elle ne sait malheureusement pas tout, et apprendra tout au long du livre, par réflexion, rencontre ou études dans une bibliothèque. C'est le sujet de l'amour qui prendra 30 années à s'épanouir chez Sov (et chez elle). C'est un personnage primordial et attachant, car l'une des seules qui ose s'opposer à certains choix de Golgoth en s'appuyant sur ses connaissances. Elle est très proche de toutes les femmes de la Horde puisqu'elles ont été élevées ensemble et qu'elle est comme une grande soeur pour elles. En un mot.... soif

(.) Alme Capys, soigneuse: la toubib. Les hordiers qui l'aiment la surnomme Maman, car elle les materne quand ils sont blessés ou malades. Golgoth la déteste car elle est d'un naturel méfiant, voire peureux, et ose exprimer ses craintes face à Golgoth. Il précise aussi qu'elle est laide, ce qui n'est infirmé nulle part, mais un début de relation se crée avec l'artisan du bois, donc elle n'est pas barbue non plus. Plutôt discrète au début, elle finit par exploser contre Golgoth, qui réagira plutôt mal (bah il la balance juste d'une tour... et dans l'eau qui plus est, pour Golgoth, c'est juste une réaction un peu vive...) et gardera contre lui une rancune très tenace. Rares sont les hordiers qui avouent l'aimer, mais vers la fin il semblerait que beaucoup cachaient leur affection, peut-être pour ne pas déplaire a Golgoth. En un mot... frileuse.

<> Aoi Nan, cueilleuse et sourcière: La chère et tendre du fleuron Steppe donc. Dans la Horde chargée de la cueillette, la cuisine, et, surtout, trouver les sources d'eau, ce pourquoi elle se débrouille admirablement bien. Toute la douceur du monde la petite Aoi. D'ailleurs on la surnomme Petite Source, c'est-i pas mignon? Bon c'est pas Golgoth qui lui a trouvé hein, je vous confirme. Plus bavarde que Steppe (dans le livre), c'est elle qui porte cette histoire d'amour au lecteur, de fort belle manère, toujours à penser à Steppe, le chercher dans les moments dangereux, nous le décrire avec des mots choisis, partager leur intimité de tendresse et sensualité, sans jamais aller au seuil de ce qui leur est privé.... non vraiment, à lire cette belle histoire, on se dit que si Damasio voudrait écrire des saloperies de roman d'amour, il se débrouillerait peut-être (pardon, mon coté Golgoth se réveille). A la base moi c'est pas ce qui m'intéresse le plus quand je lis, mais le reste est tellement dense, en action, en violence, et en réflexions qu'on garde un très bon souvenir du couple qui nous amène dans une autre sphère de l'humain, le temps d'un paragraphe. En un mot... fraîche.

Larco Scarsa, braconnier du ciel: haa Larco. Un peu tête de turc, mais gentiment, on le moque mais c'est parce qu'on sait qu'il oubliera bien vite. Il est braconnier du ciel: il envoie des cages en osier en l'air, tenant le fil auquel elle est accrochée, pour pêcher, dans le ciel, des méduses volantes, histoire de casser la croute. Avant, il était troubadour (ou simple conteur?), mais l'arrivée de Caracole a changé la donne, alors il s'est reconverti. Caracole qui d'ailleurs attire les regard enflammés de la belle Coriolis (incorporée 3 ans avant le début du roman), au grand dam de Larco. Mais Larco est quelqu'un de bien: Caracole lui a pris son rôle, l'éclipse aux yeux de celle qu'il convoite, et pourtant il ne lui en veut pas, il l'aime, il le trouve drôle. Il est comme çà le Larco. Et en tant qu'ancien amuseur, il peut faire preuve d'esprit de temps en temps, pas vraiment au sein de la Horde, mais pour le lecteur: il est le seul qui nous fait parfois rire de façon normale dans ses paragraphes, sans que ce soit par un tour de passe-passe comme Caracole: il est surtout en général cynique, souvent se plaignant de ses propres malheurs, mais qu'importe, ça reste dans la normalité. En un mot... éclipsé.

Léarch, artisan du métal: tout est dans le titre: il travaille le métal pour fabriquer des boos, des harnais, des outils.... On ne le voit jamais travailler, et assez peu parler. En réalité il est bien bati aussi, comme Firost, et est souvent placé en 3eme ligne au moins du contre. Ce n'est pas un pilier à proprement parler, mais dans l'histoire qui nous est racontée, il se sert plus de ses musles que de ses capacités d'artisans, ou de sa voix. En un mot... silence.

~ Callirhoé Déicoon, feuleuse: Callirhoéca la feuleuse, ma préférée.... Elle imite le cri des tigres pour éloigner les vilains chrones.... Haha vous m'avez cru bande d'abritus... la feuleuse est chargée de faire le feu tous les soirs: sous la pluie, la neige, au milieu de la mer, elle doit faire du feu, ou elle pointe au porde-emploi. Ma préférée lors de ma première lecture c'était Oroshi, cette fois c'est la feuleuse: une très belle femme, aux cheveux couleur de flamme, et au caractère vraiment affirmé. Elle souhaite quitte la Horde, suite à un coup dur, physique et (senti)mental, et j'avoue que c'est peut-être le chapitre qui m'a le plus ému. Mais quand elle ne s'énerve pas (soit 90% du temps) elle est adorable. Et elle a clairement le plus beau nom de la Horde non? Callirhoé... moi j'adore. En un mot... consumer.

Boscavo Silamphre, artisan du bois: le monsieur fabrique les boos, les boomerangs, divers objets dont ils ont besoin de temps en temps ou des intruments de musique. C'est lui le musicien d'ailleurs. Il n'est pas très important pour l'histoire, mais a la meilleure oreille du groupe (ce qui s'avere plusiurs fois utile) et, plus généralement, pour lui tout est lié au son. Si on observe attentivement, presque toutes les fois ou il nous parle, il fait référence au son, et pour lui l'extrème-amont contient un orchaostre qui joue pour créer le vent (chaque hordier en a sa propre vision, plus ou moins poétique, parfois inspirée par un ancien conte de Caracole, dont c'est le sujet de dissertation préféré). Ce n'est pas primordial, mais cette mise en relation de tout ce qu'il croise avec le son est une vision assez rafraîchissante et souvent poétique. On apprend vers la fin que lui et Alme, la soigneuse, s'apprécient, ajoutant encore une fois un peu d'humanité dans ce groupe ma foi plutôt dur. En un mot... écho.

Coriolis, croc: membre le plus jeune de la Horde. Elle a environ 25 ans, et a été recruté dans un village 3 ans avant le début du roman. C'est un croc, ça veut dire qu'elle se trouve à l'arrière du pack de contre, protégée en partie du vent, et qu'elle a pour mission de transporter un chariot contenant du matériel. Elle est décrite comme très belle, peut-être parce qu'elle a 15 ans de moins que les autres, mais ce n'est jamais remis en cause, donc on peut supposer qu'elle est vraiment si ravissante qu'on nous la présente. Elle est rafraîchissante aussi par sa naïveté et le fait qu'elle ne soit pas blasée par 30 ans de routine Comme dit plus tôt, Larco, braconnier du ciel, la trouve vraiment à son goût alors qu'elle, au début du moins, ne voit que Caracole, troubadour, toute fascinée qu'elle est par sa folie, son étrangeté, et sa façon de jouer avec les mots (étrangeté qui est d'ailleurs ce qui lui plaît de manière générale dans le monde). En un mot... neuve.

Sveziest, croc: même boulot. On ne connaît pas trop Sveziest... je vais devoir spoiler, mais sinon vous ne comprendriez pas... Si on ne le connait pas trop, c'est parce que c'est le premier à mourir... Hey les gars, vous pensiez vraiment que 8 siècles de horde se sont rétamées pour aller en extrème-amont, et que celle-ci allait y arriver, et en plus sans aucune perte? Bah vous avez perdu. Donc Sveziest est le premier à mourir, et malheureusement pas le dernier. Donc on n'a pas forcémenent le temps de le connaître, on sait juste qu'il avait commencé une histoire forte avec Callirhoé la feuleuse, 3 mois avant sa mort (c'est d'ailleurs la mort de Sveziest qui est le coup dur mental qui frappe la flamméomaitresse), preuve que ce devait être un type bien, car Callirhoé ne s'enticherait pas de n'importe qui. En un mot.... ephémère.

]] Barbak, croc: même boulot. Barbak est encore plus... moins... brillant que les frères Dubka. Quand il parle, la phrase est rarement constituée de sujet-verbe-complément, rarement de plus de 3 mots, et il ne parle pas, ou presque, aux membres de la Horde. Comme les autres ne misant pas sur leur cerveau, il est très généreux, dévoué à ses camarades et à sa tâche et d'une force nécessaire au contre. Je pense que c'est le plus colossal des hordiers, sans être le plus fort, mais il ne laisse pas sa part au chien, niveau muscles. En un mot... force.

Et voilà, j'y suis arrivé... Ca m'a pris diablement plus de temps que prévu, j'en suis à bientôt 5H d'écriture (avec de nombreuses pauses mais quand même...) Donc je vais m'arrêter là pour ce... matin?

Je précise quand même que la Horde croisera quelques autres personnes, le coup de foudre de Sov, le maître du Combattant-protecteur Erg ou d'anciens hordiers ayant du s'arrêter (les parents de certains hordiers de la 34ème), mais ce sont ces 23 là qui font le livre, qui écrivent l'histoire, qui tracent la ligne directrice. Je voulais, stupidement, tous les énumérer pour leur rendre hommage... mais en fait il est évident que c'est à l'auteur que je rends hommage, à sa capacité à inventer de si nombreux personnages aux caractères différents, à les faire vivre ensemble, à créer des tensions et les résoudre et à faire évoluer chacun d'eux, que ce soit l'autoursier qui prend confiance en lui, Sov et Oroshi qui finissent par se résoudre à un amour qu'ils ont ignoré de nombreuses années, ou Coriolis qui trouve au début Oroshi pédante et prétentieuse pour, au final, se lier fortement à elle, et l'admirer comme tous quand elle aura compris que tout ce savoir qu'elle étale ce n'est pas par vantardise mais parce que c'est son rôle, qu'elle a été formée pour et que cela est fait pour sauver la vie de chacun des hordiers. Très honnêtement ce panthéon est génial, que ce soit par certains personnages géniaux en eux mêmes ou d'autres, plus effacés mais dans le fond tout aussi indispensables, comme dans la vraie vie. Il est sûrement impossible d'imaginer la richesse de cette famille sans avoir lu le livre, moi-même avant de l'avoir lu je n'aurais pas imaginé qu'il soit possible d'inventer un groupe pareil, de 23 personnes affrontant une nature chaotique 24 heures sur 24, toujours ensemble, depuis 30 ans, et de le le rendre si concret, si réel, si vivant.... si parfait. Je pourrais encore en parler quelques heures, ou quelques pages, mais il est vraiment temps de se reposer un peu. J'y reviendrais peut-être demain, mais dans tous les cas dans ce domaine, la note est de.... (vous y pensiez même plus hein?) 5/5 surpriiise! J'espere que les prochaines notes seront moins bonnes ou la note risque d'être abusée...

 

Histoire:

Haaaa enfin, on passe au subjectif, à ce que je pense vraiment, à ce que j'organise moi-même... Ne vous attendez pas à ce que ce soit plus court, mais au moins je choisirais l'agencement... mais la partie personnages devait forcément être comme ça, c'était le futur le plus probable, Caracole me l'avait dit....

Donc l'histoire.... on va faire ça en 3 parties... ce qui relève du métaphysique, ce qui touche au monde en lui même, et pour finir les péripétie de nos héros... Je précise que ce roman est un patchwork de métaphores, sur notre societé, nos croyances, notre essence même... Toutes plus pertinentes les unes que les autres, essayez donc de trouver les votres dans cette cette critique de ce que nous offre l'auteur dans le fond.

Donc pour commencer, quelques petites choses sur ce qui est...  métaphysique, parce qu'au plus tôt j'en parlerais, au plus tôt vous pourrez lire cette critique en la comprenant à peu près, car il y a beaucoup de concepts importants et plutôt saugrenus... Donc le vent... A l'origine du vent, fût la vitesse, concept existant avant même l'existence du monde. Puis le vent créa à peu près tout dans ce monde, en décélérant, en formant des boucles... Le vent possède 9 formes d'après les calculs, dépendant en grande partie de sa vitesse. Les 6 premières sont les seules qui ressemblent à notre vent normal, par ordre de puissance. La 7ème est une forme solide, décélérée à l'extrème (je résume, en fait c'est super complexe). Les deux dernières sont plus... spirituelles, et parfaitement inconnues en début d'ouvrage. La 8ème est appelée vif, et nous y reviendrons incessement, la 9ème correspond à une forme de mort, ou plutôt de dispersion du vif de chacun, ou plutôt de confrontation avec nos peurs les plus profondes et personnelles (quand je vous dis qu'il faut s'accrocher...). Le vif donc... C'est une boucle de vent, chacun le possède, et cette boucle a une forme, une couleur, une vitese diférente, selon sa personnalité. Il est dit par un personnage que ce n'est pas vraiment l'âme, puisqu'il existe vraiment, ce n'est pas un concept, mais je citerais l'auteur en disant que c'est "l'âme active". Le vif peut être ressenti, parfois même vu, par quelques rares personnes sur-entrainées. Certains vifs de personnes mortes s'imbriquent dans un vivant, faisant de lui un porteur de 2 vifs, lui donnant des regains de courage, de folie, de volonté. Le vif est une force, il correspond à l'intime force d'action de chacun, et la renforce. Bref c'est compliqué (c'était l'introduction, on y reviendra). Quant à la 9ème forme, c'est en quelque sorte son némésis... Pour faire simple, si le vif est produit par ce qu'il y a de meilleur en chacun, et permet de le réaliser excellement, la 9ème forme correspond à son inverse, à son abscence, à sa disparition, peur enfouie de perdre ce qui nous fait vivre, et donc à la mort (là j'invente un peu je crois, mais ça reste plausible... en fait c'est tellement compliqué même pour les personnages les plus aerudits, que certains pourraient me dire que j'ai tout compris, et d'autres que je n'y suis pas du tout...). Et pour finir, les chrones. Du vent, compacté dans des espaces de la taille d'un salon ou d'un jardin, voire plus (un parking?), avec une forme bien définie et visible (on peut y entrer et en sortir, mais c'est risqué) recouverte de glyphes colorés. Ils sont nombreux, souvent dangereux, et possèdent des pouvoirs multiples, de celui végétalisant Steppe, à d'autres absorbant toute lumière ou tout son alentour. Certains sont même vivants, voire (pour un cas précis) conscients. A ceci s'ajoute un lien vent/temps, qui fait par exemple que certains aerudits, combattants ou chrones ont des pouvoirs sur le temps, permettant de vieillir moins vite, de se battre dans un espace-temps différent etc....

Le monde... voilà qui est plus concret. C'est très bien décrit, les paysages varient pas mal, mais les plus routiniers pour nos hordiers sont en général désertiques, et on le ressent très bien. C'et incroyable mais on a vraiment bien souvent l'image, de désert rouge, soufflé par le vent, animé par le sable, et porteur de touches herbacées dansantes.... Au niveau de la societé, c'est bien trouvé, puisqu en gros il existe les "abrités", habitant dans divers villages plus ou moins grands que l'on croise, et sujets au risque de se faire raser si un furvent, 6ème forme du vent, se déclenche. A coté de cela, les fréoles, peuple nomade, vivant dans de gigantesque bâtiments volants, aux vies bien plus agréables que les abrités. On ressent cela comme une analogie à nos societés, aux conditions de vie bien différentes, si l'on se trouve en haut ou en bas de l'échelle. Métaphore reprise par la plus grande cité qui nous est donnée à voir, Alticcio, formée de très grandes tours ou habitent l'élite, voyageant entre elles par vélivélo, admirant le paysage, tandis qu'au sol se trouvent les pauvres racleurs, qui écument une cuvette ravagée par le vent, pour ramasser tout ce qui permet à l'élite de vivre tranquilement en haut et pour juguler le vent violent qui y souffle, dans des conditions très dures, tout en rêvant follement d'un jour monter dans l'échelle sociale et se retrouver dans les tours. Bref c'est cohérent, pas une fausse note sur ce monde, que l'on ne cotoie finalement pas tant que ça puisque notre horde est bien souvent livrée à elle-même, mais ça aide à l'immersion, une erreur ici aurait pû être fatale, une telle réussite est prodigieuse.

Et finissons par les péripéties, qui sont vraiment l'un des plaisirs de cette lecture (plaisirs qui sont nombreux, on en a déjà vu pas mal, et ça ne fait que commencer...). On pourrait penser que ça risque de spoiler, mais non, chacune d'elles aboutit à quelque chose de précis que je ne vous dévoilerais pas. Non à la place je vous les cite, et vous explique en quoi chacune de ces parties est excellente, que ce soit par son placement, son originalité, son traitement... il y a toujours au moins une chose qui fait qu'en plus d'être intéressant, chaque passage est porté plus haut par l'un des nombreux talents de l'auteur. L'incipit par exemple: on commence, dès la première ligne, par une épique scène de déferlement du furvent (le vent soufflant le plus fort, une tornade si vous voulez), le 3 ou 4ème pour la plupart des hordiers, le premier pour certains. Ca donne le ton direct, on ne connait aucun des 23 personnages, ils narrent chacun après les autres, et autour d'un déchaînement de la nature peu descriptible et mettant leur vie en jeu... Ca fait peur, mais on se laisse vite prendre au jeu, on comprend que le bouquin a un gros potentiel, mais qu'on va devoir éviter de réfléchir à la liste des courses en le lisant. Ensuite, petite escale dans le plus moderne navire fréole, le Physalis: grande fête, coup de foudre; on est rassurés, tout le roman n'est pas fait que de vent-en-gueule. Suit une scène de combat mémorable contre un poursuiveur surpuissant, où Erg nous montre que s'il est le combattant-protecteur ce n'est pas par hasard, et surtout pas pour défendre nos hordiers contre une éventuelle meute de loups... occasion d'ailleurs de comprendre à quel point ce concept de vent est complexe, avec l'apparition du vif pour le lecteur (ou peu s'en faut). Ensuite... le chemin de la Horde croise la flaque de Lapsane... plus qu'une flaque c'est une petite mer, avec quelques rares îlots (émergés par intermittance), qui leur prendra plusieurs mois à traverser à la nage, dans les pires soufrances qui soient (et le tout en croisant un chone du genre super-mortel et centenaire, un syphon et bien d'autres choses....). Bref bien joué, on se rend compte que leur voyage face à ce vent, et le nôtre puisqu'on fait déjà partie de la Horde depuis quelques 200 pages, ne se résume pas à une bête randonnée.. On s'en doutait, mais on découvre que les idées de l'auteur sont pour le moment fantastiques. A noter que la flaque peut être contournée, mais que cela leur ferait perdre beaucoup de temps, et surtout l'intérêt du contre, c'est de développer la résistance physique à un niveau surhumain et que cette flaque en est une bonne occasion... même si plusieurs Hordes y ont disparu par le passé, et que celles qui l'ont traversée ont toutes perdu de nombreux membres... bref... Arrivée à Alticcio, cool une grande ville, très bien décrite au passage.. Notre Horde s'embroulle avec le dirigeant, qui décide de leur fermer le passage, sauf s'ils réussissent 3 épreuves... dont une mémorable, où l'auteur nous démontre qu'il n'utilise pas la langue de façon juste succulente, mais réellement parfaite: notre troubadour doit affronter l'orateur local dans une arène, à travers 3 épreuves, dont un dialogue en palyndromes (le plus incroyable, je n'aurais jamais cru qu'on puisse réellement créer un palyndrôme dialogué aussi long...), puis un monovoyelle en"o" et un dialogue avec répétition syllabique ("fou" puis "car"). Juste la plus longue et majestueuse séquence de jeu sur la langue que j'ai pû lire (et la seule aussi, dont je me souvienne en tout cas). C'est là, qu'on se rend compte que ce livre est définitivement... plus qu'un livre. Notre horde repart et affronte le dernier obstacle majeur, celui qui a bloqué la dernière Horde (et d'autres?), Norska, là où la terre devient glace, ou plutôt 7ème forme du vent, où il faut escalader de lisses parois de glace à 60°, encore et toujours balayées par un vent incessant. Grand moment aussi, puisque certains hordiers croisent leurs parents (qu'ils n'ont pas revu depuis leurs 4 ans mais qu'ils ont espérés toute leur vie) au pied de ces pics jamais franchis. Grand moment aussi parce qu'on sait que ce sera le plus dur, et que l'on se rapproche de la fin.... Je ne vous en dis pas plus, car il reste bien 100 pages pour la fin... comme ça vous êtes un peu comme les hordiers vous savez ce à quoi vous avez affaire jusqu'à Norska, la suite reste la grande aventure. Ajoutons à celà de nombreux évenements de moindre importance, comme lorsqu'ils croisent des chrones (à commencer par le chapitre où ils rencontrent un chrone inoffensif qui, quand on entre dedans, montre aux autres notre vif, "ce que l'on est vraiment", en lieu et place de son propre corps... ou plutot "ce que l'on est vraiment pour l'autre" puisque tous ne voient pas la même chose pour un même hordier qui y entre. Un chapitre mémorable, que j'avais pourtant oublié entre mes lectures), une fontaine bizarre dont tout le monde se souviendra (nan nan, je ne boirais pas d'ton eau... oui je suis supertstitieux, ça suffit...), ou la visite de la plus fournie bibliothèque sur le vent, à Alticcio, par nos 3 personnages les plus instruits (Caracole, Oroshi et Sov pour ceux qui voudraient s'en rappeler), le tout sous l'égide du maître officieux des lieux, le frères, au moins centenaire, du maître du combattant-protecteur... moment très mystérieux, mais savoureux... Breeeeef, on ne s'ennuie jamais, les situations sont toujours différentes, tout en gardant une même ligne directrice (ouais, la Trace, ducon), toujours surprenantes, toujours grandioses, toujours épiques (non je n'exagère pas... d'ailleurs je n'ai jamais exagéré depuis le début de la critique c'est bien ce qui est affolant...), toujours prenantes... Quant aux petits riens du quotidien, ils sont tout aussi bien, plutôt du genre magiques, envoutants... et le tout dans un monde solide, et porté par des concepts métaphysiques qui valent le détour... Voila, j'ai le droit de mettre 5/5 ca y est.

 

Le style:

Commençons par le commencement... Le style est dur a suivre (d'où le "ce n'est pas une oeuvre facile" de l'intro): alternance de métaphysique et de physique pure et dure, monde inconnu, plein de choses qui n'existent pas dans le notre, de mots qui n'existaient pas, abscence d'entrée en matière progressive, des symboles à apprendre pour savoir qui écrit chaque paragraphe, sans compter d'apprendre quel nom correspond à quelle fonction, un personnage totalement hors du temps et du monde, qui parle par énigmes et 3 jeux de mots à décrypter par ligne, un autre qui connaît sûrement autant de mots d'argos et d'insultes que de prénoms, un roman tellement métaphorique que tout peut y représenter plein d'autres choses.... et tout le côté vif/8ème et 9ème forme du vent tellement difficile à comprendre que même les hordiers s'y perdent... Et je m'arrête là car ça pourrait sûrement continuer. Si bien que j'ai brièvement réfléchi à ne donner que 4.5/5 dans ce domaine à mon livre fétiche... Puis j'ai rétrogradé et j'ai pensé à mettre 4.75/5, note improbable ici, pour montrer mon hésitation... J'ai même pensé à 4.99/5... Et en réfléchissant je me suis dit que non, parce que oui, c'est difficile à suivre, oui on ne comprend pas tout, mais incroyablement Alain Damasio en fait une qualité... Je suis arrivé, au bout de mes réflexions, à me dire que lire la Horde était comme une métaphore du contre qu'on lisait, une sorte de mise en abyme métaphorique (ça je viens de le trouver, je suis fier): on en chie pour remonter vers la page 0, on se prend probablement les 9 formes de la littérature, dont la philosophie, l'absurde, l'accumulation de néologismes, l'incompréhension... mais on progresse, on se muscle, on reste indifférent aux moments ou on en chie pour apprécier d'autant plus les périodes de repos, plus agréables que jamais... Et au final ça donne envie de relire le bouquin parce qu'on se dit qu'on en a peut-être laissé quelques pépites au bord du chemin. C'est paradoxal, mais ce livre est un paradoxe ambulant: on aime ses défauts, on le trouve trop long et trop court en même temps (pas trop long quand on lit et trop court quand on l'a finit, non, vraiment en même temps car on voudrait à la fois tout avoir lu, et ne jamais s'arrêter de le lire), on se dit que ce n'est qu'un roman d'aventure et de lutte contre le vent, et à la foi le roman le plus abouti spirituellement qu'on ait lu (oui la faute de frappe est voulue, comme toutes celles qui pourraient être ambigües), on déteste et on admire Golgoth en même temps, on admire et on déteste Caracole en même temps, on se dit que cette dernière remarque a un sens profond... bref tout est possible avec ce livre... je pense que c'est une merveille absolue et en même temps je me dis qu'il serait parfaitement compréhesible d'y rester totalement hermétique, vous êtes prévenus...

Pour revenir au sujet, le style est splendide, une action halletante, et un aspect conceptuel magnfique... C'est superbe dans la forme, mais aussi dans le fond... Ce vent omniprésent et omnipotent, peut avoir 1000 significations, qui ameneraient 1000 significations à ce qu'est la Horde. Cette Horde remontant ce qui est le plus dangereux dans ce monde, par la seule force du lien qui existe entre eux peut avoir 1000 nouvelles significations, apportant autant de nouvelles significations de ce que pourrait être le vent...

2 concepts sont particulièrement importants aussi: la vitesse et le lien (vitesse dans son sens premier, mais aussi et surtout dans la vitesse de l'esprit, du décalage, et lien entre les gens, l'environnement, le destin, tout...). Ce roman nous les fait souligne, on en tire, dans le contexte plusieurs interprétations, dont certaines peuvent être liées à nos vies, et puis même une fois la lecture terminée, on peut repartir juste de ces 2 concepts, de ces 2 mots, sans voir ce qu'ils représentent dans le livre et juste se demander à quel point on avait oublié tout ou partie de leur importance dans nos vies.

Ha, et j'avais oublié au premier jet de souligner à quel point on frissonne.. de peur, d'émotion, d'admiration (pour les hordiers bien sûr, mais peut-être parfois pour l'auteur). Je n'avais jamais frissonné autant en lisant un livre, j'en avais même oublié que c'est peut-être la réccurente qualité soulignant les bons passages de chaque livre... ici on est tellement envahis par ces passages magnifiques qu'on en oublie à quel point on se réjouit lors des trop rares frissons des autres livres. Ici on attend juste le prochain frisson avec impatience et confiance, rarement décus du temps à attendre.

Donc un style difficile mais parfait, tant dans la forme (je n'ai jamais vu la langue française si diversement et magistralement employée), que dans le fond, puisque l'auteur n'a pas peur d'aborder quantité de thèmes liés à nos conditions, notre societé et notre spiritualité, sans oublier un éloge de l'amitié et de l'amour, alternant avec une action des plus haletantes... En un mot... frissonnant.. Alors 5/5 parce que les virgules c'est pou les abrités.

 

D'un point de vue personnel:

J'avais adoré à ma première lecture. J'ai simplement exulté à la seconde. Tout y est parfait. Pour reprendre un grand penseur de notre ère, dont j'ose à peine réutiliser les mots en les transformant un peu (T. Rolland): ce n'est pas tant qu'on puisse mourir après l'avoir lu (car au contraire on a bien envie de s'accrocher à la vie, pour l'infime chance qu'il existe qu'on lise quelque chose de semblable dans un futur improbable), mais putain, qu'il serait con de mourir avant de l'avoir lu... Quand j'ai commencé ma lecture j'ai découvert qu'une édition prestige limitée, avec un DVD sur sa création existait, à 70€... j'ai trouvé ça un peu cher, donc je suis resté sur mon ancien volume.. Une fois la lecture finie j'ai décidé de prendre cette édition prestige, plus un numéro du fanzine galaxies SF avec un dossier sur A.Damasio et, quand je l'aurais fini, un autre numéro du même fanzine, simplement contenant une nouvelle du même monsieur... (ajout: et le numéro 2 du fanzine Géante Rouge, avec 2 nouvelles se prolongeant l'aventure de la Horde, devant se trouver dans le livre mais éliminées par manque de place... deux bijoux pour qui est fan, vraiment...) C'est un livre qui possède vraiment plus qu'une âme, peut-être un vif j'en sais rien, mais quelque chose de magique pendant que vous le lisez. Vous vous en apercevez une fois le livre terminé: juste le fait de se dire qu'on va y replonger incessement est un bonheur, une jubilation. Alors oui c'est long, mais c'est cool, ça prolonge la magie... Moi j'avais envie d'en lire chaque page en même temps, de le relire dès que je l'aurais fini, de commencer ma critique d'une main pendant que je tournais les pages de l'autre.

Encore une analogie tiens, j'avais envie de lire toutes les pages en même temps, un peu comme j'avais envie, quand j'écrivais cette critique de parler de toutes ses qualités à la fois.. car tout est lié, ce qui fait la force de ce livre ce ne sont pas ses qualités individuelles, mais la parfaite association de chacune d'entre elle, un peu comme si les joueurs du FC Barcelone avaient joué ensemble pendant 30 ans non-stop, au point de... pouvoir battre Manchester les yeux bandés. Ce livre vous change... pas profondément, même s'il vous fait penser de façon nouvelle pendant sa lecture, et, peut-être, modifie votre pensée générale, mais surtout inconsciemment donc je ne peux pas l'affirmer (mais je l'espere)... non il vous change sur un court terme, par sa magie, il vous fait faire des connections ou des liens insoupçonnés, et, dans mon cas, vous fait agir nouvellement, comme avec cette pré-critique que j'ai faite, ou cette idée de donner 20/20, sans l'avoir relu depuis 2 ans. Et pour illustrer le côté bien éphémère de ces nouveautés (et l'envie de prolonger cette magie) je vous avouerais que je viens de songer à refaire une critique du même livre d'ici quelques jours, plus courte, dans mon style grosse déconne habituelle, et qu'en même temps je sais que cette idée n'aboutira sûrement pas, car la magie s'efface de jour en jour, comme pour toutes les expériences fortes... mais qu'importe, ce qui compte c'est d'avoir eu cette pensée, même si je l'oublie, elle aura toujours existé et de là vient sa beauté (ha, et ce genre de reflexion est définitivement inspirée de ce livre).

En tout cas, une chose est à peu près sûr, il est plus que probable que vous veniez de lire la citique du livre que je lirais le plus dans ma vie, car vraiment agréable et profond, et surtout porteur de nouvelles découverte, linguistiques ou conceptuelles, à chaque relecture.

Je pense que toutes ces éloges vous donnent un avant-goût de ma note personnelle et subjective, mais juste pour vraiment vous convaincre, si réellement quelqu'un qui ne l'a pas lu est arrivé jusqu'ici, rendez-vous compte que même si le livre n'avait pas eu une narration inégalable (une voix différente par paragraphe) et une bande-originale géniale, toutes ces qualités auraient par elles-mêmes mérité 5/5.... Alors imaginez comme avec ces particularités excellentes ça fait chier d'être bon en math, je mettrais bien plus...

 

Donc, au final, malgré une rapide hésitation, je reste sur le 20/20 prévu de longue date. Le seul défaut, sa complexité étant au final une qualité, nous rappelant que l'excellence a un prix.

C'est ma plus longue critique, et je me dis que si quelqu'un n'ayant pas lu le livre l'a terminée, il a plutôt intérêt à se l'acheter demain, ou une faille spatio-temporelle pourrait bien s'ouvrir dans son cerveau (même si je me dis qu'elle doit être loin d'être parfaite, déjà j'ai même pas été marrant, je perds la main... et surtout tout ceci est très superficiel, je cite certaines métaphores ou certains concepts sans vraiment les fouiller... je passerais peut-être rajouter quelque chose à l'occasion, revenez dans un mois.). Donc c'est long, mais c'est une nouvelle façon pour moi, de prolonger le plaisir que j'ai eu à compulser cet ouvrage, ainsi que sa magie, d'une façon plus amusante et généreuse que chercher des infos sur l'auteur sur Internet comme souvent.... Et puis, si ça vous paraît bizarre, sachez qu'il y a vraiment tant de choses dans ce bouquin que je ne pouvais pas faire autrement, la critique n'est pas longue car j'ai adoré, elle est longue car sinon j'aurais parlé de la moitié de ce qui fait cette oeuvre (déjà là j'ai du me limiter sur beaucoup de choses). Et dîtes-vous que les gros fans de cette oeuvre, ou ceux qui viennent de la finir et sont venus prolonger cette magie quelques instants, savent parfaitement qu'il ne pouvait en être autrement, et j'éspère qu'ils y ont trouvé leur bonheur. Moi oui.

 

Les +: les personnages; l'histoire; le style; chacun y trouvera des significations personnelles; sa magie (c'est à dire, une parfaite association des 4 premiers points)

 

Le -: parfois difficile à suivre


nb: je ne fais pas de citations car ce n'est pas dans mes habitudes, mais si vous voulez en voir quelques unes, voici une petite critique sympatique avec quelques citations: link

et une grosse critique sympathique mais trèèès compliquée (mise en lien avec les philosophies de Nietzsche, Deleuze, Kierkegaard, discussions sur "l'immanence" du vent.... à ne lire que si vous avez adoré ce bouquin autant que moi, mais ça vaut le coup): link

 

ajout: je remets ici la somme des quelques pré-critiques que la magie de ce livre m'a inspirées. J'avais décidé de les supprimer, luttant ainsi contre l'éternité de ce qui est mis sur Internet (ouais j'suis un putain de rebel !), mais ce serait trop bête en fait, puisque c'est très différent de cette critique, survolant ses aspects superficiels pour se concentrer sur ce que sa profondeur peut éveiller en nous: pensée, jeu sur le langage, passion.... et puis cette critique était un peu courte n'est ce pas?

 

Résumé (provisoire¿'): Une planète ravagée par le vent. Dont les terres habitables forment une bande de 5000 kilomètres de large, bordée en largeur par 2 étendues de glace infranchissables. Les extrémités de ce segment habitables sont nommées selon le sens de ce vent incessant: l'extrème-aval, la ville d'Aberlaas, et l'extrème-amont, auquel on ne peut accéder qu'en remontant le vent fou à contre-courant. Personne ne l'a jamais atteint. Sur cette terre, les idées les plus folles l'entourent: l'origine du vent? Un moyen de l'arrêter? Quelque chose pour justifier la vie incroyablement dure sur cette planète, où le vent ne cesse pas, passant de la brise légère à la tempête détruisant inévitablement les villages ayant eu la malchance de se trouver au mauvais endroit? Personne ne sait. Chaque génération, depuis huit siècles, envoie une horde de héros, entraînée dès la petite enfance à Aberlaas, et chargée d'essayer d'atteindre cet extrème-amont. Nous suivons ici la 34ème, la plus rapide jusqu'a maintenant, composée de 23 membres émérites, du scribe au troubadour, en passant par la cueilleuse, et menée par le traceur, Golgoth, 9ème du nom, n'ayant gardé pour seuls sentiments que la argne et le courage, pour tirer sa horde par la peau du cul jusqu'aux limites inhabitables, jusqu'au non-vivant, jusqu'à nous...

 

Ceci n'est pas une critique (si vous n'avez pas lu le livre vous passerez à coté de bien des choses ici, mais ce ne serait rien à coté de passer,à coté toujours, de ce chef-d'oeuvre):

La horde est vivante. Pas ses personnages, son support. Si les animistes de tous temps n'ont ne serait-ce qu'infimement touché la Vérité, alors chaque possesseur de la horde héberge dans sa bibliothèque non pas un dieu, mais plus probablement un titan.

 

Je ne peux m'empêcher de m'épancher sur cet ouvrage en avance. Je m'étais promis de le relire avant d'en faire la critique, et m'y suis donc replongé depuis une petite semaine. J'en suis à un peu plus de la moitié et déjà je viens en parler. Pas pour vous, ni pour lui rendre hommage je crois, ce sera pous plus tard. Non la vérité c'est que c'est sûrement plutôt pour moi. Cette lecture vous remue, elle vous fait penser, vous fait frissoner, agir. Mais surtout penser. Comprendre. Et, après que cette idée de pré-critique me soit venue à l'esprit, que j'imagine des choses à y mettre (dont je ne me souviens d'ailleurs déjà plus mais fi), je me suis surtout rendu compte que cet aparté me permettrait sûrement de pousser plus loin ces raisonnements que cette lecture ouvre. Et cette envie de jouer avec ce matériel qui m'est donné: l'ouvrage c'est sûr, mais aussi la langue. J'aime jouer avec. Et l'auteur, Alain Damasio, nous apprend à jouer avec comme personne. Avec le comique, un peu, avec l'agressivité aussi, avec la cohérence, avec le sous-entendu, avec la métaphore, la vitesse, l'incompréhensible, le préhensible, l'irrésistible... la cumulation.

J'allais dire que pour jouer avec tout celà je devrais emprunter au style verbal de certains personnages, mais en fait non, je n'emprunterais qu'à moi même les traits de caractères que chacun possède, et dont les personnages d'Alain Damasio nous montrent la meilleure utilisation possible. Donc oui, le style général de ceci sera sûrement étrange, mais parfaitement franc. Du moins avec un fond de vérité (je pense aux élucubrations que je pourrais dédier à ce trou balourd de Caracole).

Après cette demie-pause, les choses étant posées, sans bémol, revêtez vos armures, campez vos pieds bien au sol et revenons au pourquoi du comment, rare scène d'accouplement d'animaux syntaxiques s'il en naît.

Changeons de sujet, peut-être, ou peut-être pas, et par

lons musique! Oui le livre est fourni avec une bande-originale (dans la seule version que vous devriez posséder...Attention d'ailleurs, un ami, Niste, m'a chuchoté que la version poche abriterait le démon de la varice mal placée... aïe !). Cette bande-originale est splendide et doit être née, pour lui être si bien harmonisée, du livre lui même. Une claire expression du vif de ce bouquin, vibrant l'air autour du manuscrit à des fréquences suspendues, jusqu'à ce qu'on ose lui présenter un micro qui le comprenne. Pour ma part, j'ai écouté non-stop cette BO durant la totalité de mes deux lectures (à une ou deux sessions près peut-être lors de la première) et elle fait partie intégrante de cette oeuvre littéraire. Alternance de morceaux calmes, parfois gagnant en vitesse, souvent accompagnées de paroles qui sont des lectures de petit passage. Une est même rapée, pour rendre frHommage à une scène de joute verbale grandiose dont je reparlerais au pire dans la critique hordonnée.  Et, aussi étonnant que cela puisse paraître, toutes ces phases de lecture ou de rap n'ont jamais dérangé ma lecture, au contraire (enfin si, j'ai souvent zappé la chanson rapée quand je lisais, pour la réécouter une fois le livre fermé, car elle est très savoureuse). Lors de ma première lecture elles me permettaient d'imaginer plus précisément la voix des différents protagonistes (quand les voix que j'entendais n'étaient pas considérées comme un instrument parmitant d'autres), et lors de ma deuxième lecture, faite à voix haute, elle me permettait en de nombreuses occasions d'ajuster le ton, soit aux situations lues, soit à la chanson que je connaissais sur le bout des voix, me donnant l'impression de chanter par dessus, d'autres paroles, d'ailleurs non-chantées au sens premier du terme.

Et le bouquin alors? Passeur, passons sur les héros amirrables  leçons de courage, de volonté, de cohésion, qui seront développés dans la critique, dépassons l'emploi des mots justement écrits pour décrire justement souffrances, paysages  et souffle rance des pays moins sages, qui seront critiqués dans le développement, pour s'attarder sans tarder, sur ce qui m'a motivé à déposer cet exposé et à vous l'imposer expressément, malgré son style d'attardé: Alain Damasio, outre le magicien des mots, ou poète si vous préférez, qu'il est, est également un homme féru de philosophie: il cite volontiers lors d'interviews Deleuze, Foucault ou Nietzsche. Je ne pourrais vous dire en quoi chacun l'a influencé, mais force est de constater que le résultat fait réfléchir. Sur la prédestination, la volonté envers et contre tout, la solidarité bien sûr, mais au delà de cela sur les sujets théologiques aussi. Le vent y remplace Dieu dans plusieurs expressions, et il est de toute manière omnipotent.

Tout est lié dans ce monde, au vent, et donc à son origine, la vitesse: les chrones, êtres vivants informes modifiants tout ce qu'ils touchent, le temps, s'accélérant ou ralentissant dans les zones de chrones ou même pour certaines personnes sur-entrainées, jouant aussi avec le temps grâce à leur vif, sorte d'âme que chacun possède, mais qui contrairement à l'âme est concrètement présente en chacun, peut être entrainée et utilisée, peut être sentie avec de l'entraînement... Le vif requiert plusieurs pages à peu près chaque fois qu'il est décrit, dur dur donc de vous en parler précisément. C'est un mélange de vent, de vitesse, de mouvement (physique et mentale) que l'on abrite et qui nous fait agir. Il est qualifié de force lors d'une de ces descriptions. En fait, ce livre mérite d'être lu aussi parce qu'il tente de donner une définition nouvelle de l'âme. Une définition particulièrement intéressante. Il est dit que le vif n'est pas l'âme mais c'eut été trop facile, la définition se serait arrêtée là. Au final je pense que c'est une représentation possible de l'âme humaine, dans ce monde comme dans le notre, de ce qu'elle est pour certains, de ce qu'elle pourrait être pour d'autres, de ce qu'elle sera après lecture pour les plus ésotériques des lecteurs.

Et le VENT alors? Y a-t-il un quelconque LIEN avec nous? Forcément oui, puisque l'ouvrage entier est dédié au lien, entre les hordiers, entre la horde et le monde, c'est le lien qui forme le vif ( le lien entre le vent et la personne, entre les personnes entre elles...), et au vent. Bref, le vent, un lien avec notre monde?

Il y a  2 jours je n'aurais pas soulevé cette question, n'ayant aucune réponse à y apporter. Le vent est à l'origine de tout dans ce monde, vraiment de tout, même si on nous dit qu'il est issu de la vitesse (phénomène moins concret tout de même). A l'origine des chrones, du vif, de la forme des habitations, des techniques de combat surhumaines des combattants, à l'origine des moyens de transport, à l'origine des gouvernements, de la force et de la volonté des hodiers (par le vif), et j'en passe.. A l'origine de chaque habitude de vie aussi. Et en général de choses plutot désagréables dans ce monde balayé par les tempêtes. Surprenant, surtout pour une chose qui nous paraît si douce et essentielle que le vent.. Y a-t-il, bordel de Vent, quelque chose qui puisse être apparenté à cela chez nous? Pas à ma connaissance de l'époque... Et puis une idée a germée, aux steppes de mon crâne, sous l'herbe folle de mes cheveux... "Ha ouiii... naaan? Ho ho, si ! Mais si... certes. Or... Car.... Sof que...Erg ! Fausse connerie, l'autour sied ! Calme... Arval ta salive et plante tes crocs dans cette barbak, t'as l'weg!" Et depuis cette idée caracole en tête quand j'essaye d'établir un lien avec notre bonne vieille terre: plutôt que de chercher ce qui est à l'origine de tout sur notre monde, cherchons ce qui fait de notre humanité pareille exception, comme le vent fait de cette planète une exception par rapport à la notre? Vous avez deux minutes... Réponse? Le langage! Sans langage rien, puisque nous ne pourrions même pas concevoir ce qui est quelque chose. Et à travers ce vent insupportable, on peut entrevoir les risques de dérive du langage. Allant crescendo à notre époque de communication à outrance , avec cette envie de célébrité permettant d'étendre le pouvoir de nos paroles , de porter le langage individuel au plus grand nombre, au grand dam du langage du plus grand bien. Regardons les sources de langage qui attirent les jeunes: télé-réalité, musique formatée (pour citer les plus évidentes... Ha, et certaines formes d'art contemporain ne comptant pour rien). On risque de passer d'un langage support de l'art, à un langage simple outil de communication, revenant à la préhistoire, plutot que foncant vers l'après-histoire.. . Outil qui peut être bénéfique pour l'individu qui le lance et touche la cible avec chance, mais pour les autres? Et si le support est oublié, l'art retombe, et de très haut le pauvre. Ce langage, qui est ce qui nous a donné vie (consciente du moins), comme le vent est à l'origine du vif, qui donne leurs âmes aux hordiers, deviendra plaisant pour certains, vivant dans un monde fermé sur lui même (comme les fréoles jouissent du vent sur leurs navires, se croyant heureux à ne jamais toucher terre), tandis que les autres s'abriteront de ce langage comme d'un furvent, dans leurs villages plus humains mais en proie aux destructions multiples (c'est le cas de la quantité de gens qui ne supportent plus 95% des merdes que l'on nous sert à la télé ou à la radio, et qui s'en abritent, attendant une vraie nouveauté à la hauteur de la force qu'a pris ce langage chez nous... A la quantième forme du langage nos médias correspondent-ils? Plusieurs réponses possibles, qu'il serait trop long de détailler ici, faîtes vous votre propre idée).

Notre seule chance: que les hordiers d'aujourd'hui tracent jusqu'à l'extrème-amont du langage, résistant au Furvosophie, traversant la flaque de Lapensée et gravissant l'Artska, pour trouver, ou fabriquer la 9ème forme du langage (ou plutôt la 8ème, plus positive... qui serait le 8ème art?). Et cela,  Alain Damasio le fit, sachez-le. Il n'avança pas seulement sur une Terre que lui seul avait la faculté d'inventer. Il ne dépassa pas seulement, à plusieurs arpents près, le point le plus en amont de la littérature de l'imaginaire (:p). Cela il le fit, sachez-le. Il ne se contenta pas de montrer que les seules phrases qui vaillent sont celles qu'il a crées, à le pointe extrème de ce qui se peut. Non: il utilisa la matière de son livre pour affirmer le langage, pour assurer la poursuite. Tout le temps que ses mots de poètes brûlèrent, ses pages de feu furent en vibrations entre mes mains - et la télé continua à gerber. Devant lui les médias persistaient, ils descendaient la langue sans fléchir, crescendo, sur un rythme de moins en moins profond et de plus en plus malsain, il me sembla. L'encre bientôt s'effaca, la ligne polie des lettres devint floue,les majuscules cabossées et la ponctuation se brouillèrent, jusqu'à ce qu'il ne reste à décompter qu'un chiffre angoissant en bas de page, qui tranchait la page blanche, qui diminuait doucement et dont le dernier finit lui aussi par se dissoudre. Mais la musique -- la musique elle demeura encore longtemps après le rangement du livre, je parle de la bande originale de l'oeuvre qui parvenait à mes oreilles régulièrement. Pour moi, cette musique n'a jamais cessé de jouer: c'est juste que les médias jouent infiniment trop fort pour qu'un tympan humain puisse n'écouter que ça. Et pourtant, je l'écoute...

(...assez souvent et hors lecture. Ceci était d'ailleurs l'un des passages du livre lu sur cette BO, librement adapté pour corréler mon propos)

 

Voilà, je trouve que ça se tient. Peut-être Alain n'a-t-il pas du tout pensé en ces termes lors de la rédaction de ce livre (rédaction qui a pris 4 ans uniquement consacrées à cette oeuvre, donc y a eu le temps de réfléchir), peut-être que si, surtout que le monsieur est assez au fait des dérives de la communication moderne, comme le montre la conférence en lien à la fin ici. Et même si il n'y a pas pensé, je trouve que cela colle tellement bien que ce serait presque plus beau... la horde du contrevent possèderait un vif si puissant pour se créer une signification parfaitement cohérente qui n'aurait pas été voulue par son créateur (voire plus d'une, mais bon je peux pas continuer à écrire ici jusqu'à la fin du monde...)

Bon après si vous ne partagez pas mon point de vue... allez vous faire pendre, couillons de lecteurs sans mise en perspective. J'vous en ficherais moi des "lectures plaisirs", allez vous farcir du Marc Lévy dans vos lofts d'abrités et foutez la paix aux burnés qui cherchent un sens aux mots qu'ils prennent en gueule, à la gniaque, sous furvers... connards de best-lécheurs...


 

addendum: Cet ouvrage est détestable, pour une infinité de raisons, dont l'association le rend encore plus adorable.

La première, celle qui induit toutes les autres, comme la vitesse fût à l'origine du vent et donc de tout ce qui est, c'est sa complexité. Beaucoup de phrases à tendance philosophiques ou descriptives sur ce vent particulier sont incompréhensibles. Beaucoup. Mais noyées parmi toutes celles-ci, une foule de pépites se cachent. Certaines bien trouvées, d'autres géniales, la plupart révolutionaires. Mais elles sont perdues dans cette océanique flaque de mots qu'est La Horde du Contrevent. Si bien qu'on les oublie bien vite. Si bien qu'elles changent votre vie, oui, mais pour une dizaine de secondes seulement.... Et puis on se dit que toutes les phrases sont peut-être de cette trempe. Que chaque page est remplie de 25 joyaux éphemeres (et quand on y pense en lisant, on y croit) à contempler et oublier, pour mieux laisser la place aux prochaines émeraudes... Et je vous écris cela sans l'avoir prémédité, alors que sur l'avant-dernière page que j'ai lue, Caracole, sage parmi les fous ET fou parmi les sages, révèle de manière très sollenel que "l'oubli est la seule force active. Pas la mémoire, l'oubli"... Et force est de constater que cet oubli est frappant dans la horde. On oublie tous ces joyaux. On oublie que pendant les 50 dernières pages on se promet de relire tout le bouquin dans une semaine, pour révéler de nouveaux diamants, sous le sable accumulé par le vent. On oublie qu'on lit un livre de science-fiction, pas de philosophi(ction?). On oublie que ce livre nous a changé... pour quelques secondes seulement. Alors voilà ca paraît de temps en temps extremement obscur, parfois même dénué de sens (par foi même dénouer le Sens) mais chaque phrase sort du même esprit, a survécu à 4 ans d'écriture, de relecture, d'effacement, alors soyons logique, chacun d'elle peut avoir le même poids.  Voilà la raison originelle qui fait que ce livre est détestadorable, mot qui doit une fière chandelle à ce que la laideur soit subjective....  une partie de mon cerveau le trouve horrible, tandis que l'autre en fait un poème, de par son lien (lien, tellement important, sachez-le) avec la horde...En passant, notons que cette complexité fait aussi que parfois, on comprend une phrase, ou un concept, 100 pages plus loin, très déstabilisant. Cela donne envie de lire chaque page de cet ouvrage en meme temps, pour vraiment le comprendre. De le lire a chaque instant de sa vie, pour épuiser ses qualités pour se sentir atteindre l'extreme-amont de la lecture en se délectant vraiment chaque phrase, de la plus superficielle, pour sa beauté, à la plus profonde, pour son sens, ou simplement pour en apprécier pleinement la cohésion et la magie qui s'en dégagent... Allez savoir si c'est seulement possible. Je n'en sais rien, il est tellement complexe... je le déteste (ça se voit non?). En fait on peut encore faire un lien entre le fond et la forme: tout ce qui est détestable dans ce livre dérive de sa complexité, comme le vent et le vif dérivent de la vitesse, que l'on oublie face au vent et au vif, comme on oublie la complexité de l'ouvrage, face à l'action et aux réflexions profondes. Je ne sais plus si c'est la lecture de ce livre qui m'a inspiré mon premier précepte, auquel je crois depuis des années, même si je n'y pense pas souvent: "tout est lié" (ca paraît rien, mais si l'on pense vraiment que TOUT, absolument TOUT, est lié, et qu'on s'amuse à percevoir ces liens, ça fait beaucoup de choses... pour ça que je n'y pense pas souvent, ca m'occuperait trop l'esprit). Et cet ouvrage nous le prouve à chaque page, tout comme cette non-critique, ou tout se recoupe constamment, recoupe les thèmes phares du livre entre eux, avec notre monde, avec notre essence profonde... Et je suis heureux que cette rédaction me le rappelle, peut-être plus fortement et plus incontestablement que jamais. Je ne sais pas si j'ai écrit quelque chose de compréhensible pour qui que ce soit d'autre que moi, mais pour moi ça l'est. Si c'est trop complexe, tirez-en les conclusions que vous voudrez sur sa valeur.

 

AddendumS: Poursuivons sur l'oubli... Je viens de relire le premier chapitre dont j'avais parfaitement oublié l'existence... peut être mon préféré de cette relecture, et peut etre donc de ma première lecture qui sait, c'est drôle comme l'oubli peut se cacher aux endroits les plus inattendus.... Peut-être oublié inconsciemment pour tirer encore plus de joie de sa relecture? Ou plus simplement oublié parce qu'il ne se passe rien de dangereux pour une fois...? Nos hordiers croisent un véramorphe, chrone particulièrement rare: imaginez-vous une bulle d'air colorée, dans laquelle si vous entrez vous vous "transformez" en ce que vous êtes vraiment, ce qui vous représente le mieux, le temps que vous y restez, que ce soit un sanglier géant, ou une colonne liquide et brillante autour de laquelle gravitent des sphères de lumières reliées à l'axe principale... Et quel plaisir de connaître la forme intime de ces personnages que l'on aime tant. Quel frisson lorsque l'aéromaitresse Oroshi y aperçoit le vif d'une hordière tombée au contre qui est resté lié à celui de l'un de ses anciens amants... elle apercoit ce vif, fonce dans le chrone, se transforme en félin, et plonge ses crocs dans la forme de son compagnon pour y attraper un bout du vif de son ancienne feuleuse, et la ramener hors du chrone, à la façon d'une lionne transportant son petit dans sa gueule... magnifique... vraiment je crois mon plus agréable frisson depuis le début (frisson qui revient d'ailleurs aussi à la relecture de cette pré-critique... et j'ai oublié de vous dire a quel point ce livre peut faire frissonner, vraiment, très souvent et divinement... j'en reparlerais dans la critique, au moins je n'oublierais pas...bon en fait si, j'avais oublié, heureusement que cette pré-critique existe.... ce qui me fait me rendre compte que l'aspect "force-active" de l'oubli serait peut-être un défaut? J'y repense et je vous tiens au courant lors de ma prochaine relecture de la critique. Relecture faite, non je ne pense pas que ce soit un défaut... je ne saurais dire pourquoi, peut-petre la prochaine fois, mais je ne pense pas que ce soit un défaut...). Peut être aussi parce que c'est dans ce chapitre plutot calme que j'ai pu le mieux donner vie aux voix et à la scène lors de ma lecture (a haute voix, j'assume, je suis un malade). D'ailleurs, ça fait quelques temps (6/8 mois?) que j'ai commencé à lire a haute voix chez moi, j'aime beaucoup, mais là, face à la horde, j'ai l'impression que je n'avais jusque là fait que m'entrainer pour cette lecture... J'avais trouvé les mots de Damasio magnifiques en lecture normale, mais a voix haute, c'est vraiment puissant, surtout avec l'alternance de narrateurs... d'habitude j'aime l'oralisation pour que la lecture soit plus "vivante", là j'avais vraiment envie de le faire pour rendre hommage à cette oeuvre en essayant de me rapprocher le plus possible de la meilleure façon de dire chaque phrase, pour en ressentir toute la valeur, et non pas pour rendre la lecture plus distrayante.Et ce fût parfois surprenant, surtout de lire chaque dialogue, avec le ton qui convient au personnage quitte à parfois me surprendre moi même de jouer la tristesse ou la peur d'une façon dont je ne me croyais même pas capable.... C'est grave, docteur?

Pour revenir au véramorphe, quelle belle idée que cette boule de magie qui révèle notre âme aux spectateurs alentour... vraiment ça donne envie. Cette pré-critique, un véramorphe? Bah je m'égare, mais gare....

 

Bon vent !

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 14:22

Tda-forever_autumn.jpg

(on the cover: Freema Agyeman, David Tennant and the queen Elizabeth II)

 

nb: as this article won't probably have a lot of reader, it was written for my (evil?)  fun much much more than the real critic of the book. You're warned. And be aware that it was written on Kate's and William's marriage day, so you can understand every jokes.

 

Hi folks, today is one of the most special day of the 21st century for the United Kingdoms. Why? Because here, on the best french blog to find critics of fantastic books, using this fabulous langage, I'm gonna review a book about their (donna?) noblest character ever. I'm not talking about a useless member of the Royal Family (who cares about the princes' lives? They never do anything except marrying, having children and dying... The most expansive real-TV ever!), but about a man even older (and more immortal?) than their infinite queen: a Lord. Not any lord, a Timelord. And not any Timelord, the last of the Timelords. Realize people, that they made this character killing his whole race just in the hope that anyone of the real Royal Family would be inspired by him and kill all of his family... or at least this damn old and annoying queen... Think of that folks...
By the way, I should say that I do this critic in english because it's pretty fun (sorry for the inevitable mistakes I should do, I won't use any corrector or even search for pretty words so that if any french people read this he may be able to understand most of it) , and because that book ain't and will never be translated in french, as those horrible french DVDs of the new series, without english version prove it... What a shame.

Infos: Forever Autumn was written by Mark Morris and published in 2007. It's 244-page-long, and is telling an adventure of a character created by the BBC in 1963, called "The Doctor". As he's from an extra-terrestrial race that can avoid death many times while changing his body, he should be pictured in this book as his 10th incarnation, played on television by David Tennant, and accompanied, like most of the times, by a companion, in our case Martha Jones, played in the show by (the damn beautiful) Freema Agyeman.

Summary: The Doctor's spaceship, the Tardis, lands in a little town of USA in our days (because the Tardis can travel through time by the way...), guided by... the Doctor says it isn't a signal, more a splurge.... but as I don't understand this word (and you neither, admit it french idiots...), we'll say that it seems to be some kind of weird energy wave. Maybe I'm wrong but it fits the story so... Anyway they land to investigate this splurge (I love this word, it's funny isn't it? Splurge! Splurge? Hey look at the plural! Splurges!! It's... splurgal!) in this town, well-decorated because it's the day before Halloween and all the population always uses costumes, put a lot of decorations and go to a biiig carnival (well, big for a little town like this). But This year, skeletons hanging on the doors may be more living that dead...

Characters:
Woow, let's talk about the Doctor! You have time? (well for the last Timelord you should have.) Because I can easily write 10 pages about him, probably my favorite imaginary character ever... He's a Timelord, one of the oldest race that ever existed, race that comes from a planet called Gallifrey. Timelords can regenerate 12 times, so they have possibly 13 bodies in their whole life (possibly because if you really kill the timelord before he can regenerate after the 1st lethal wounds, he can die like everybody (again, except the queen)). And each of his incarnations can live very long, so our Timelord, the Doctor (they all choose nicknames when they're children) is about 905 year-old and is now the last of his kind because of a Timewar in which he had to kill his race to save the universe. He owns a spaceship called the TARDIS, for Time And Relative Dimension In Space, that can fly through all time and space. From outside it looks like a little blue box for police phone-call, but inside it's pretty huge, with a big control panel on the middle that changes form sometimes (the tardis has some kind of core that makes it almost a living spaceship...). For your information, the Tardis is supposed to be driven by 6 pilots, so the Doctor usually has troubles flying it correctly and sometimes crashes instead of lands (and a crash means that you don't know where you are, of course, but neither when you are... pretty disturbing, even if you have fly with it for hundreds of years). Ha, and the Tardis translate langages around him so everybody can understand everybody, and that's usefull when you meet new alien races every travels.
Briefly, the Doctor is brilliant. He's smart, intelligent, clever (proof, he may find at least 20 other synonyms, and maybe starting only with the letter A). That's logic because he is very old and traveled most of his life. He's very funny, courageous and loves human race. He thinks about 200 times faster than Deepblue and acts 200 times faster than Elky on a 200 multi-tables virtual poker. He's the wisest man i've ever seen and never choose the wrong path (that's why he's still alive after 9 hundred years in his universe and almost 50 years in our... Yeah the show started in 1963 on TV... black & white, really). But he's totally mad too... but for him it's definately a quality. To finish this portrait, just notice that he's totally pacifist and non-violent, so he always resolve problems, from the smallest to giant wars, with his only mind. Sooo.. if you don't know him, just go watch his show, in english please, you'll never watch any other show the same way.
His companion here is Martha. She's a human and a real doctor for a change. She's very brave too, but more calm. Still she's pretty smart too, even if it's hard to see it because of the Doctor. She's black, and pretty good-looking, but who cares, in a book, the publisher used the same kind of letters for her... I think it's sad because she deserved better but anyway...
We see other characters in the book: 3 young lads, that caused all this alien-problem... They're nice, pretty childish at first, but they become much more mature and brave when they understand that many lives are in danger, including thems ("thems"? Really? Is that correct? Well anyway, now it is, by the 1st article of the "Blog's proclamation" I declare that any word I use here is now real english...) They're not as fun as our 2 heroes, but they have a nice development, that's cool.
Another character I could mention is Etta, the woman whose house is connected to the aliens' caves. She's a funny 40 year-old woman, pretty strange, surrounded by cats and convinced that she has some kind of psychic powers like her ancestors (and she may not be so wrong.... Spoiiilers (River, get out! (joke for the Dr Who real fans)) She is astonished by the acts of the doctor, she thinks he's totally crazy, but she likes risking her life with him: she feels more alive then ever. That duality is pretty much enjoyable.
Sooooo, for the characters it will obviously be the old 5/5, but after all, even if the Doctor only met the queen, Nicolas Sarkozy and Silvio Berlusconi in this book, he would have received the same note... Told ya, my favorite character ever...

Story:
This book is about the most exciting, most important, and best thing that could ever happen in a life. No, i'm not talking about marriage, that's just rubbish... You don't have to get married to love, so marriage is a kind of party to celebrate the fact that both sides of a couple accept that if you cheat on your love, you'll leave him/her half your possessions at least... yeaaah let's party and get drunk! I need to forget that... (just kidding to make fun of this abherrantly mediated marriage that is happening right now when i'm typing, on every TV in the world... Damn I think if I use the words Kate (or Katerine) and William I may get 10000 more viewers that maybe wouldn't like my critic.... Maybe because they didn't like how I judge the book... or because they are stupid brainless people-addicts that are currently living the best day of their poor life watching the marriage of 2 people without politic power & just rich because they were born lucky; watching this marriage instead of looking for the one to give them the opportunity to live this celebration, or, better, instead of saying mean things about the people sooo interested in this marriage or about this Royal-said Family (when did God came to rebless them last time?)... So I should take care of not typing Kate and William. HEY we're off the topic, damn people-topic, baaaaack to culture.
This book is about the best thing in a life: saving the world ! (yeah, I kind of planned this marriage speach, you got me ! ).And that's cool because that's what we love in doctor Who, he always (and I say always) saves the world. Not juste a useless city like Jack Bauer, or even a country like.... Charles de Gaulle? No, he saves the world. And sometimes many worlds! And one time, reality itself! (but not in this book)
This time he fights against the Hervokens (I liiike their name). The description is gonna be difficult because it was difficult to understand, but allons-y! They are very tall and thin humanoid aliens, with fingers as big as our arms. They're all painted black... no colours anymore, one day they turned all blaAack... And they live under the ground, in big caves linked by tunnels all around the town.
They're not evil by nature, but they don't care of any living species except thems (!) And unfortunately, to start their spaceship and go through space they're gonna have to destroy the town and maybe an even bigger part of the Earth, so the Doctor got to stop them. By the way they already involved in a war in a very ancient time and so were banned (aka "killed") by the "Eternals" (an overwhelming race which banned a lot of others but that we never see... maybe they were banned by... I don't know, the very secret "even-more-Eternals" race, or maybe they lost the "Ultimatewar" against the "Unbreakable Bastards", who knows?). Anyway, just a few of these hervokens survived, in dormance beneath the Earth, and were brought back to life when the 3 boys I told you about digged up a strange book under the oldest tree of the town, the day before the Doctor and Martha lands here, that's why they now wanna start their ship and go back to space. Ha, and the Hervokens can control almost anything, mostly vines and roots to capture their enemies, animals and some humans, to chase them, and any object, such as these skeleton-decoration all over the town, to... well to do the bad things, because they prefer staying under the Earth (and that's a good news because they could be pretty tough if they attacked by themselves.)
So it's not very original or passionating, but it's coherent and we understand all this little by little, so it's not so bad. I spoiled a little bit but the book is short, and not really full of suspens. So for the story 2,5/5, not boring but nothing more than this. But the enemies are not bad at all.

Style:
Well, hard to judge in another langage as I don't understand 1 word on 15 I'd say. Soooo.. for you, french people, let's just say it's not so hard to understand. Even if there are a lot of words you don't understand, your usually understand the sentences. That's why it's good to read doctor Who's books: as it's made to be read by adults and children (this character is as loved by youngs and adults, because even if it can be a scarry show, it's never violent) you can finally know what happens, even if you don't know what part of the monster is "heavily glowing red" or behind what the Doctor and Martha hide in the park. So, if you wanna work your english by reading some book, and you like doctor Who, I really think you should try one. Except of that, let's say the ambience is pretty well drawn: very dark, pretty scary, it's really a success. I've read other doctor Who's books, and this one is definately the scariest, but the one with the weakest story I must admit. Anyway it's good to change, so for all this, the style will receive 3,5/5 (maybe too much hard words, the other ones were easier to read I think)

Personnal point of view:
I would say it's a good scary doctor Who's book. The story could have been better but there are really good points for this book too. Of course it's not a chef-d'oeuvre, just a book written from a famous license, but what a license! The Doctor is really a splendid character, not only because of his intelligence, wisdom and sense of humor, but because of what kind of stories you can write around him too: infinity of alien races, of plays with the time... Really soo damn better than any super-hero, and always fighting the most powerful enemies you can imagine only with his mind, never using any violence. So for the association of this character, this story, and little events that make the reader laugh, let's give this book a 3.5/5 for this book, thanks to this new scarry way of writing about the Doctor.

And that gives us at the end a good 14.5/20. Well, pretty good mark, in fact I thought it would have 13 or something like that... I must say that the fact that it longs only 244 pages helped him having this note, the book is read very fast and you have no time to get bored.It's just a little new adventure of our lovely Doctor. Not the best, but still enjoyable. There are bad points that's sure, but the good ones balance the problem and make you forget them: when you read, you just enjoy your reading, and that's a pretty good success because a light story is usually a big weakness, but here you don't mind. Congratulations Mark

The +: the Doctor; scarry; good enemies that stay hidden but violently attack you with anything on the surface; funny as usual with the Doctor; no character that you really dislike

The -: not a very good doctor Who story; no time-travelling; Martha could have been more important; a lot of hard words for a french reader

This is it! I had that wish to do an english critic about my next doctor Who book for some weeks now (I like english langage), and the season premiere of the 6th serie made me open the book the day after... (It was a damn good episode hey?)

Just some kind of challenge in which I hope I did a correct work. I will surely do some again as I have others Dr Who's books, and that will probably be even better. But still, if you've read so far, that means.... no not that you read good english, everybody reads good english (well except the queen, but the matter comes from her eyes, not her mind). No it means that it's gonna be hard to do better, because my english critic was just freaky awesome!
Anyway, now we have great english critic, of an english-written book about the most famous character of the UK, on a french-critic blog... I think UK and France are today, and thanks to me, closer than they've ever been since the (really) tragic death of Lady Diana in Paris... By the way, if I have british readers, sorry men, someone made a mistake and told the driver that the queen was on the backseat, so he decided to sacrifice himself for the sake of England and humanity in general. Really sorry, but it was so well-intentionned, believe me...

 

nb: while I'm here, at te top of every pages, the big "STUFF OF LEGEND" is a catchphrase said by the Doctor about 3/4 times, in the series, to define to people what are the timelords.... That beeing said, you know it's not a great egocentrical thing I invented... Well it's still a great egocentrical thing but taken from Doctor Who, damn better, right? Still, you want a proof? From me? You think I'm a bloody lier? So maybe you think I AM egocentrical? How dare you, miserable piece of... piece of 8 (cf Monkey Island)? You probably didn't understand the half of what I wrote, and you judge me? I swear I'm not egocentrical, I'm just awesome, and if you don't believe me go burning in hell ! And by the way take this with you (proof at the end of it... but all the video is worth your time I think) link

(hey I didn't know I play so great bad people, because you know, I love everyone on Earth... Anyway, critics, jokes, english,  What the hell can't I do, hey? See ya folks, next time in german? Probably not, as the only german-written book is "mein Kampf"... Isn't it? Never heard any word about another one in fact... Could german be worse reading than hearing? Doktor Who?... Damn it could be right. That's frightening! )

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 22:54

Ange-Blond-Mnemos

 

Quelle chance, le meilleur critique de litérature de l'imaginaire de l'Internet mondial renaît de ses cendres, tel la fée Nix, personnage profond et tout aussi imaginaire que la litérature dont je traite... et disciple de la non-moins profonde fée Lassion... Je vous manquais hein? Moins que votre envie de commenter en tout cas.... Pourtant vous êtes quelques-uns à me lire, et ce même si j'exclue mes préférés qui viennent sur ce blog en recherchant sur google "comment parler aux gnomes" ou "image de guerrier mutant".... (véridique hein! Et encore j'en ai oublié un ou deux au moins aussi bons, mais over-blog ne les garde qu'un mois...)

Aujourd'hui la leçon portera sur "L'ange blond", donc je salue d'avance les visiteurs qui auront recherché "les anges mangent-ils des nuages?" ou quelque chose du genre, sur un moteur de recherche.

 

Infos: Sortez vos cahiers de lecture... "L'ange blond", thriller d'espionnage dans un univers de science-fiction paru en février 2010 et signé Laurent Poujois,dont c'est le premier roman non-destiné à le jeunesse. Nous n'évoquerons donc pas ces autres oeuvres, qui sont certainement très bonnes aussi, mais que je ne pense pas lire de si tôt. Ce roman fait 299 pages et est ce qu'on appelle une uchronie, c'est à dire une histoire se déroulant peu ou prou à notre époque, mais sur une Terre différente où Napoléon serait mort de sa belle mort à la fin de son règne et où son empire aurait donc perduré jusqu'à l'histoire qui vous sera contée, 200 ans plus tard. A noter que ce roman a recu le prix du meilleur roman de l'imaginaire de le première édition des Futuriales, salon où je me trouvais et où je n'ai acheté QUE ce roman, parmi les 5 finalistes, après une bonne heure de réflexion, et ce quelques 2/3H avant qu'il ne l'emporte... Donc si vous cherchez un juré pour un autre prix hein, faites moi signe, j'ai du temps là...

 

Résumé: Oyez oyez, citoyens de l'Empire, réjouissez-vous car dans quelque jours nous fêterons le bicentenaire du débarquement de Napoléon en Angleterre, souvenir mémorable qui permit à ce dernier de gagner la guerre et d'assurer le maintien de ce fabuleux empire sur une grande partie de l'Europe jusqu'à aujourd'hui.... Oui, sauf que l'on sait qu'un attentat est en préparation contre l'impératrice lors de cette cérémonie. La seule information dont on dispose c'est qu'un certain Otto Hitler, descendant d'un peintre autrichien n'ayant pas marqué son époque outre-mesure, est impliqué. Mais cette conspiration remonte très certainement plus haut que cela, dans les maillons même de l'Empire. On décide donc de faire appel au maître-orchestreur (DJ de ce monde) mondialement connu "der Blonde Engel", nom de scène d'Aurore Lefèvre, diplômée de stratégie spatiale, six ans de service dans le Légion Impériale, commandant démissionnaire suite à une mission ayant mal tournée. Une sorte de James Bond de cette Terre alternative... Bah, une James Bond femme pourquoi pas, surtout dans un roman, où l'on se fiche donc pas mal de la disparition des James-Bond-girls....

 

Personnages:

Aurore Lefèvre, héroïne du roman. Adepte de sports extrèmes interdits, orchestreuse géniale et espionne talentueuse, mais surtout femme dotée d'un caractère appréciable. Elle n'en fait qu'à sa tête, envers et contre sa hiérarchie, avec qui elle n'a accepté de travailler que parce qu'ils l'avaient attrapée suite à une séance d'aile volante motorisée (en gros) entre les gratte-ciels de Londres, parfaitement interdite il va sans dire. Mais elle sait qu'elle est la seule à pouvoir mener à bien la mission, donc elle la mène comme elle l'entend, faisant fi des remontrances qu'elle reçoit ultérieurement à chaque fois. Et en plus elle est drôle.... et belle, même si ca complique la lecture, puisque c'est assez dur de lire tout en regardant la couverture (qui d'ailleurs ne rend pas totalement hommage à la beauté dont on nous fait l'éloge... putain de visière...). A postériori je conseille de le lire face à un miroir pour en profiter, vous n'aurez pas tordu votre bouquin dans tous les sens, contrairement à moi (je plaisante hein, je viens de vérifier, même en tordant, pliant, maltraitant l'objet, c'est impossible...). Et aussi incroyablement humaine, face à des situations pas toujours supportables, face à des malades ou des esclaves (non-assimilés comme tel, mais quand même). Bref qu'est ce qu'on l'aime !

Sinon, il y'a aussi Emilien. Meilleur ami de notre espionne préférée, il est très attachant bien qu'un peu.. hétéroclyte. Lors de la mission qui amena Aurore à quitter la Légion Impériale, le corps d'Emilien fût litéralement déchiré de toutes parts. Il aurait pu décider de faire transférer son cerveau dans un corps artificiel, mais en accord avec ses convictions religieuses, il préféra garder son bon vieux corps dans un cylindre contenant foultitude de nanobiônes médicaux. Il vit donc, immobile dans sa chambre, relié au réseau NetZ, sorte d'Internet hyperdéveloppé, qui lui sert comme qui dirait de nouveau lieu de vie. Emilien est plein de bon sens, et Aurore ira le voir chaque fois qu'elle le pourra pour lui demander conseil. Par la suite il fera office, de par se maîtrise totale du flux d'informations de la NetZ, de centre névralgique lors d'opérations militaires, d'espionnage ou d'affrontement, demandant une logistique parfaite. Franchement sympa aussi.

Ensuite on a Marco. Maori d'origine, on le voit dans le premier chapitre où il effectue le survol de Londres avec Aurore puis surtout vers la fin lorsque l'affrontement final s'engage. C'est un géant surdimensionné (à vue de nez 2 mètres pour 140 kgs) qui, quant à lui, fait toujours partie de la Légion. Il paraît moins casse-cou qu'Aurore mais en fait non, il l'estime simplement trop pour la laisser risquer sa vie sans émettre un bémol (dont il connait l'inutilité, mais qu'importe, c'est le geste qui compte). Par contre, quand il s'agit de sa propre vie, rien ne lui fait peur.... Il fait plaisir à voir à la fin, premier partenaire de notre Ange Blond sur lequel elle compte aveuglément, contrairement à ceux qui lui sont assignés par l'Empire.

Puis justement, Severenko et Franz-Olivier, les deux agents impériaux auxquels elle devrait logiquement obéir. Severenko est le plus gradé, celui qui devrait tout diriger et il ne supporte pas l'attitude d'Aurore. Ils se voient rarement mais toujours pour une bonne engueulade, petit rituel bien agréable. Franz-Olivier quant à lui est son contact de terrain. Comprenez celui qui se balade autour du lieu de l'action, relié à elle par un système de communication invisible. Il est plutôt du genre prudent, donc il a du mal à se faire à la façon de faire d'Aurore. Mais une fois qu'il aura compris comment elle fonctionne il adaptera sa façon d'agir pour lui être le plus utile possible, sans se mettre dans des situations de danger trop extrème, tant que faire ce peut. Aurore le trouvera parfaitement inutile au début de leur collaboration, puis apprendra à connaitre la personne et à l'apprécier.

Et pour finir Otto Hitler, cible de toute cette opération d'espionnage. Richissime fils du premier producteur de pornbiônes, il est organisateur de soirées et de grands évènements, et a remporté l'appel d'offre pour l'organisation des festivités du bicentenaire du débarquement (pas d'bol...). Un homme incroyablement antipathique, imbu de lui même, obsédé sexuel, sadique et surtout ayant pour ambition de renverser l'Empire (plutôt pacifique et bien-pensant pour le moment) pour instaurer une dictature dans laquelle il ne serait probablement pas mal placé.

Donc une héroïne formidable, deux sidekicks très bons, deux collaborateurs forcés différents et bien travaillés, tous gravitant autour de l'une des pires pourritures que l'on puisse imaginer (c'est ptet ce nom aussi, Hitler.... J'ai l'impression de l'avoir déjà entendu et ça me hérisse le poil....). Donc bon... 4.5/5 pour le casting, simplement parce que honêtement faut avouer que tous ces personnages doivent être le cliché de leur rôle dans ce type de roman... Mais comme ils sont des clichés bien réussis et que je ne lis pas tant que ça de SF et que c'est un de mes premiers roman d'espionnage, ca ne m'a pas gêné... J'enlève un demi-point par principe.

 

Histoire:

Vous connaissez déjà le pitch dans les grandes lignes. Je préciserais tout de même que la couverture d'Aurore sera d'être le maître-orchestreur de la cérémonie (celui prévu avant la découverte du complot ayant malheureusement subi un léger accident l'empêchant de faire son travail pendant quelques semaines), et que la mission responsable de la démission d'Aurore de la Légion aura une part non-négligeable dans l'histoire (mais pas dans l'intrigue), à la fois pour les séquelles psychologiques qu'elle aura laissées sur notre espionne, mais aussi parce qu'elle profitera de son retour dans le mlieu pour tirer certaines choses au clair.

Non, ici, l'histoire, la vraie, est dans le monde qui nous est offert. Pourquoi? Parce qu'on est dans la science-fiction et, de surcroît, dans une uchronie. La partie uchronie déjà... Je ne suis pas grand connaisseur d'Histoire, mais tout est parfaitement cohérent. L'empire napoléonien ne s'est pas effondré, a continué à s'étendre, transformant l'Europe actuel en Empire comparable aux Etats-Unis. C'est frais, et ça tient debout. Par exemple cela a modifié le rapport de force entre l'anglais et le français, ce dernier étant la langue officielle de l'Empire. Et comme je l'ai dit, on a bien l'impression d'être dans une Europe formant un bloc et pas une somme d'états.

Il faut dire que ce sentiment est renforcé par un certain aspect apporté par la science-fiction de l'ouvrage: les moyens de transport. On passera rapidement sur cette "combinaison volante" que l'on voit dans le premier chapitre et sur les dirigeables foisonnants, pour souligner l'Unter-G, le métro.... effectuant, par exemple, Paris-Londres en 19 minutes... Pile le temps pour que chaque passager descende sa visière pour se regarder un épisode de sa série préférée, pratique. Et donc on alterne Paris, Londres, Amsterdam etc... en un battement de cils (d'une blondeur ma foi fort agréable). Et sinon il y a aussi prépondérance des biônes. Ce sont des micro-organismes nanoscopiques, servant absolument à tout: soins d'urgence, enregistrement vidéos, intéraction avec tout matériel électronique... En general on communique avec eux par des machines, par exemple dans le cas d'Aurore grâce à son casque, qui contient les biônes (et pas son corps). Et je dis bien communiquer avec eux, car c'est ce qu'il se passe: plus ils sont utiles et plus il sont forts, il faut souvent les convaincre de faire ce que l'on veut, en argumentant, en se battant à l'aide d'autres biônes etc... C'est assez compliqué, à expliquer, comme à faire, mais c'est encore là un atout de notre Ange Blond, puisque le travail de Maître Orchestreur passe uniquement par les communications avec de nombreux biônes, elle est donc un adversaire de taille pour les biônes chargés de protéger les informations sur le complot ou d'empêcher l'accès à tel ou tel endroit.

Donc une histoire d'attentat assez banale, mais dans un monde plaisant et bien cohérent, adjoint de trouvailles technologiques fort bien exploitées... 4/5 pour l'histoire, grâce au monde qui nous est offert et parce que l'argument, bien que des plus ordinaires, est ponctué d'énormément de rebondissements qui gardent tout l'intérêt du lecteur pour cette mission.

 

Style:

A première vue rien d'exceptionnel. Ce n'est pas de la grande litérature, l'auteur n'en est qu'à ses débuts, et donc les phrases ne sont pasdes bijoux ciselés avec brio. Mais quand même... quand même il se débrouille le bougre. Aucune phrase n'est véritablement un échec, elles sont toutes "bien". Il dit ce qu'il y a à dire. Ni plus, ni moins.

Arrangeons donc cette première impression pour le moins mitigée en précisant qu'il y a quand même deux très bonnes qualités: les séquences de connection avec les biônes sont parfaitement compréhensibles et pas enuyeuses du tout, au contraire on frémit du danger auquel s'expose bien souvent Aurore en bataillant contre ces êtres nanoscopiques (car oui cela peut être extrèmement dangereux). Donc bravo. Et ensuite précisons que les dialogues, encore une fois sans être des joyaux d'orfèvrerie, sont vraiment savoureux: l'humour et la rebellion de l'espionne passent admiralement et les petites phrases tantôt cyniques tantôt impertinentes s'enchaînent avec délice.

Tiens ca me fait penser à une autre belle qualité quant au style de l'oeuvre en général: tout s'enchaine à 100 à l'heure si ce n'est plus. L'histoire commence une semaine avant la cérémonie, donc chaque journée verra son lot de révélations, d'action, de nouveaux personnages, bref de rebondissements. Particulièrement agréable pour ne pas s'ennuyer pendant la lecture.

A noter aussi que l'Europe parle français mais que l'anglais et l'allemand ne sont pas oubliés, principalement à travers les jurons ou quelques mots par-ci par-là.... Encore une fois c'est loin d'être ultime mais c'est bien trouvé.

Donc pour style banal mais frôlant la perfection dans la banalité, une note qui sur ce blog devient banale mais qui, rappelons le, frôle la perfection mathématiquement parlant, 4/5

 

D'un point de vue subjectif:

Hmm mon passage préféré, on lâche la bride et on recommence à dire des conneries parfaitement personelles, comme en introduction, mais cette fois en lien direct avec le sujet de la leçon.

Tout se passe très vite, dans l'histoire comme dans la lecture. Une sorte de mise en abyme de la vitese. Plein de trouvailles sur le fond de cette histoire, qui élève ce scénario à la forme banale mais parfaitement maîtrisée au stade du très agréable à lire. On n'en ressort pas forcément meilleur. On ne se souvient pas forcément de tout ce qu'il s'est passé car il se passe beaucoup beaucoup de choses (Polgara, si tu m'entends.... Aurore a peut-être vécu en une semaine plus de choses que toi en 5000 ans... heureusement que Garion a finit par naître, tu serais morte d'ennui). Mais on ne s'ennuie pas un instant. On ne pense à rien d'autre pendant qu'on le lit. Et à la fin on a l'impression qu'on venait juste de le commencer. Je ne suis pas grand adepte de cinéma (à vrai dire j'en serais plutôt un fervent opposant mais ceci est une autre histoire), mais à mes yeux tout cela est ce que l'on attend d'un excellent block-buster. Un scénario dont tout le monde se fout, mais rattrapé par des effets spéciaux à couper le souffle et une héroïne à souffler la coupe (ca ne veut rien dire mais c'est très parlant n'est-ce pas?)... avec en plus un peu de cul, yahooo...

Redevenons sérieux une seconde, le temps d'attribuer subjectivement 4/5 au livre, et je n'argumenterais pas plus sur cette note, puisque c'est subjectif !

 

Sortez vos ardoises, calcul mental.... 4.5+4+4+4... On arrête d'écrire et on lève les ardoises... Bravo, 16.5/20. Laurent, jolie rédaction, tu gagnes une image, tu viendras la chercher à la parution de ton prochain roman... Enzo c'est quoi ce mot, fais voir...."Le maître-critique regrette de pas être instit'! " Totalement faux, toutes ces conneries sont venues par hasard, pour donner une petite ambience drôle... et comme punition tu me liras les 6 premiers tomes de l'assassin royal pour lundi prochain (comme c'est bon d'avoir une tête de turc... je jubile rien qu'a imaginer certaines personnes s'énerver a chaque fois que je critique l'assassin royal gratuitement...) Et ca te fait 2 croix rouges, la prochaine fois tu me recopieras le 1er tome des aventuriers de la mer, sans faute...

Bref à lire car ça va très vite, ca prend le meilleur de la science fiction et de l'espionnage et c'est une uchronie agréable. A ne pas lire si les "croix rouges" vous rebutent

 

Les "bons points": ca se lit vite; ca prend le meilleur de la SF et de l'espionnage; c'est une uchronie agréable; c'est drôle et moins lourdingue que la répétition dont je viens de me rendre coupable; héroïne réussie (ca change... des héros réussis); ca s'enchaîne à 100 à l'heure; les biônes (oui les mecs, on voit du pornbiône yihaaa !.... désolé); premier roman adulte de ce jeune auteur français alors sponsorisez-le; beaucoup d'action superbement maîtrisée; une note au-dessus de celle d'Alien Earth je suis choqué!; grosse envie de le relire

 

Les "croix rouges": un coté superficiel de block-buster c'est a dire très agréable mais n'apportant rien; des personnage stéréotypés; une intrigue qui n'est pas à la hauteur du monde qui est décrit; le coup du petit fils d'Adolf le peintre qui veut conquérir l'Europe.... ca frôle le mauvais-goût non?

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 15:18

LaBalleDuNéant

 

Nouvelle incursion dans ce domaine sous-représenté ici qu'est la science-fiction avec "La balle du néant", que j'ai lu quand pour marquer une pause entre 2 cycles de la Compagnie Noire. J'ai voulu compulser (j'aime ce mot, c'est son premier emploi mais certainement pas le dernier... C'est exactement synonyme de "lire"... incroyable non?) un petit bouquin, rapide car la compagnie ne pouvait se passer de moi bien longtemps (ou l'inverse?), et dans une ambience différente... et j'ai été servi par ce roman, comme vous allez le voir.

 

Infos: Polar de science-fiction de 184 pages publié en 1996 et signé Roland Charles Wagner, un écrivain de SF français. C'est le premier tome d'un cycle appelé les futurs mystères de Paris, s'inscrivant lui même dans un ensemble plus vaste appelé "Histoire d'un futur" comprenant un autre cycle (3 romans et 3 nouvelles) et 2 romans indépendants. Le cycle des Futurs mystères de Paris reçut en 1999 le grand prix de l'imaginaire du roman francophone.

Pour les plus férus de culture, ces "futurs" mystères de Paris sont un prolongement litéraire des Mystères de Paris, des Nouveaux mystères de Paris et des Derniers mystères de Paris, respéctivement écrits par Eugène Sue, Léo Mallet et Frédéric Dard, en 1842, 1954 et 1956, que je n'ai pas lu car je n'étais pas né, et à l'époque ils n'avaient même pas la couverture en couleur...

Pour finir, mentionnons que l'auteur, Roland C. Wagner est également chanteur du groupe relativement connu "Brain Damage" depuis 1983, groupe de rock français à tendance psychédélique, ce qui colle bien a Roland Charles, qui parsème ses romans de gentils junkys, a écrit un roman appelé Ganja et (surtout) a publié quelques romans sous le pseudonyme Red Deff.... Oui oui, Red Deff... J'adore!

 

Résumé: On verra l'énorme background sociétal dans la partie "Histoire". Contentons-nous ici de dire que l'argument de ce roman est l'enquête menée par un détective privé sur le meurtre d'un chercheur, enquête effectuée sur demande de la soeur de ce dernier. Et pas n'importe quelle enquête: Roland C. Wagner revisite ici à la sauce futuriste le plus cliché des meurtres mais aussi le plus insolvable: le meurtre en chambre close, c'est à dire que le pauvre Herbert est retrouvé avec un surplus de plomb dans le cerveau dans une chambre d'hôtel fermée à clef, dont la clef se trouve à l'intérieur. Et croyez-moi, la solution à cette énigme n'a jamais été celle apportée dans cet étrange futur.

 

Personnages:

Le personnage principal porte un doux sobriquet, un peu long pour appartenir à la compagnie noire, mais tellement discret.... Temple Sacré de l'Aube Radieuse.... Oui, oui, c'est son prénom. Heureusement que ses parents n'étaient pas épris de prénoms composés car, sérieusement, Jean-Temple Sacré de l'Aube Radieuse, ça a moins de classe... Mais ne vous en faites pas, son prénom n'occupe pas à lui seul un dixième des 184 pages, dans l'intimité on l'appelle Tem... Oui, la même sonorité que le chef d'oeuvre de Patrick Sébastien. Une coincidence? Je dirais plutôt un infâme message subliminal, dont je ne comprends pas encore la finalité mais j'y travaille. Tem, donc, est détective privé. Un boulot qui lui convient bien parce que c'est un transparent. Comprenez par là un mutant (attention, apparition du coté science fiction!) qui passe parfaitement inaperçu. 99% des gens ne se rendent pas compte de sa présence, certains même pendant qu'il leur adresse la parole. Ca aide pour un détective privé. Pour diminuer un peu cet effet qui, au final, est bien souvent peu pratique, il porte constamment un borsalino vert fluo et des vêtements tout aussi fluos, mais ça ne marche pas des masses (vous pouvez d'ailleurs aller voir la représentation qui est faite de lui, plutôt juste si ce n'est qu'il a un visage, sur la couverture de la nouvelle édition dont je ne dispose pas, à la fin de cette critique). Bon, donc un détective passe-partout. Mais quid de son caractère? Hé bien il est plutôt cool. Flegmatique, nonchalant et décontracté, il est plus proche de Colombo que de Jack Bauer. Son modèle? Sherlock Holmes? Trop drogué! Hercule Poirot? Trop belge! Non ce sera Nestor Burma! Il n'arrête pas de louer ce bon vieux Nestor (peut-être est-il jaloux de son prénom presque plus classe que Temple Sacré de l'Aube Radieuse?) et de se demander ce qu'il aurait fait à sa place. Plutôt cynique (décidément) c'est un vrai plaisir et une bonne rigolade de suivre ce héros au long des 184 pages.

Un autre personnage à signaler? A part les personnages secondaires (la soeur de la victime, ses collègues, le meilleur ami toxicomane de Tem.... Tous très réussis et remplissant parfaitement leur rôle.... d'ombre furtive dans l'histoire) il en reste un pour le moins intéressant: GLORIA, une aya, comprenez une intelligence artificielle. Enfin pas n'importe laquelle... La meilleure. Mise au point par quelque association militaro-économique et gardée loin de la planète dans un satellite militaire... jusqu'à ce que Tem décide, bien avant le début de cette histoire, de profiter de son Talent de transparence pour visiter un satellite militaire (curieux divertissement je vous l'accorde... il y a fort à parier qu'il a testé la visite des douches féminines de la piscine du coin avant, mais ce n'est pas précisé...). GLORIA profita de sa venue pour s'échapper avec lui et le suit désormais dans ses enquêtes, tout en menant sa petite vie d'intelligence artificielle anarchiste de son côté. GLORIA est caustique, anarchiste, mégalomane, et surtout omnipotente ou presque... Et attention dans ce monde, dont nous allons parler bien vite, cette intelligence artificielle peut vraiment faire beaucoup de choses.... Outre les capacités d'espionnage informatique évidente, elle peut, par exemple, faire apparaitre un visage sur le mur de la cuisine de Tem pour lui parler de vive voix (c'est d'ailleurs en général comme ça qu'ils communiquent). C'est pour vous donner une idée de ce personnage bien peu ordinaire...

Donc, un personnage principal plutôt parfait, un bras-droit quasi-omnipotent, les deux étant drôles, et des personnages secondaires réussis.... Je vois qu'un 5/5 pour être cohérent

 

Histoire:

Alors là... Essayons de planter le décor. Dans le monde des Futurs Mystères, les pensées, les volontés, les envies des humains forment une entité intangible mais ayant de réelles répercussions sur l'Humanité appelée la psychosphère. Dans le passé (quelques 50 ans plus tôt), cette entité et une autre bien connue appelée la réalité se sont heurtées, provoquant un évenement mondial, La Grande Terreur primitive. Et ce jour l'Humanité changea. Elle prit conscience de l'existence de la psychosphère, apprit en partie à interagir avec, des mutants aux pouvoirs variés naquîrent (allant de la Transparence au fait de tomber très lentement....), la guerre disparût et avec elle la très grande majorité des violences. Ainsi la societé humaine changea de forme, la plupart des états disparaissant au profit de grands conglomérats économiques, tandis que les populations se répartirent en Tribus, en général selon leurs gouts (musique, drogue, cuisine à l'estragon.... il y a de tout) et les sectes se multiplièrent, parfaitement autorisées et prêchant des religions allants du bizare au farfelu en passant par le saugrenu (moi même j'ai créé la secte des adeptes du synonyme... étrange?). Voilà donc pourquoi notre bon Tem est engagé par la soeur de la victime: la disparition de la violence a entraîné un certain relâchement de la part des forces de l'ordre, qui abandonnent bien vite cette affaire en chambre close insolvable.

Pour ce qui est du scénario de cette enquête, ca part parfaitement sans originalité, mais, comme je l'ai dit la conclusion n'en manque pas. Et surtout l'enquête sera l'occasion de goûter à ces tribus, ces sectes et ces conglomérats, tout cela en 184 pages, chapeau l'artiste!

Donc une enquête rondement menée, un monde carrément captivant... Ce sera donc 4/5, seulement, car le background est difficile a bien comprendre (on le révèle par petites touches, pas tout d'un coup), je ne suis d'ailleurs pas certain que plus de la moitié de ce que je vous ai raconté sur ce qu'est la psychosphère est juste. Et en plus tout n'est pas révélé, loin de là, notamment sur la Grand Terreur primitive (ce qui se passa vraiment pour tout un chacun à ce moment-là) et ça, c'est plutôt frustrant.

 

Le style:

Pour commencer, c'est drôle. L'histoire, tout comme Tem, ne se prennent pas au sérieux. et on sourit bien souvent. Le narrateur est Tem, donc emploi du "je", agréable quand c'est bien fait, et ici c'est le cas. Je viens de tomber sur un chapitre qui finit par un long paragraphe sur la difficulté de l'enquête, puis retour à la ligne et "Nestor, aide-moi". C'est du même tonneau pendant tout le roman, Tem n'hésitant pas à donner son avis sur chaque aspect de la societé qu'il croise, et, vous l'avez compris, on est face à une societé pour le moins multi-facettes. Le découpage est efficace, des chapitres d'une dizaine de pages illustrant chacun un déplacement dans l'enquête de Tem. Et l'alternance description/dialogue est agréable, environ 50/50. Et en prime, on a droit à plusieurs scènes d'action, le véritable coupable essayant de se débarasser de notre bon détective ou des témoins génants.

Alors hop, un 4/5 pour signaler que ce n'est pas parfait (on aurait peut-être aimé plus d'actions, moins d'atermoiments, ou d'anecdotes peu utiles... Mais ca reste quasi-parfait hein!!! Ha oui, et des explications plus claires sur la psychosphère et la Grande Terreur primitive auraient été appréciables)

 

D'un point de vue subjectif:

Ca sera court je pense. J'ai beaucoup aimé Tem (mais tout le monde t'aime Tem... T'aimes? C'est le thème !), j'ai beaucoup aimé l'idée de cette intelligence artificielle surpuissante, j'ai surtout beaucoup aimé ce monde. Il a un potentiel pour offrir vraiment une infinité de scénarios, tous plus absurdes les uns que les autres, et vécus, donc, par un personnage haut en couleur (c'est pas peu dire). Non le seul problème c'est que si j'aime ce qu'est devenu ce monde, j'ai du mal à en comprendre les origines... la psychosphère, la Grand Terreur primitive... Honnêtement j'ai pas compris grand chose et ce que je vous ai dit tout à l'heure résulte du peu que j'ai compris et de ce que j'ai lu quelques minutes plus tôt sur wikipedia... C'est dommage quand même. Mais bon, après tout ce n'est que le premier tome d'un cycle qui appartient à un ensemble encore plus vaste comprenant notamment des préquelles, alors je reste persuadé que je finirais par avoir ma propre compréhension de tout cela... Mais c'est quand même frustrant d'aimer un livre, d'aimer son univers, en ne comprenant pas les explications sur ce qui lui a donné naissance. Donc un 5/5 - 1/5 pour trucs trop durs à comprendre, ca nous fait 4/5

 

Donc une note finale de 17/20. Très bonne note pour très bon livre. Moi qui lit très peu de SF et de polars, j'ai pu faire les deux en même temps et avec beaucoup de plaisir et surtout en me disant que ce n'était que le premier pas dans un monde riche en promesses. Et en plus, c'est drôle et plein de suspense (que ce soit sur l'affaire à élucider ou sur l'explication des origines de ce monde). Alors n'hésitez pas, si vous vous dîtes que 184 pages de SF-polar totalement décalé ne peuvent pas vous faire de mal, vous avez sûrement raison. Je vous laisse, ca va être l'heure de Nestor Burma.

 

Les +: drôle; novateur; un personnage central excellent; pour une fois ça fait moins de 400 pages; premier pas dans quelque chose d'assez vaste sans être un disque-monde ou une roue du temps; ca change un cycle sans fil-rouge: on en lit un et on peut attendre 2 mois avant d'y retourner; des "supers"-pouvoirs sans guerre ni violence... c'est plutôt nouveau; bonne matière pour critiquer quelques travers de notre societé à travers ces tribus et ces sectes en tout genre.

 

Les -: ça fait moins de 400 pages (pour le coup, quand c'est bon on ne compte pas); des informations importantes sur ce monde ne sont pas encore révélées; on ne comprend pas toutes les informations déjà révélées.

 

(Hi, haaave you met Ted Tem?)

LaBalleDuNéant2

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 18:29

FrenchAlienEarth2

 

Inauguration de la frange science-fiction de ma bibliotheque, fêtons la comme il se doit avec Alien Earth, à ne pas manquer si vous aimez le genre.

 

Infos: Roman de 543 pages paru en 1992 et signé Megan Lindholm, à traduire Robin Hobb, mère bien connue des six-duchés, théatre en premier lieu du trop bon-trop long "Assassin Royal" puis des moins marquants "Aventuriers de la mer" (dont la lecture me fait plutôt penser à une longue traversée des océans du vide... elle aurait mieux fait de finir l'assassin royal au 6ème tome, puis de jeter l'ancre ici et d'arrêter d'écrire... elle a préféré jeter l'encre...). Mais aussi auteur, sous ce même pseudonyme  de Megan Lindholm du "Dernier magicien" court roman de fantasy urbaine très peu connu et dont je dois être le seul afficionado en France, mais qu'importe ici c'est chez moi, alors délaissez ce balourd de Fitz pour vous plonger dans ce concentré de poésie contemporaine qu'est "Le dernier magicien".... ou Alien Earth évidemment !

 

Résumé: Alors... Il y a plusieurs centaines d'années (ou milliers?) l'humanité a ravagé la Terre, semant pollution et chaos, et s'est condamnée elle-même à une disparition rapide et inévitable... Heureusement, quelques années avant la fin de ce monde, une race extra-terrestre, les arthroplanes viennent sauver cette bonne vieille éspèce humaine. Aucun homme ne les voit, mais ils ressemblent à des insectes à taille humaine, pourvus de tentacules bizarres. Et ils n'arrivent pas seuls: ils commandent à une autre race extra-terrestre, les anilvaisseaux, sortes de méduse de taille gigantesque flottant dans l'espace et auxquels sont accrochés de très grandes nacelles, permettant d'évacuer le plus d'humains possibles à travers l'espace, vers deux planètes préparées pour eux: Castor et Pollux. L'aventure démarre de nombreuses années plus tard, autour d'une éspèce humaine bien changée par sélection et modification génétique et par la dure loi imposée par le Conservatoire: les humains sont tous très petits (taille d'enfant), vivent 200 ans, sont pubères à 100 ans et ne pensent à peu près jamais aux loisirs en raison d'une éducation quasi-militaire pour tout le monde (vous comprenez, sans cela, la nature de l'Humanité conduirait à une nouvelle et inévitable catastrophe comme celle de la Terre). Et on suit donc l'équipage (réduit) d'un anilvaisseau, chargé par une fondation un peu rebelle, "Terra Affirma" qui suppose que contrairement à ce que dit le Conservatoire, la terre est redevenue habitable et qu'il est bien l'heure de rentrer à la maison, de retourner faire un tour vers la planète bleue pour voir ce qu'il en est...

 

Personnages:

Pas bien nombreux ca nous change... les 2 humains qui composent l'équipage officiel: John, le capitaine et Connie, son nouveau second. Ils sont tous les deux plutot décalés par rapport aux autres humains, puisqu'ils s'endorment durant tous leurs voyages dans l'espace de plusieurs centaines d'années... Donc quand ils reviennent sur Castor et Pollux ils peuvent voir comment la societé a évoluée sur plusieurs générations. Connie est timide et très tourmentée par un évenement de son enfance, et prendra du relief au fur et à mesure de l'ouvrage, apprenant à dire non, ce dont son total manque de personnalité l'empêche au début. John est plutôt un peu rebel de par la vision qu'il a depuis toutes ces années du recul du niveau culturel de sa civilisation, au profit de sa sécurité. Passionné par la lecture d'anciens ouvrages écrits du temps de la Terre, il n'a pas peur de se les procurer bien que leur possession soit interdite par le Conservatoire (dépénalisons le... la littérature !!). Attitude rebelle soulignée par les rapports d'antagonisme qu'il entretient avec l'arthroplane chargé de diriger son anilvaisseau, ancien ami avec qui il ne peut dorénavant plus se parler sans se traiter avec mépris.

Cet arthroplane justement, Tug. Dur à décrire. Extrèmement vieux, puisqu'il ne s'endort pas pendant les voyages stellaires et passionné lui aussi par la lecture des écrits humains, ce qui, il le sait, ne plairait pas a la caste dirigeante des arthroplanes: s'intéresser à la culture humaine, pourquoi pas, l'aimer, jamais de la vie. Sur le vaisseau il se considère comme le maître: bien qu'il soit dans une cavité aux tréfonds des entrailles de l'anilvaisseau et qu'il ne puisse interagir directement avec les humains, c'est lui qui dirige le vaisseau et qui controle également tout ce qui est éléctrique a l'intérieur. Il entend tout, voit tout, et c'est lui qui réveille les 2 membres d'équipage à sa guise, pour s'attirer la sympathie de Connie seul à seul, ou pour déstabiliser John avec une question futile sur la traversée. Une sorte de HAL insectoïde, l'intelligence artificielle de l'odyssée de l'espace.

Et il ne s'ennuie pas Tug, en plus de ses lectures, il "discute" avec l'anilvaisseau, Evangeline, joue avec elle pour la distraire, et condamne ses erreurs ou ses prises de position en lui injectant diverses substances désagréables. Après tout, les anilvaisseaux ne sont que de gros animaux domestiques dotés de l'intelligence d'un enfant de 4/5 ans... Et il a un petit secret aussi Tug: un véritable terrien qu'il a mis en sommeil durant le premier exode, et qu'il réveille régulierement quand l'équipage dort, pour se raconter des histoires sur cette bonne vieille Terre. Un trèès vieil ami si vous voulez.

Voila. Sont pas bien nombreux, mais tous réussis. On aime vraiment John, on est fasciné par Tug, intéressé par l'histoire de Raef, dernier terrien en vie depuis des milliers d'années et content de voir que Connie prend du relief au fur et à mesure. Sans compter Evangeline qui devient un personnage prépondérant à la fin du livre. Alors on mettra 4.5/5 pour les personnages (-0.5 car Connie prend du temps a se faire apprécier, et que même une fois ceci fait il y a des hauts et des bas... et puis 5/5 c'est réservé aux gnomes qui n'y connaissent rien en math non?)

 

Histoire:

Bah c'est.... pas mal. Pas trèès originale cette histoire de Terre calcinée et d'exode, mais les races des arthroplanes et des anilvaisseaux sont assez originales et longuement décrites pour rattraper cette fondation éculée. Dans le fond, on notera une vive critique de notre societé actuelle, que ce soit parce qu'elle entraîna l'humanité au bord de l'extinction (le capitalisme égoïste et anti-écolo des pays riches) ou de par la main-mise du Conservatoire sur la culture et l'éducation de la nouvelle humanité (qui nous rappelle les dangers du contrôle à outrance de bon nombre de peuples par des dirigeants pas tout à fait démocratiquement élus, ou de cette saloperie de culture de masse dont on devrait tous ressortir avec les même gouts et envies).

Donc c'est bien mais pas super original, et long à démarrer, le premier quart/tiers mettant l'accent sur le passé et sur la description de cette societé déshumanisée (intéressante, mais longuette)... donc 3.5/5...

 

Style:

J'ai lu quelque part que Robin jouait ici magistralement de sa maîtrise du huis clos qu'elle nous avait déja démontrée dans l'assassin royal... bon je n'ai pas souvenir de huis clos dans l'assassin royal (lu il y a bien longtemps) mais il est clair qu'ici elle le maîtrise bien. Dans la premiere partie elle gère aussi bien le coté récit historique et encore mieux la description de la nouvelle societé. Tout ceci est plein de descriptions qu'on lit de bout en bout sans voir le temps passer. Et par la suite le huis clos de l'anilvaisseau est donc vraiment des plus agréables. Le rapport conflictuel John/Tug est délectable, et les sentiments qu'éprouve Connie sont tangibles. Ajoutons à cela que le vrai personnage principal, Tug, est magistralement réussi, des moments de doutes mais surtout de confiance en soi à outrance... on passe vraiment par toutes les émotions, toujours avec brio. Et notons aussi une derniere chose assez jouissive, le suspense. Robin en écrit toujours trop ou pas assez et nous pousse a vouloir connaître la suite, que ce soit au sujet du problème qu'a eu Connie durant l'enfance, de l'origine de l'embrouille entre Tug et John ou de ce que sont vraiment les anilvaisseaux, l'auteur nous mène constamment par le bout de notre curiosité. Et résultat ca se lit super vite et avec beaucoup de plaisir... Mais surtout une fois la mission commencée, donc seulement 4/5, car quelques longueurs au début.

 

D'un point de vue subjectif:

J'ai beaucoup aimé. A vrai dire, ca m'a même donné envie de me remettre un peu à la SF, donc bravo (mais c'était il y a un an, donc ne vous attendez pas à des masses de critiques sur nos désastreux futurs hypothétiquement hypothétiques...) Alors bon c'est pas parfait, le début est parfois peu intéressant et, de manière général je trouve que 540 pages ca fait beaucoup (surtout quand on ne lit jamais de SF). Néanmoins malgré cela, je m'y suis vraiment plongé et avec plaisir. Les personnages sont peu nombreux mais couvrent tous les aspects de la personnalité (ou presque), et le parrallele avec notre vraie societé, s'il n'est pas omniprésent, est toujours juste... et  c'est plutôt agréable quand c'est réussi dans le domaine de la SF. Et puis au final le livre tourne surtout autour du personnage de Tug, et il est vraiment réussi... C'est une sorte de méchant, mais il ne s'en rend pas compte, donc on aime quand même le méchant de l'histoire, en espérant qu'il s'améliore... pas courant

Alors hop, la note subjective sera.... 4/5

 

Donc un total de....16/20. Moui, ca correspond bien. Pareil que Faërie, les deux sont aussi bien... D'ailleurs pour être plus précis, les deux sont aussi excellents, mais aussi trop longs... Alors un conseil si vous écrivez arrêtez vous à la page 450. Si c'est pas fini, terminez la phrase, et écrivez une suite.. Ca passe toujours mieux (c'est vrai quoi, les annales de la compagnie noire font dans les... 6000 pages, et ça ne paraît pas trop long... ) Bref, même si vous n'aimez pas spécialement la SF, si l'histoire a l'air de vous plaire et si vous avez un peu de temps pour lire (vacances, chômage, prison... la vie est pleine de chouettes occasions de bouquiner n'est-ce pas?), tentez le coup, vous n'serez probablement pas décus. 

 

Les +: deux races extra-terrestres bien travaillées et assez nouvelles; des personnages complets et évoluant logiquement; un huis clos bien mené avec beaucoup de face à face; réussite de Tug vraiment prépondérant bien que plein de défauts; belles critiques des défauts de notre societé contemporaine et de ce qu'elle pourrait devenir ou provoquer

 

Les -: c'est loong; ca commence tard; faut aimer les romans ou tout est dans la psychologie (ne vous attendez pas à y voir de l'action hein !!); ca aurait mérité un spin-off bien plus que l'assassin royal................

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